Le grand spectacle de l’auto-éloge : Comment la MINUSCA vante son propre bilan à Ndélé, faute de la reconnaissance des bras cassés de la septième république

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Le grand spectacle de l’auto-éloge : Comment la MINUSCA vante son propre bilan à Ndélé, faute de la reconnaissance des bras cassés de la septième république

Le grand spectacle de l'auto-éloge : Comment la MINUSCA vante son propre bilan à Ndélé, faute de la reconnaissance des bras cassés de la septième république
Image d’illustration de la patrouille. CopyrightCNC

 

 

Rédigé le 30 juin 2026 .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Le dernier grand reportage de la radio de la Minusca Guira FM dans la Bamingui-Bangoran ressemble à une opération de propagande. Ce grand spectacle de l’auto-éloge montre clairement au public des remerciements forcés, dictés discrètement à des agents de force de l’ordre qui aiment jouer le jeu.

 

À l’occasion de la journée des Casques bleus, la MINUSCA espérait sans doute recevoir l’hommage officiel du régime dictatorial de Baba Kongoboro pour son investissement dans le pays. Mais devant le silence total du pouvoir de Bangui, la mission internationale des nations-unies a choisi de devancer les honneurs.

 

En République centrafricaine, c’est pourtant une évidence que personne ne verbalise publiquement : le gouvernement bénéficie directement et gratuitement des chantiers de l’ONU, qui finance et bâtit les commissariats, les ponts, les routes et les écoles, sans oublier des appuis multiformes  à travers tout le pays, y compris à Bangui.

 

Le dictateur Faustin-Archange Touadéra et son Premier ministre s’attribuent volontiers les activités du redéploiement de l’État à l’intérieur du pays, la reconstruction des ponts, des écoles, des commissariats et des hôpitaux sans jamais saluer ouvertement l’effort de la force internationale. Devant ce refus de reconnaissance, la MINUSCA a pris l’initiative d’utiliser ses propres micros pour instrumenter sa propagande et s’offrir les compliments que le pouvoir de Bangui lui refuse.

 

Pour fabriquer cette célébration sur les ondes de Guira FM, les équipes de la mission sont allées chercher les déclarations des autorités et des forces de sécurité à Ndélé. Sur place, la réalité politique complique l’exercice.

 

Coincés entre la tutelle matérielle de l’ONU et la présence des alliés russes de Wagner soutenus par Bangui, les fonctionnaires déployés à Ndélé vivent dans la peur du régime et surveillent étroitement leur langage.

 

Ne sachant pas comment formuler un éloge sans s’attirer les foudres de la capitale, les agents se contentent de propos enfantins et maladroites. Entendre un commissaire adjoint raconter que la MINUSCA vient au commissariat le week-end pour vérifier les dérapages et surveiller les personnes gardées à vue montre le niveau de pression. Ce discours, dicté à un personnel qui n’ose pas parler librement, donne l’impression d’une mise en scène directe où la mission force ses propres partenaires à chanter ses louanges.

 

Les interventions du groupement de gendarmerie et de la préfecture confirment ce service commandé où la parole ne vient pas du cœur. Le capitaine de gendarmerie et le préfet énumèrent mécaniquement la construction des bâtiments de Miamani et l’encadrement logistique de l’administration provinciale. Le constat réel montre que la puissance publique n’a absolument rien construit dans la Bamingui-Bangoran, laissant l’ONU assumer la charge financière totale de l’État. Mais au lieu d’un remerciement digne de ce nom, le reportage sponsorisé de la MINUSCA n’obtient que des phrases sur commande, prononcées à bout de lèvres par des officiels terrifiés à l’idée de trop en dire.

 

Le décalage devient total lorsque l’on observe la gestion budgétaire de la force internationale. Disposant d’une enveloppe financière annuelle qui surpasse de plusieurs dizaines de fois le budget global de la République centrafricaine, la mission possède les moyens théoriques de rebâtir la totalité des structures du territoire. Pourtant, la majeure partie de cette manne s’évapore dans les circuits de sa propre bureaucratie : les salaires très élevés du personnel expatrié, l’entretien d’un parc automobile massif et le fonctionnement d’une logistique en circuit fermé. À New York, le siège de l’ONU consomme ces rapports médiatiques pour valider la réussite de ses opérations, tandis qu’à Bangui, les autorités maintiennent leur mutisme, exploitant les infrastructures fournies par la mission tout en laissant les Casques bleus fabriquer eux-mêmes leur propre glorification radiophonique auprès d’une administration locale soumise au silence.

 

 

Par Anselme Mbata

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