Ambassadeur de la RCA ou ambassadeur du MCU : le délire pathétique de Flavien Mbata lors d’une soirée festive à Paris

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Ambassadeur de la RCA ou ambassadeur du MCU : le délire pathétique de Flavien Mbata lors d’une soirée festive à Paris

 

 

 

Rédigé le [date_cnc] .

Par : la rédaction de ,  

Les récents excès verbaux de Flavien Mbata dans la capitale française confirment sa dérive. L’ambassadeur de Centrafrique a troqué la diplomatie nationale contre la propagande exclusive du parti au pouvoir.

 

La scène se déroule au cours d’une soirée de gala organisée par la communauté centrafricaine à Paris. Sur la piste, portée par les notes d’une réplique musicale exécutée par l’orchestre Musiki, la parole officielle de la République Centrafricaine s’est effondrée dans un délire mémorable. Au centre de la foule sur la piste, l’ambassadeur Flavien Mbata s’est mis à crier aux autres participants de sa propre voix, en langue nationale, dans une posture qui outrepasse les devoirs fondamentaux de sa charge. En invitant avec force les participants à le rejoindre pour danser, faire la fête et montrer à leurs ennemis que leur régime est toujours débout, malgré ce que les ennemis font.

 

Les propos outranciers de monsieur Flavien Mbata, surtout au moment où la ville frontalière de la RCA avec le Soudan, Amdafock, est occupée par une bande armée, choque l’opinion publique nationale. Alors que les une dizaine des civils centrafricains ont trouvé la mort dans ce tragique événement, voir un haut responsable du régime faire la danse et tient des propos aussi déplacé est insupportable. On comprend pourquoi les centrafricains ont l’habitude de dire que ces gens sont arrivés au pouvoir par Hazare, et ils ne sont même pas conscients de ce qu’ils font.

 

En outre, au sein de la diaspora centrafricaine et des observateurs de la vie publique, l’indignation est immédiate face à ce comportement indigne d’un diplomate. Beaucoup rappellent le parcours de cet homme dont le séjour prolongé sur le sol français s’expliquait l’origine par de lourds impératifs de santé. Arrivé en France pour se soigner, son état l’a contraint à y résider pendant deux à trois ans, le rendant indisponible pour un retour immédiat au pays. Ils vivait même dans la clandestinité. Sans papier, la justice française lui avait demandé même de quitter le territoire français. C’est durant cette période de vulnérabilité physique que les réseaux du pouvoir ont bataillé pour le nommer ambassadeur. Si Paris a choisi d’exprimer un refus initial face à ce profil, les autorités françaises ont fini par accepter ses lettres de créance. Pourtant, les Centrafricains de l’étranger constatent aujourd’hui qu’il refuse d’agir comme l’ambassadeur de la RCA pour se comporter uniquement en agent du parti présidentiel.

 

Son penchant notoire pour la boisson, connu de tous, n’excuse en rien des propos qui dépassent toutes les normes diplomatiques acceptables.

 

Pour la rédaction de CNC, cette dérive ravive des souvenirs précis datant de 2015, lors du premier tour des élections présidentielles qui allaient mener Faustin Archange Touadéra au second tour contre Anicet Georges Dologuélé. À cette époque, Flavien Mbata occupait les fonctions de directeur de cabinet du président de la Cour constitutionnelle. Nous l’avions alors rencontré au cours d’une soirée dans un débit de boisson du quartier Galabadja, dans le huitième arrondissement de Bangui. Déjà très ivre, il avait exposé sans fard son plan politique réel, confiant qu’il déploierait toute son énergie pour que l’un de ses proches parents, en la personne de Faustin-Archange Touadera, un Gbakamandja, accède à la magistrature suprême. Il avait ajouté avec assurance qu’une fois installés, ils feraient tout le nécessaire pour conserver ce régime, et ce, à vie. Face à nos objections rappelant que seul le peuple souverain décide et qu’un pouvoir éternel demeure impossible, l’homme, bien qu’analysé sous l’effet de l’alcool, maintenait ses certitudes absolues.

 

La suite des événements, facilitée par l’accession de Touadéra à la présidence grâce à des appuis français et au blocus stratégique imposé par les miliciens anti-balaka, a donné corps à ces confidences nocturnes. Dix ans plus tard, l’histoire se répète sur les pistes de danse de Paris. En appelant les Centrafricains à danser pour prouver à leurs adversaires qu’ils restent debout, Flavien Mbata recycle la même idéologie exclusive qu’il a proclamée à Galabadja. Le diplomate se réjouit ouvertement des stratagèmes politiques déployés par Touadéra pour s’éterniser au pouvoir et maintenir le peuple sous sa coupe. Son attitude festive dans les salons parisiens confirme de façon directe que sa mission n’est plus de représenter la nation, mais d’exhiber fièrement la volonté du régime de régner sans partage et à vie.

 

Par Gisèle MOLOMA

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