500 millions de francs CFA portés disparus chez le ministre Bruno Yapandé : les révélations explosives de Fari Tahéruka Shabazz
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Le politologue centrafricain Fari Tahéruka Shabazz met en cause le ministre Bruno Yapandé après la découverte d’un virement suspect de 500 millions de francs CFA effectué sans aucune procédure légale.
En effet, le premier Conseil des ministres du 4 juin 2026 devait fixer le cap de la rigueur et de l’obligation de résultats en République centrafricaine. Le chef de l’État y a réitéré sa volonté de faire de la lutte contre la corruption son grand engagement, menaçant de sévir contre ceux qui profitent des deniers publics. Pourtant, les documents comptables officiels de sa propre administration racontent une histoire totalement opposée. Le tableau de l’Annexe 2 du rapport d’exécution budgétaire du premier trimestre 2026, portant sur l’exécution des dépenses des biens et services au 31 mars 2026, met en évidence une anomalie majeure qui ébranle la gestion des finances publiques. Au cœur de cette affaire, les recherches et l’analyse de Fari Tahéruka Shabazz exposent des mouvements de fonds qui contournent l’ensemble des règles en vigueur.
Les chiffres inscrits sur la ligne 14 de ce document officiel, surlignée en vert, détaillent la situation financière du ministère de l’Administration du territoire dirigé par le ministre Bruno Yapandé. En examinant de près la trajectoire de cet argent, les faits deviennent irréfutable. Pour les dépenses de ce département, le montant engagé s’élève à seulement 9,931 millions de francs CFA. La colonne suivante, réservée aux dépenses ordonnancées, indique un montant de zéro franc CFA. L’ordonnancement constitue pourtant l’étape administrative et juridique obligatoire qui valide la régularité d’une dépense et autorise son règlement. Sans cette validation, aucun décaissement ne peut s’effectuer de manière légitime. Pourtant, la colonne des dépenses payées affiche la somme vertigineuse de 500 millions de francs CFA.
Cette situation pousse Fari Tahéruka Shabazz à poser une question fondamentale sur les mécanismes du Trésor public centrafricain : comment un paiement d’un demi-milliard de francs CFA peut-il être exécuté en douce pour un ministère alors qu’aucune demande de fonds n’a été validée ni autorisée légalement. Un demi-milliard de francs CFA en liquide est sorti des caisses de l’État en piétinant les lois de la République et des finances. Fari Tahéruka Shabazz qualifie cette opération de détournement de haut vol, menée au moment où les finances publiques subissent une asphyxie financière critique.
La découverte de cette ligne budgétaire intervient alors que les caisses du Trésor public sonnent désespérément creux. L’aide budgétaire internationale se situe à un niveau nul, tandis que le ministre des Finances, Hervé Ndoba, multiplie les démarches auprès du Fonds monétaire international pour obtenir des délais et des sursis financiers. Sur le terrain, les conséquences de ces caisses vides se mesurent au quotidien pour la population. Les soldats des forces armées centrafricaines, déployés au front, subissent des privations et des ruptures dans le versement de leurs Primes Globales d’Alimentation. Les structures hospitalières publiques manquent de médicaments de base, les infrastructures routières de la capitale se meurent, et la jeunesse demeure privée d’opportunités par manque de ressources publiques. C’est précisément durant cette période de crise que 500 millions de francs CFA s’évaporent dans l’opacité des circuits financiers de l’Administration du territoire de Bruno Yapandé, un jour seulement après les déclarations officielles contre la corruption.
Cette affaire constitue un test direct pour la crédibilité du pouvoir, qui avait promis à deux reprises en moins de trois mois de tourner le dos aux pratiques d’enrichissement illicite et de ne plus soutenir les ministres corrompus. Les révélations de Fari Tahéruka Shabazz placent les autorités devant leurs propres engagements, les appelant à démontrer si la rupture avec les prédateurs des deniers publics est une réalité ou une simple parole en l’air. Les institutions de contrôle de l’État, à l’instar de la Haute Autorité chargée de la Bonne Gouvernance, de l’Inspection d’État ou de la Cour des Comptes, se trouvent désormais interpellées. Les Centrafricains exigent de savoir qui a signé l’ordre de décaissement final au Trésor public et quand les responsables de cette évaporation de fonds seront placés sous les verrous, ou si le pouvoir va encore étouffer ce dossier livré brûlant sous le regard de l’histoire.
Par Alain Nzilo
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