Centrafrique : Quand le ministre-tricheur Aurélien Simplice Zingas fait broyer les téléphones des élèves

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Centrafrique : Quand le ministre-tricheur Aurélien Simplice Zingas fait broyer les téléphones des élèves

 

Centrafrique : Quand le ministre-tricheur Aurélien Simplice Zingas fait broyer les téléphones des élèves
Les téléphones des élèves confisqués en train d’être broyés

 

 

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Par : la rédaction de Corbeau News CentrafriqueCNC  

 Une mise en scène spectaculaire et d’une brutalité inouïe s’est déroulée en marge des épreuves du Baccalauréat 2026 en République centrafricaine. Sous les ordres directs du ministre d’État à l’Éducation nationale, Aurélien Simplice Zingas, des centaines de téléphones portables confisqués aux candidats ont été publiquement écrasés et broyés par un engin de chantier. Un acte présenté sous le vernis de la « lutte contre la fraude », mais qui masque à peine un abus de pouvoir, une violation manifeste de la Constitution et l’hypocrisie totale d’un homme politique dont le nom reste indissociable du trafic d’influence et de la fraude d’État.

 

Une punition aveugle et illégale

Les images de cette destruction ont suscité une vive vague d’indignation à Bangui et sur les réseaux sociaux. Des centaines d’appareils mobiles, 256 selon certains, souvent achetés au prix de lourds sacrifices par des familles modestes, ont été étalés sur une bâche avant d’être réduits en miettes par la plaque vibrante d’un compacteur.

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La raison invoquée ? La présence de ces appareils dans les centres d’examen. Or, la réalité du terrain est bien plus nuancée : nombre de ces jeunes n’ont pas été pris en flagrant délit de tricherie ou d’utilisation d’intelligence artificielle ou Google pendant une épreuve, mais portaient simplement leur téléphone sur eux dans la cour de récréation ou à l’entrée des salles.

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Dans une tribune percutante intitulée « BAC 2026 : Le silence complice tue autant que la benne », le sociologue et analyste politique Faustin Zaméto rappelle avec justesse les fondements du droit :

« S’il n’existe pas de texte autorisant le ministère à casser un téléphone, alors ce geste s’appelle : excès de pouvoir. L’État peut saisir, mais il ne peut pas détruire sans la décision d’un juge. Confisquer, c’est temporaire ; détruire, c’est priver définitivement d’un bien garanti par la Constitution. »

En effet, l’article 14 de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, tout comme les principes fondamentaux de la Constitution centrafricaine, poursuit Zameto, consacrent le droit de propriété comme inviolable. Sanctionner la fraude par l’annulation d’une épreuve ou une exclusion administrative est une chose légitime ; détruire arbitrairement le matériel d’un citoyen sans base légale en est une autre.

 

Du tricheur récidiviste au traître politique

Ce qui rend ce spectacle d’autant plus scandaleux aux yeux des Centrafricains et des observateurs, c’est le profil de celui qui orchestre cette démonstration de force. Aurélien Simplice Zingas, aujourd’hui ministre d’État, se pose en grand moralisateur alors que son propre cursus académique et sa trajectoire politique reposent sur la tricherie, le népotisme et l’opportunisme.

Depuis les bancs de la classe de 6e, Zingas traîne une réputation de tricheur invétéré. À l’Université de Bangui, c’est grâce à la complicité d’un membre de sa famille, professeur à la faculté de droit, qu’il a pu valider ses années : ce parent lui transmettait les sujets corrigés à l’avance, le jour de l’examen, il se contentait de recopier et ce, de la première année jusqu’à l’obtention de sa licence. Ne devant sa réussite qu’à cette fraude organisée, il a vite fui les salles de classe pour se faire nommer secrétaire général de la mairie de Carnot, un poste correspondant au niveau du baccalauréat.

Politiquement, le personnage est du même calibre : ancien cadre de l’opposition démocratique, il n’a pas hésité à retourner sa veste et à trahir ses convictions initiales pour basculer dans le camp du pouvoir et s’offrir un fauteuil ministériel. Voir cet homme donner aujourd’hui des leçons de probité aux élèves de Centrafrique relève du cynisme absolu : c’est le voleur qui crie au voleur.

 

Une usine à fabrication de bacheliers fantômes au ministère

Derrière le vacarme du compacteur de chantier et la poussière des téléphones brisés se cache une réalité bien plus sombre : le ministère de l’Éducation nationale est devenu une véritable usine à fabrication de faux baccalauréats avec Zingas.

Comme révélé précédemment, la délivrance de ces faux diplômes s’est faite directement par arrêté ministériel sous la signature de Zingas lui-même. Une fraude d’État orchestrée pour fabriquer sur mesure des bacheliers fantômes parmi les militants et cadres du parti au pouvoir et qui n’ont jamais posé leurs fesses sur un banc des lycées, leur permettant ainsi de remplir artificiellement les conditions d’éligibilité pour les élections législatives.

Pire encore, après ces révélations embarrassantes, le ministre d’État s’est enfoncé davantage lors de sa conférence de presse en tentant maladroitement de justifier l’injustifiable.

Zingas a également mis en place un système de corruption qui alimente son réseau financier juteux, ses poches : le directeur des ressources du ministère perçoit discretement des sommes d’argent versées aussi discrètement par certains candidats au baccalauréat à certains présidents des centres d’examen et à certains proviseurs complices afin d’avoir le baccalauréat.

 

Un silence assourdissant face à l’arbitraire

Face à cette démonstration de force illégale, l’absence de réaction des institutions politiques, de la société civile et des leaders religieux interpelle. En se taisant face à la destruction arbitraire des biens de ces jeunes candidats, la classe politique et les acteurs moraux valident implicitement une dérive où la force prime sur la loi.

La fraude au baccalauréat 2026 en Centrafrique met en lumière les violations des droits et la corruption au sein du gouvernement, alors que des élèves sont punis injustement.

Comme le souligne le sociologue Faustin Zaméto :

« Un État fort n’est pas celui qui peut tout casser, c’est celui qui accepte de ne pas tout faire parce que la loi l’interdit. Le jour où nous acceptons ce silence, c’est le jour où nous acceptons que demain, on vienne casser votre moto ou votre maison au nom d’une autre “bonne cause”. »

La Centrafrique ne retrouvera pas la crédibilité de son système éducatif par des mises en scène théâtrales et violentes orchestrées par des ministres faussaires, mais par le respect strict des lois et la fin de la corruption au sommet de l’État.

 

Par Gisèle MOLOMA

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