Du HCC à la Police : La traque aux “Avatars” et le grand basculement de Bangui dans la cyber-dictature

Rédigé le 30 juin 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Le régime de Bangui bascule dans un contrôle numérique total, mobilisant la police et le Haut Conseil de la Communication pour pourchasser les comptes anonymes critiques sur les réseaux sociaux.
La traque des comptes sous pseudonymes, qualifiés d’avatars par le pouvoir, s’intensifie en République centrafricaine sous l’impulsion directe des instances de régulation et des forces de l’ordre. Le Haut Conseil de la Communication s’associe désormais aux parquets et à la direction générale de la police pour mettre en œuvre une répression numérique à grande échelle. Cette alliance institutionnelle vise à neutraliser toute contestation politique diffusée sur les applications de messagerie et les espaces de discussion en ligne. Les autorités policières multiplient les communiqués menaçants, promettant des poursuites judiciaires contre les citoyens qui partagent des contenus jugés hostiles au pouvoir exécutif. La liberté d’expression se retrouve piégée par un dispositif de surveillance d’État qui utilise la loi sur la cybercriminalité pour faire taire l’opposition.
Pour parvenir à ses fins, le pouvoir central exige une refonte de l’accès aux télécommunications locales. Les instructions données à l’ARCEP pour contraindre les opérateurs mobiles à interdire la vente de cartes SIM non identifiées suppriment le dernier espace de sécurité pour les lanceurs d’alerte et les citoyens ordinaires. Cette mesure policière coupe les canaux de communication informels et expose chaque utilisateur à des représailles directes en cas de critique de la gestion publique. Les comptes anonymes sur Facebook, WhatsApp ou X constituaient des soupapes de sécurité dans un climat politique étouffant, mais le gouvernement choisit la méthode forte pour imposer un silence numérique absolu. Les patrouilles de la police technique recherchent activement les adresses IP et les données de connexion pour procéder à des vagues d’arrestations.
L’offensive ne s’arrête pas aux frontières nationales et cible explicitement la diaspora centrafricaine établie à l’étranger. Le pouvoir judiciaire tente d’activer des traités d’extradition et de coopération internationale pour atteindre les opposants hors de portée physique de la police de Bangui. Cette démarche montre la hantise d’un exécutif qui ne supporte plus de voir ses actions remises en question depuis l’extérieur du pays. Le prétexte de la lutte contre la désinformation et les fausses nouvelles sert de couverture légale pour exiger des géants du Web la fermeture pure et simple des profils dissidents. Les institutions républicaines se transforment en outils exclusifs de préservation du pouvoir pour un président qui redoute l’impact de l’opinion publique libre.
La jeunesse centrafricaine subit une injonction permanente à l’obéissance, le pouvoir lui intimant l’ordre de restreindre l’usage d’Internet à des tâches purement professionnelles ou scolaires. Le discours officiel criminalise la parodie, l’humour politique et le simple commentaire critique en les assimilant à des complots ou à des tentatives de déstabilisation de l’État. En invoquant un respect coutumier dû au chef, les dirigeants actuels tentent de légitimer l’arbitraire et de masquer les carences de l’appareil sécuritaire national. Chaque citoyen connecté devient un suspect potentiel aux yeux d’un ministère de la Justice qui privilégie la chasse aux internautes plutôt que la sécurité publique réelle.
Cette surveillance généralisée des télécommunications instaure un climat de délation au sein même de la population. Les usagers des réseaux sociaux s’autocensurent désormais par crainte des signalements et des poursuites pour complicité de cybercriminalité. La volonté affichée de coopérer avec les multinationales américaines pour censurer le débat politique local confirme la dérive autoritaire globale du régime. Les forces de police se focalisent sur la censure des téléphones portables pendant que la gouvernance politique se dégrade chaque jour davantage.
Par Alain Nzilo
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC
Abonnez-vous à notre chaine YouTube : (31) Corbeau News TV – YouTube
Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65
Email : Redaction@corbeaunews-centrafrique.org
Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org




