
La colère monte désormais dans les différents quartiers de la capitale à cause du comportement mafieux des policiers de l’OCRB. Les banguissois dénoncent des arrestations répétées de jeunes, suivies de braquage de leurs biens dans plusieurs quartiers de Bangui.
En effet, posséder désormais un téléphone portable, avoir quelques billets dans sa poche ou simplement discuter avec des amis dans un quartier de Bangui peut désormais coûter cher lorsqu’une patrouille de l’OCRB arrive. Ce lundi 26 octobre 2026, plusieurs jeunes du sixième arrondissement ont été embarqués par les policiers. Accusés de consommation de drogue, ils ont été conduits à l’OCRB, où les témoins dénoncent des demandes d’argent pour obtenir leur libération.

D’après les informations recueillies par la rédaction de Corbeau News Centrafrique auprès des services de l’OCRB, les policiers accusent les personnes arrêtées de consommation de stupéfiants. Ce motif leur permet de justifier leurs interventions dans les quartiers.
Mais les habitants dénoncent une pratique bien différente. Lors de ces opérations, les policiers ne se limitent pas aux personnes prises en train de consommer de la drogue. Ils interpellent également des jeunes réunis pour discuter, réparer des motos ou exercer de petites activités commerciales.
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La simple présence dans un groupe suffit parfois pour être embarqué. Une fois à l’OCRB, les personnes arrêtées se retrouvent confrontées à des demandes d’argent avant de pouvoir retrouver leur liberté.
Une méthode de racket qui rapporte de l’argent
Les investigations menées par la rédaction du CNC font apparaître des pratiques régulièrement dénoncées par les habitants de Bangui. Les policiers arrivent dans un quartier, repèrent un rassemblement de jeunes et procèdent à des arrestations collectives.
Les personnes interpellées sont ensuite conduites à l’OCRB. Leurs téléphones portables et l’argent qu’elles possèdent peuvent être retenus. Pour obtenir leur libération, elles doivent encore verser de l’argent.
Cette méthode permet aux agents mis en cause de récupérer des sommes auprès des jeunes ou de leurs familles. Les accusations de consommation de drogue deviennent ainsi un moyen de justifier les interpellations.
Les habitants dénoncent surtout l’absence de distinction entre les personnes réellement impliquées dans la consommation de stupéfiants et celles qui se trouvent simplement sur les lieux.
Un jeune peut donc quitter son domicile pour réparer sa moto, rejoindre des amis ou discuter devant une boutique et se retrouver quelques minutes plus tard dans un véhicule de police.
Au rond-point Zéro, la drogue se consomme sous les yeux des policiers
Un constat effectué ce même lundi par la rédaction du CNC révèle une contradiction dans les interventions de la police.
Vers 14 heures, au rond-point Zéro, en plein centre-ville de Bangui, notre équipe a observé un groupe d’enfants de la rue en train de consommer de la drogue à proximité immédiate d’un poste mobile de police.
Ces jeunes consommaient leurs stupéfiants en public, sous les regards des passants. Les policiers présents au poste pouvaient observer leurs activités. Aucune intervention n’a été constatée pendant le passage de notre équipe.
À quelques kilomètres de là, dans les quartiers du sixième arrondissement, les éléments de l’OCRB procédaient pourtant à des arrestations collectives pour des accusations liées à la consommation de drogue.
Cette différence de traitement alimente les dénonciations des habitants. Pourquoi arrêter massivement des jeunes dans les quartiers alors que des consommateurs de stupéfiants restent tranquillement installés à proximité d’un poste de police au centre-ville ?
Les jeunes capables de payer deviennent des cibles privilégiées
Pour les habitants interrogés, cette contradiction trouve son explication dans les possibilités financières des personnes interpellées.
Les enfants de la rue qui consomment de la drogue au rond-point Zéro ne possèdent généralement ni argent ni biens susceptibles d’intéresser les policiers accusés de racket.
Dans les quartiers, la situation est différente. Les jeunes disposent parfois de téléphones portables, de quelques billets ou de proches capables de réunir une somme pour obtenir leur libération.
Les opérations deviennent alors financièrement intéressantes pour les agents qui réclament de l’argent aux personnes arrêtées.
Les familles doivent parfois intervenir pour négocier la sortie de leurs enfants. Cette pratique transforme les arrestations en une source de revenus pour les policiers mis en cause.
La lutte contre la drogue, qui devrait protéger la population, sert ainsi de prétexte à des opérations dont les habitants dénoncent les motivations financières.
À Koudougou, dans le troisième arrondissement, les mêmes pratiques sont dénoncées
Le phénomène ne concerne pas uniquement le sixième arrondissement. Dans le quartier Koudougou, situé dans le troisième arrondissement de Bangui, les habitants dénoncent également des interventions répétées des forces de police.
Des éléments de l’OCS y effectuent régulièrement des descentes. Ils interpellent des personnes dans les rues et les lieux de rassemblement, avant de leur réclamer de l’argent.
Dans plusieurs quartiers de Bangui, les forces de police procèdent à des arrestations arbitraires sous prétexte de lutter contre les stupéfiants.
Les habitants rapportent des pratiques similaires à celles reprochées aux policiers de l’OCRB. Des personnes sont embarquées, puis contraintes de payer pour retrouver leur liberté.
Ces opérations ne sont pas nouvelles. Elles se répètent depuis plusieurs années et concernent plusieurs quartiers de la capitale centrafricaine.
Dans le deuxième arrondissement comme dans d’autres secteurs de Bangui, les habitants dénoncent également les arrestations accompagnées de demandes d’argent. Les mêmes accusations existent dans certaines villes de province.
Une population qui ne fait plus confiance aux opérations policières
À force de répétition, ces interventions ont installé une méfiance entre les habitants et les services chargés de leur sécurité.
Les jeunes redoutent désormais les descentes policières, même lorsqu’ils ne participent à aucune activité illégale. Se retrouver au milieu d’un rassemblement peut suffire pour passer plusieurs heures dans les locaux d’un service de police.
Pour les familles, chaque arrestation représente aussi un risque financier. Elles doivent chercher de l’argent pour obtenir la libération d’un proche, parfois sans comprendre précisément les faits qui lui sont reprochés.
Les habitants ne contestent pas la nécessité de lutter contre la consommation de stupéfiants ou le banditisme. Ils dénoncent les arrestations collectives utilisées pour réclamer de l’argent.
Ce lundi 26 octobre, les opérations de l’OCRB dans le sixième arrondissement ont une nouvelle fois alimenté ces accusations.
Au même moment, au rond-point Zéro, des enfants de la rue continuaient de consommer de la drogue à proximité d’un poste mobile de police, sans être inquiétés pendant les observations de notre équipe.
Pour les habitants qui dénoncent ces pratiques, cette différence de traitement résume le problème : les consommateurs de drogue dépourvus d’argent restent tranquilles, tandis que des jeunes capables de payer sont régulièrement embarqués dans les quartiers de Bangui.
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