Touadera, regarde, tes ouvriers ont blessé cette jeune fille à l’Aéroport de Bangui Mpoko : qui va s’occuper d’elle ?

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Mercredi 1er octobre 2025, une jeune femme attendait tranquillement l’arrivée d’un vol en provenance de France à l’aéroport international de Bangui Mpoko. Pendant des travaux de démolition de l’ancienne clôture du parking, une machine a renversé un poteau qui est tombé sur sa jambe. Elle s’est effondrée au sol avant d’être transportée d’urgence vers un hôpital de la capitale.
La première question qui vient à l’esprit est simple : comment peut-on faire des travaux de démolition avec des engins lourds dans une zone où les voyageurs et leur famille circulent librement ? Les gens se promenaient à quelques mètres de machines capables de renverser des structures métalliques sur eux.
Cette négligence pose un problème évident de responsabilité. L’aéroport international de Bangui Mpoko reste la principale porte d’entrée du pays. Des milliers de personnes y passent chaque semaine. Organiser des travaux dangereux sans les précautions de base constitue une faute professionnelle grave.
Maintenant que l’accident s’est produit, la question devient : qui va payer ? L’entreprise en charge des travaux doit-elle assumer les conséquences ? La direction de l’aéroport peut-elle se dégager de ses obligations alors qu’elle a autorisé ces travaux au milieu du public ? Qui prendra en charge les soins médicaux ? Qui indemnisera cette femme pour ses blessures ? Qui assurera sa réhabilitation si elle garde des séquelles ?
Dans un pays qui fonctionne normalement, la réponse serait automatique. L’entreprise de construction devrait immédiatement couvrir tous les frais médicaux et verser une indemnisation à la victime. La direction de l’aéroport devrait aussi assumer sa part pour avoir laissé faire des travaux dangereux sans sécuriser la zone.
Mais en République centrafricaine, rien ne garantit que cette logique s’appliquera. La gestion de ce type d’incident dépend souvent de la volonté politique et de la capacité de la victime à faire pression. Si l’affaire s’étouffe, si elle sort des médias, si la famille n’a pas les moyens de se battre, cette femme risque de ne jamais voir le moindre franc d’indemnisation.
Cette possibilité devrait nous choquer. Une personne a été gravement blessée par la faute d’une entreprise et l’incurie de l’administration aéroportuaire. Elle ne peut pas se retrouver seule face à ses frais médicaux pendant que les responsables continuent leurs activités normalement.
L’accident de Mpoko pose aussi une question plus large : combien de chantiers se déroulent actuellement dans Bangui sans aucune protection pour les passants ? Combien de gens marchent chaque jour près de zones dangereuses sans même le savoir ?
Cette habitude de négliger les normes de sécurité finit toujours par causer des accidents. Aujourd’hui, c’est une femme blessée à l’aéroport. Demain, ce sera peut-être un ouvrier tué sur un chantier sans équipement. Après-demain, un passant écrasé par une machine circulant sans précaution.
Les autorités aéroportuaires doivent expliquer pourquoi elles ont autorisé ces travaux sans évacuer la zone. Pourquoi aucune barrière n’a été installée ? Pourquoi les passagers pouvaient circuler librement à côté de machines en activité ? Qui a validé ce plan de travail manifestement dangereux ?
L’entreprise en charge du chantier doit aussi rendre des comptes. Quelles mesures de sécurité figuraient dans son plan ? Ses ouvriers avaient-ils reçu des consignes pour protéger le public ? L’opérateur de la machine était-il qualifié ? L’entreprise a-t-elle une assurance responsabilité civile comme l’exige la loi ?
Ces questions méritent des réponses rapides. Mais l’expérience nous enseigne la prudence. Combien d’accidents similaires se sont déjà produits sans que personne ne soit jamais inquiété ? Combien de victimes ont dû assumer seules les conséquences de la négligence des autres ?
La famille de cette jeune femme va probablement devoir se battre pour obtenir la prise en charge des soins, puis pour obtenir une indemnisation, puis pour faire reconnaître la responsabilité des auteurs. Ce parcours épuise souvent les victimes qui abandonnent face à l’inertie administrative.
Cette impunité ne peut pas continuer. Chaque accident causé par une négligence doit donner lieu à une enquête, à l’établissement des responsabilités, et à une réparation du préjudice. Sans cette exigence minimale, les normes de sécurité resteront du papier et les accidents continueront.
L’aéroport international de Bangui Mpoko représente la vitrine du pays pour tous les visiteurs. Quelle image donnons-nous quand on y voit un chantier dangereux où les gens peuvent être blessés ? Cette négligence visible dès l’arrivée annonce le reste : un pays où les normes comptent peu, où la sécurité des gens passe après, où personne ne répond de rien.
La jeune femme blessée mercredi attend de savoir qui va payer ses soins. Sa famille attend de savoir si justice sera rendue. Mais en République centrafricaine de 2025, obtenir des comptes de quelqu’un relève souvent de l’impossible. L’impunité reste la règle, la responsabilité l’exception. Cette femme blessée par un poteau rejoindra probablement la liste des victimes oubliées d’un système où personne ne répond jamais de rien.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)