Zémio : 4 civils arrêtés, dont un commerçant, transférés à Bangui sans raison

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Dans la nuit du dimanche 28 au lundi 29 septembre 2025, les mercenaires russes du groupe Wagner, accompagnés de soldats FACA et de gendarmes, ont procédé à l’arrestation de Monsieur Sirou, un jeune commerçant de Zémio. Ce jeune homme d’affaires, héritier d’une activité familiale de commerce transfrontalier, a été menotté à son domicile, détenu plusieurs heures à la gendarmerie, puis transféré à Bangui par hélicoptère où il croupit actuellement à la section de recherche et d’investigation de la gendarmerie.
Son crime ? Avoir réussi à faire du commerce dans une zone où règne l’insécurité. Une accusation aussi absurde que révélatrice de l’arbitraire qui caractérise désormais la justice centrafricaine sous domination russe.
Monsieur Sirou exerce une activité commerciale héritée de son défunt père, grand commerçant qui possédait plusieurs camions. Il achète des produits au Soudan et en Ouganda – sacs d’arachides et autres marchandises – qu’il transporte vers Mboki pour les revendre. Cette activité permet de nourrir sa famille et fait vivre plusieurs personnes dans une région économiquement sinistrée.
La semaine précédant son arrestation, trois véhicules en provenance d’Obo, chef-lieu de la préfecture du Haut-Mbomou, ont été interceptés par des miliciens Azandés sur la route de Mboki. Deux de ces trois véhicules ont été incendiés, leurs occupants rapatriés à Obo. Cette attaque tragique n’avait aucun lien avec Monsieur Sirou qui, quelques jours plus tard, a emprunté cette même route avec son camion pour effectuer ses livraisons habituelles à Mboki avant de rentrer tranquillement à Zémio.
C’est précisément cette normalité qui va le condamner. Les forces de l’ordre, incapables de sécuriser les routes et d’arrêter les véritables miliciens, trouvent plus facile d’accuser un commerçant innocent. Leur raisonnement défie toute logique : puisque Monsieur Sirou peut circuler sans être attaqué sur une route dangereuse, c’est forcément qu’il est complice des miliciens Azandés. Cette logique absurde transforme l’absence de victimisation en preuve de culpabilité.
Ainsi, dans la nuit du 28 au 29 septembre, Wagner frappe. Les mercenaires russes, accompagnés de leurs supplétifs centrafricains, débarquent au domicile de Monsieur Sirou pour l’arrêter sans mandat, sans explication claire, sans respect d’aucune procédure légale. Dans cette série d’arrestation qui frappe cette localité, Trois autres personnes sont également embarquées : deux jeunes hommes accusés sans preuve de “donner des informations aux miliciens Azandés”, et une jeune femme dont le seul tort semble être d’avoir voyagé dans le camion du commerçant.
L’arrestation de cette femme montre particulièrement l’arbitraire de l’opération. Était-elle la “copine” du commerçant ? Simple passagère ? Personne ne le sait, personne ne s’en soucie. Wagner arrête, la justice centrafricaine obéit.
Le lendemain, profitant de l’arrivée d’un ministre à Obo par hélicoptère Wagner, les quatre prisonniers sont menottés et embarqués dans l’appareil pour être transférés à Bangui. Depuis le 29 septembre, ils sont détenus à la section de recherche et d’investigation de la gendarmerie nationale, sans que les motifs précis de leur arrestation ne soient clairement établis.
Pendant ce temps, le commerce de Monsieur Sirou a été pillé à Zémio. Les forces de l’ordre , ou ceux qui agissent en leur nom – ont vidé sa boutique, confisqué ses marchandises, détruit en quelques heures ce qu’une famille avait construit sur plusieurs générations. Ce pillage organisé transforme l’arrestation en spoliation pure et simple.
Cette affaire démontre une fois de plus que Wagner décide désormais de tout en République centrafricaine. Les mercenaires russes arrêtent qui ils veulent, quand ils veulent, pour les raisons qu’ils inventent. La justice centrafricaine, transformée en simple chambre d’enregistrement des décisions russes, exécute sans questionnement.
Cette logique perverse établit un principe terrifiant : si vous n’êtes pas victime de violence, c’est que vous êtes complice des auteurs de violence. Si les miliciens ne vous attaquent pas, c’est forcément que vous travaillez pour eux. Cette présomption de culpabilité généralisée rend toute activité économique suspecte, tout succès commercial louche, toute normalité criminelle.
Comment développer une économie dans ces conditions ? Comment encourager l’entrepreneuriat quand tout commerçant qui réussit risque l’arrestation arbitraire et le pillage de ses biens ? Comment attirer des investisseurs dans un pays où la justice n’existe plus, où Wagner décide seul qui va en prison et qui reste libre ?
La ministre du Tourisme se plaint régulièrement que la République centrafricaine soit classée “pays à risque” par diverses organisations internationales. Elle y voit une injustice, une stigmatisation infondée. Mais comment qualifier autrement un pays où un commerçant peut être arrêté sans raison, transféré à la capitale par hélicoptère militaire, et voir son commerce pillé pendant qu’il croupit en prison ?
Ce pays est effectivement à risque. À risque pour quiconque tente d’y exercer une activité économique honnête. À risque pour quiconque réussit sans appartenir au bon réseau. À risque pour quiconque déplaît à Wagner ou à ses collaborateurs locaux.
L’affaire Sirou résume tout ce qui dysfonctionne en République centrafricaine : une justice aux ordres des mercenaires étrangers, des arrestations arbitraires basées sur des accusations farfelues, des pillages organisés sous couvert de “saisies”, et une impunité totale pour les véritables auteurs de crimes.
Quatre personnes innocentes souffrent actuellement dans les geôles de la SRI à Bangui. Une famille a perdu son gagne-pain. Un commerce construit sur plusieurs générations a été détruit en une nuit. Et tout cela pourquoi ? Parce qu’un commerçant a eu le tort de réussir à circuler sur une route que l’État est incapable de sécuriser.
Voilà la République centrafricaine de Touadéra et Wagner : un pays où l’innocence devient suspecte, où le succès commercial est criminalisé, où la justice obéit aux mercenaires russes, et où le pillage organisé remplace l’État de droit.
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC




![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)