le BRDC déclare désormais la guerre au hold-up électoral de Touadéra

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) vient de tenir sa plénière ce lundi 29 septembre 2025 et a adopté des résolutions qui constituent un réquisitoire accablant contre le régime Touadéra. Ces résolutions démontent méthodiquement l’illégalité du processus électoral en cours et appellent les Centrafricains à la résistance contre ce que l’opposition qualifie de “grossier hold-up électoral”.
Le BRDC qualifie la convocation du corps électoral par décret présidentiel d’acte “non seulement illégal, mais rejetant tout dialogue”. Cette décision unilatérale du président Touadéra alias Baba Kongoboro confirme ce que nous dénonçons depuis des mois : le régime MCU a choisi la confrontation plutôt que la concertation, l’autoritarisme plutôt que le dialogue démocratique.
L’absence de liste électorale définitive affichée un an avant l’organisation des scrutins, comme l’exige l’article 19 du code électoral, rend cette convocation totalement illégale. Cette violation claire de la loi n’est pas accidentelle. Elle est le signe de la volonté délibérée du régime d’organiser des Élections dans des conditions qui lui permettent de manipuler les résultats à sa volonté.
Le BRDC constate que cette décision constitue également “un défi lancé au peuple centrafricain ainsi qu’à la communauté internationale qui a fait de l’organisation du dialogue le préalable à l’organisation d’Élections libres, transparentes, inclusives et acceptables”. En ignorant cette exigence de la communauté internationale, Touadéra confirme qu’il se moque totalement de l’opinion mondiale et qu’il est déterminé à organiser ses Élections truquées coûte que coûte.
L’opposition note que le gouvernement a “décidé de fermer la porte à la résolution des points de divergence par le dialogue et de préférer la confrontation, avec des menaces claires émanant du Premier ministre lors de sa conférence de presse”. Cette attitude belliqueuse contraste violemment avec le traitement réservé aux chefs de groupes armés à qui “le gouvernement avait déroulé le tapis rouge”.
Cette différence de traitement est scandaleuse. Le régime MCU négocie avec les rebelles, leur offre des postes ministériels, leur garantit l’impunité, mais menace l’opposition démocratique et refuse tout dialogue. Cette inversion des priorités transforme la violence armée en voie royale vers le pouvoir tandis que l’opposition légale se voit traitée en ennemie.
Le BRDC constate que “le pouvoir MCU a décidé d’aller à des parodies d’Élections sans fichier électoral affiché dans des lieux publics”. Cette expression – “parodies d’Élections” – résume parfaitement ce qui se prépare. Des scrutins sans listes électorales vérifiables, sans transparence, sans possibilité pour les citoyens de contrôler leur inscription, ne sont pas des élections mais des parodies destinées à légitimer un hold-up démocratique.
L’opposition demande à l’ANE “d’arrêter cette fuite en avant dangereuse dans la conduite hasardeuse des opérations électorales et de rendre publique la liste des nombreux défis auxquels elle fait face”. Cette demande légitime appelle l’institution électorale à la responsabilité et à l’honnêteté. Si l’ANE ne peut pas organiser des élections correctes dans les délais impartis, qu’elle le dise officiellement et sollicite un report plutôt que de précipiter le pays dans une crise électorale majeure.
Le BRDC identifie une contradiction juridique majeure : “Le code électoral est en conflit ouvert avec la Constitution du 30 août 2023, donc inapplicable”. Cette observation technique cache une bombe politique. Selon les articles 10 et 67 de la nouvelle Constitution, aucun candidat potentiel, y compris Touadéra lui-même, ne pourrait se prévaloir de la qualité de “centrafricain d’origine”.
Cette disposition constitutionnelle transforme tous les candidats potentiels en inéligibles, y compris le président sortant. La seule solution pour contourner cet obstacle serait de modifier à nouveau la Constitution ou de trouver une solution politique par le dialogue. Mais Touadéra refuse le dialogue. Il s’enferme ainsi dans une impasse juridique dont il ne pourra sortir que par la force ou la manipulation.
Si le Conseil Constitutionnel “dit le droit”, l’élection présidentielle ne pourrait tout simplement pas avoir lieu faute de candidats éligibles. L’enregistrement des candidatures prévu à partir du 2 octobre “n’est tout simplement pas possible” juridiquement. Cette situation absurde témoigne de l’improvisation institutionnelle qui caractérise le régime MCU.
Face à ce “grossier hold-up électoral en préparation”, le BRDC “appelle tous les Centrafricains à se sentir concernés et à s’inspirer de leur propre histoire de lutte politique pour refuser collectivement que leur avenir leur soit volé”. Cet appel à la résistance citoyenne marque un tournant dans la stratégie de l’opposition qui demande aux Centrafricains “de se tenir prêts, le moment venu, pour manifester leur désapprobation”.
L’opposition demande également “à tous les partis politiques de l’opposition démocratique, ainsi qu’aux associations de la société civile de mobiliser leurs militants et adhérents afin de se tenir prêts pour la lutte de la sauvegarde de notre démocratie chèrement acquise, que Monsieur Touadéra et le MCU sont en train de détruire”. Cette mobilisation générale témoigne de la gravité de la situation et de la détermination de l’opposition à ne pas laisser passer ce hold-up sans réaction.
Le BRDC félicite “la communauté internationale pour son refus de financer des élections illégales” et attire “l’attention de la MINUSCA quant à un quelconque soutien logistique, matériel ou financier, sous le prétexte que cela ferait partie de son mandat”. Ce message sans ambiguïté met en garde les Nations Unies contre toute complicité passive dans l’organisation d’élections truquées.
Ces résolutions du BRDC constituent un document politique majeur qui démonte méthodiquement l’illégalité du processus électoral en cours. Elles confirment que le régime Touadéra a choisi de transformer la République centrafricaine en sa propriété personnelle, organisant des élections sur mesure dans le mépris total de la loi, de l’opposition et de l’opinion internationale.
La question n’est plus de savoir si ces élections seront légales – elles ne le sont déjà pas. La question est de savoir si le peuple centrafricain acceptera passivement ce hold-up ou si, comme le demande le BRDC, il se mobilisera pour défendre ce qu’il reste de démocratie dans ce pays.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)