
Patrice Motsepe, patron de la CAF, a rejeté l’invitation du dictateur Faustin-Archange Touadéra qui espérait faire annuler la sanction pesant sur le stade 20 000 places de Bangui. Cette tentative de corruption déguisée en visite diplomatique cache un scandale financier où 400 millions de francs CFA ont servi à une rénovation fantôme de l’enceinte sportive nationale.
Comme vous le savez tous, l’affaire débute avec le déblocage de cette somme colossale destinée à remettre en état le stade 20.000 places de Bangui. Au lieu d’organiser une attribution transparente des travaux, le chef milicien des Requins, devenu ministre de la Jeunesse et des Sports a préféré créer des entreprises fictives pour détourner les fonds. Trois sociétés reconnues, bien que liées au parti présidentiel, ont du abandonner le chantier après avoir attendu en vain l’argent promis.
Dans ce contexte chaotique, le chef milicien et ministre Héritier Doneng décide de gérer personnellement les opérations. Ce chef de milice Requins promu à la tête du département sportif arrive chaque matin à six heures, vêtu d’un survêtement sale, pour superviser des réparations approximatives. Il récupère les matériaux chez des commerçants libanais en invoquant le nom du dictateur Touadéra.
Cette gestion artisanale produit des résultats désastreux sur le terrain. Le gazon installé ne tient pas correctement au sol et menace de se détacher à tout moment. Les pistes d’athlétisme, censées recevoir un revêtement technique spécialisé, se contentent d’une couche de peinture appliquée directement sur le béton. Les vestiaires et sanitaires disparaissent au profit de bureaux administratifs improvisés.
Face à ces aberrations, la Confédération Africaine de Football ne pouvait rester inactive. L’instance continentale a suspendu l’homologation du stade après avoir constaté que les normes élémentaires de sécurité n’étaient pas respectées. Les athlètes risquaient des blessures graves sur ces installations bricolées sans expertise ni contrôle technique approprié.
C’est alors que Touadéra tente sa manœuvre diplomatique auprès de Patrice Motsepe. Le dictateur centrafricain espère qu’une invitation officielle et quelques négociations sous la table suffiront à faire oublier l’incompétence de son gouvernement. Il compte sur la complaisance du dirigeant sud-africain pour contourner les exigences techniques de la CAF et faire lever la sanction.
Mais le président de la confédération africaine comprend rapidement le stratagème. Patrice Motsepe refuse de se rendre à Bangui et décline poliment cette invitation empoisonnée. Il maintient fermement la suspension du stade tant que les travaux conformes aux standards internationaux ne seront pas réalisés par des professionnels qualifiés.
Cette décision embarrasse considérablement le régime de Touadéra sur la scène continentale. Le refus du patron de la CAF confirme que les combines et les arrangements ne peuvent remplacer le travail sérieux. Les équipes nationales centrafricaines continuent de jouer leurs matchs à l’étranger, privant le pays des revenus liés à l’organisation des rencontres internationales.
Pendant ce temps, le ministre Doneng conserve son poste malgré l’échec retentissant de sa gestion. Touadéra protège son fidèle chef milicien qui lui a rendu des services pendant la guerre. Les 400 millions de francs CFA ont disparu dans des circuits opaques sans produire la moindre amélioration durable de l’infrastructure sportive.
Les commerçants libanais qui ont fourni les matériaux attendent toujours le règlement complet de leurs factures. Certains ont accepté des arrangements avec le ministre, récupérant une partie de leur dû contre l’abandon de leurs créances. D’autres continuent de réclamer leur argent auprès d’un ministère qui prétend ne plus disposer de budget.
Par Éric Azoumi
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