Université de Bangui : le désordre s’intensifie à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines

Rédigé le 03 mars 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Ce n’est pas la première fois que la faculté des Lettres et Sciences Humaines est plongée dans le désordre. Depuis plus de 4 ans, c’est le même chaos. Le doyen Jean-Claude Azoumaye récidive à la FLSH de Bangui avec les mêmes pratiques désorganisatrices.
En effet, la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Bangui regroupe plusieurs départements dont la sociologie, l’anthropologie, la philosophie et bien d’autres. Depuis que le Pr Jean-Claude Azoumaye en tient les rênes, les choses ont pris une tournure que personne n’aurait imaginée. Les étudiants qui arrivent avec des rêves plein la tête repartent souvent les mains vides, sans comprendre ce qui leur est arrivé.
Pour comprendre les faits, il faut revenir à la réalité. Prenant l’exemple de cette année académique 2025-2026. Elle a démarré très tard, quelque part entre fin octobre et fin novembre 2025. Mais dès la rentrée universitaire, deux événements majeurs ont lourdement bousculé le calendrier : le Recensement Général de la Population et de l’Habitat, et les élections groupées du 28 décembre 2025.
Durant ces événements, certains enseignants, en majorité membres du parti au pouvoir ou de l’opposition, ont purement et simplement sèché les cours à la faculté pour se consacré dans leurs activités politiques pendant des semaines entières.
Du coup, les heures de cours prévues n’ont pas été respectées. Des matières qui nécessitent trente-cinq heures de présence n’ont parfois bénéficié que de quelques séances éparses. Les travaux dirigés et les travaux pratiques, qui sont pourtant le cœur de certaines disciplines, n’ont jamais vu le jour cette année.
Pourtant, malgré tout cela, le doyen Jean-Claude Azoumaye, dans un spectacle digne de la comédie ivoirienne, a annoncé dès janvier 2026 la fin des cours et le début des préparatifs des examens du premier semestre. Incroyable! Cette décision a laissé les étudiants dans un état de stupeur complet. Le doyen Azoumaye veut que On évalue ces pauvres étudiants sur des matières qu’ils n’ont pas eu le loisir d’étudier correctement.
Ce qui rend la chose encore plus difficile à digérer, c’est que les résultats des requêtes déposées l’année précédente par des étudiants de cette faculté, par exemple des départements de sociologie et d’anthropologie, n’ont été rendus publics qu’en janvier 2026. Dans ce contexte, certains étudiants, à l’issue de ces requêtes, ont été admis en classe supérieure. Imaginez! Seulement en janvier que la faculté rend sa décision sur les requêtes des étudiants. Et dès que la note est tombée, le doyen annonce quelques jours plus tard la fin des cours et le démarrage des examens de session. Quel bordel ? Pendant combien de temps ces pauvres étudiants vont-ils prendre les cours et préparer les examens ?C’est de la malhonnêteté intellectuelle.
Par-dessus tout ça, une pratique souterraine ronge la faculté de l’intérieur. Certains enseignants convoquent discrètement les délégués de classe et leur font signer des cahiers de textes qui attestent des cours qui n’ont jamais eu lieu. C’est une forme de tromperie silencieuse qui brouille toute tentative de vérification honnête.
C’est justement pourquoi beaucoup de voix appellent le vice-recteur à descendre sur le terrain, à convoquer lui-même les délégués de classe, à comparer les heures déclarées avec ce que les étudiants ont réellement vécu dans les salles. Une vérification département par département permettrait de voir la réalité telle qu’elle est.
Mais les étudiants, eux, gardent la bouche fermée. Parler, c’est prendre le risque de se retrouver avec des notes qui ferment les portes plutôt que de les ouvrir. Des murmures parlent de menaces à peine voilées, de délibérations arrangées pour décourager ceux qui osent élever la voix. La peur s’est installée comme un locataire indésirable dans les couloirs de la faculté.
Derrière ce silence forcé se cache une réalité que certains décrivent comme un moyen détourné de vider les amphithéâtres. Réduire le nombre d’étudiants en les conduisant à l’échec, plutôt qu’en les aidant à réussir. Des jeunes qui méritent une chance se retrouvent renvoyés dans leurs quartiers, avec rien dans les mains.
Le vice-recteur de l’Université de Bangui ne peut pas continuer à regarder ailleurs. Les faits rapportés par Corbeau News Centrafrique depuis plusieurs années dessinent un tableau que l’administration universitaire connaît, mais sur lequel elle n’a toujours pas posé un acte concret. Pendant ce temps, une nouvelle promotion d’étudiants attend, entre l’espoir et la résignation.
Par Gisèle MOLOMA
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