Touadera, du mathématicien au dictateur : la dérive d’un pouvoir assoiffé de louanges

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Touadera, du mathématicien au dictateur : la dérive d’un pouvoir assoiffé de louanges

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

 Touadéra, le mathématicien devenu dictateur empereur , semble avoir oublié ses promesses de 2016. Le culte de la personnalité qu’il dénonçait autrefois est aujourd’hui le moteur de son pouvoir absolu.

 

Souvenez-vous, en mars 2016, un vent d’espoir soufflait sur les rues de Bangui. On se rappelle encore la voix de Simplice Mathieu Sarandji, alors directeur de campagne de Touadéra  sur les ondes de la radio nationale. Ses paroles étaient claires et nettes. Il jurait que les vieilles habitudes étaient finies. Il disait que seul Dieu mérite d’être vénéré, pas un homme. Le message était simple : le temps du culte de la personnalité était révolu. Fini les vêtements avec le portrait du président, fini les chansons de louanges forcées, fini les danses obligatoires. Le nouveau pouvoir se présentait comme celui de la simplicité et du travail. Les gens voulaient y croire. On pensait que l’époque des chefs qui se prennent pour des rois était derrière nous.

 

Mais la réalité a vite repris le dessus. Quelques semaines après ces belles promesses, les vieilles manières de faire ont recommencé à apparaître. On a revu des petits groupes de danseurs. Au début, on s’est dit que c’était une erreur, que les ordres n’étaient pas bien passés. Pourtant, deux mois après les grands serments de Sarandji, le spectacle reprenait de plus belle. Le président se déplaçait et, comme avant, on voyait des rangées d’enfants sous le soleil pour l’acclamer. Le Premier ministre, qui avait pourtant dit que tout cela appartenait au passé, restait là, au milieu de ces cérémonies, sans rien dire.

 

Ce qui n’était qu’un petit glissement est devenu une habitude pesante. Aujourd’hui, on se demande si les promesses de 2016 n’étaient pas juste un moyen de tromper la vigilance du peuple. Le culte de la personnalité n’est pas seulement revenu, il est devenu plus fort que jamais. Il dépasse tout ce que les anciens présidents ont fait depuis que le pays est libre. Même Bokassa n’allait pas aussi loin dans certains détails. On a créé une sorte d’empire alors qu’il n’y a même pas de royaume.

 

La tristesse de cette situation se voit dans le quotidien des gens. Entre les discours des chefs et la vie des citoyens, il y a un fossé immense. Le pouvoir parle de grandeur, mais le pays manque de tout. Il n’y a pas de routes correctes, pas d’hôpitaux pour soigner les malades, rien n’avance vraiment. Par contre, le visage du chef est partout. On le voit sur les tissus, sur les chemises distribuées gratuitement, sur d’énormes panneaux dans des rues pleines de trous. On dépense de l’argent pour l’image d’un homme alors que les familles ont du mal à manger.

 

L’arrivée des mercenaires russes a encore aggravé la situation. La propagande est devenue incroyablement forte. On transforme chaque petit geste en une victoire immense. On fabrique des histoires pour cacher que rien ne change pour le peuple. On se retrouve devant un groupe de gens qui a oublié ses promesses pour ne penser qu’à son pouvoir. Les dirigeants ne cherchent plus à montrer des résultats réels, ils imposent leur présence par le bruit et l’image. Les sourires sur les affiches sont figés, mais dans les maisons, la vie est de plus en plus dure. Les paroles de Sarandji en 2016 ne sont plus que des souvenirs amers. On pensait en avoir fini avec l’adoration des chefs, mais la machine à mensonges tourne à plein régime, et personne ne sait où cela va s’arrêter car tout est déjà verrouillé par la peur et l’argent sale qui circule dans l’ombre des bureaux du palais.

 

Par Alain Nzilo

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