Amdafock : un communiqué gouvernemental qui insulte la mémoire des soldats tombés
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Par : la rédaction de ,
Après l’attaque d’Amdafock , dans la Vakaga, le gouvernement centrafricain publie un communiqué qui ignore ses soldats tués et présente une déroute militaire comme une victoire, plus grave, comme une situation maîtrisée.
Le texte, lu par le marabout de Carnot, Évariste Ngamana, ministre de la Communication, restera sans doute dans les annales comme un monument de démagogie. Le pays vient de subir une offensive coordonnée d’une ampleur rarement vue depuis des années, et Bangui répond par le mensonge d’État, quitte à piétiner la mémoire de ses propres militaires.
Dans ce communiqué, le gouvernement se dit « préoccupé » par des tirs ayant touché la base de la Minusca et évoque vaguement « plusieurs casques bleus blessés ». Comment un gouvernement censé piloter la gestion de crise peut-il ignorer le bilan exact d’une force onusienne déployée sur son propre territoire ? C’est pourtant un secret de polichinelle : trois casques bleus zambiens ont été touchés, dont un grièvement.
Le plus insultant est ailleurs. Le communiqué passe sous silence la mort de dizaines de soldats des Forces armées centrafricaines et de leurs alliés mercenaires russes de Wagner, tombés sous les balles d’une coalition dont le pouvoir feint d’ignorer l’origine. Aucun mot de compassion, aucune condoléance aux familles endeuillées.
L’Empereur-président Faustin-Archange Touadéra et son gouvernement traitent ainsi leurs militaires comme de la simple chair à canon. Des hommes envoyés au front, tués au combat, puis effacés d’un communiqué officiel comme s’ils n’avaient jamais existé.
Depuis des années, le régime clame à grands coups de propagande que la paix et la sécurité sont revenues sur toute l’étendue du territoire national. Le réveil est rude. L’attaque menée par plus de 800 combattants de l’Alliance du sursaut patriotique, l’ASP, prouve que la prétendue politique d’endiguement des groupes armés n’était qu’un écran de fumée.
La réalité documentée par des sources indépendantes contredit point par point la version officielle. Le gouvernement ose féliciter le « professionnalisme » et la « bravoure » des FACA. Or, rapidement débordées, les forces gouvernementales ont fui le combat pour se réfugier dans l’enceinte de la Minusca, attirant les rebelles et provoquant les tirs sur la base onusienne.
Même démagogie sur le contrôle de la ville. Le communiqué affirme sans trembler que « la situation est sous contrôle ». Sur le terrain, Amdafock demeure bel et bien entre les mains des insurgés de l’ASP, qui menacent désormais de poursuivre leur progression vers Birao.
Sous les airs assurés du porte-parole Évariste Ngamana, la panique gagne les couloirs du pouvoir. Preuve de cette fébrilité : le nouveau ministre de l’Intérieur, Bienvenu Zokoué, a convoqué en urgence tous les officiers de la capitale pour un « grand rapport groupé ». Les rumeurs de déstabilisation et la réduction du dispositif de la Minusca achèvent d’installer la peur au sommet de l’État.
En qualifiant cette offensive de simple « incursion » de groupes venus de l’autre côté de la frontière, le gouvernement choisit la politique de l’autruche. Pendant ce temps, les familles des soldats tués attendent toujours qu’on prononce, au moins une fois, le nom de leurs morts.
Par Gisèle MOLOMA
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