La Réintégration ou le Baisemain : La nouvelle procédure de délivrance des passeports en Centrafrique, instauré par le clan de Damara au pouvoir
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
La citoyenneté centrafricaine n’est plus un droit inaliénable, mais une grâce présidentielle soumise à l’allégeance. En exigeant d’Anicet Georges Dologuélé une demande de réintégration pour obtenir un passeport, Faustin-Archange Touadéra substitue le caprice du souverain de Damara à la force de la loi constitutionnelle.
Le spectacle désolant de l’aéroport de Bangui ce mardi 5 mai 2026 marque une rupture définitive avec l’ordre républicain. La confiscation du passeport diplomatique d’un ancien Premier ministre, sous les ordres conjoints du ministre de l’Intérieur et du procureur de la République, ne répond à aucune nécessité juridique.
Malgré une décision du Conseil Constitutionnel affirmant que le leader de l’opposition n’a jamais cessé d’être centrafricain, le régime choisit d’inventer une procédure d’exception. En invitant son rival à solliciter une « réintégration » par décret, le chef de l’État tente d’imposer une scène de soumission politique déguisée en formalité administrative.
Le document d’identité n’est plus une preuve d’appartenance à la nation, mais un certificat de bonne conduite délivré par le palais de la Renaissance.
Cette dérive transforme l’administration en une cour médiévale où le droit de circuler est une faveur octroyée après un baisemain symbolique avec le prince de Damara.
Le cynisme du pouvoir atteint son comble lorsque Faustin-Archange Touadéra prétend n’être pour rien dans ces blocages, tout en fixant lui-même des conditions humiliantes totalement absentes des textes légaux. On traite les institutions comme des propriétés familiales, où les ordres verbaux et les menaces téléphoniques l’emportent sur les arrêts de la plus haute juridiction du pays. Ce refus de reconnaître la validité des pièces d’identité d’un opposant est une stratégie de mort civile destinée à paralyser toute voix dissidente.
Le régime préfère voir un représentant éminent de la nation bloqué au sol plutôt que de le laisser co-présider une instance stratégique à l’Union Africaine.
L’appareil judiciaire se prête à ce jeu dangereux, ignorant les recours pour s’aligner sur la volonté du clan au pouvoir. On refuse le dialogue, on méprise les courriers officiels et l’on se mure dans un silence administratif qui cache mal une haine personnelle tenace. En agissant ainsi, le pouvoir actuel brise le lien de confiance qui unit les citoyens à leur État, prouvant que personne n’est à l’abri d’une déchéance arbitraire.
La nationalité devient une variable ajustable, utilisée pour punir ceux qui ont eu l’audace de se présenter aux élections. Cette gestion clanique des documents de voyage installe une insécurité juridique totale, où le passeport devient le levier d’un chantage politique permanent.
Les fonctionnaires de l’immigration, réduits au rôle d’exécutants de consignes occultes, avouent leur impuissance face à des ordres qui viennent « d’en haut ». Le pays s’enfonce dans une pratique où la reconnaissance de la citoyenneté dépend de la capacité de l’individu à flatter l’exécutif ou à s’effacer devant lui.
Cette situation transforme la Centrafrique en une prison à ciel ouvert pour les cadres de l’opposition, contraints de subir des vexations quotidiennes sous le regard d’une communauté internationale médusée. Le mépris des lois et le goût pour l’humiliation publique deviennent les nouveaux piliers d’un régime qui ne sait plus gouverner que par l’exclusion. Chaque obstacle posé à la délivrance d’un simple passeport ordinaire est une preuve supplémentaire que l’État de droit est sacrifié sur l’autel de la vengeance privée. En exigeant un acte de contrition pour un droit déjà acquis, le pouvoir piétine la dignité de la fonction et l’honneur de la République.
Par Alain Nzilo
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