Saifee Durbar, l’escroc qui a déjà trompé Touadéra quand il était Premier ministre, revient aujourd’hui lui vendre un train fantôme

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Il y a des histoires qui donnent le vertige. Pas par leur complexité, mais par leur bêtise répétée. L’histoire de Saifee Durbar en République centrafricaine appartient à cette catégorie. Cet homme d’affaires condamné à trois ans de prison par la justice française pour escroquerie et fraude financière n’en est pas à son premier passage à Bangui. Ce n’est pas non plus la première fois qu’il vend du vent aux autorités centrafricaines. Mais ce qui rend cette affaire particulièrement stupéfiante, c’est que l’homme qui lui déroule aujourd’hui le tapis rouge est exactement le même qui a déjà payé le prix de ses promesses creuses il y a quinze ans.
Le 1er novembre 2025, le président Faustin-Archange Touadéra alias Baba Kongoboro s’est déplacé personnellement au PK-30 pour poser la première pierre du siège social de Trans African Railway Systems LTD. Durbar promet cette fois un train reliant Bangui à Douala via le Cameroun. Les discours ont été grandioses. Les engagements solennels. Tout le monde applaudit. Sauf que personne ne semble avoir vérifié une chose : Touadéra et Durbar se connaissent déjà. Et leur première rencontre ne s’est pas franchement bien terminée.
Nous sommes en 2009. François Bozizé est président. Faustin-Archange Touadéra occupe alors le poste de Premier ministre, chef du gouvernement. Durbar débarque à Bangui avec ses grands projets et ses belles paroles. Il utilise ses réseaux pour approcher le gouvernement. Son objectif ? Obtenir l’hôtel du Centre. Il promet à Touadéra, alors Premier ministre, de transformer cet établissement délabré en un palace rivalisant avec le Georges V de Paris. Rien que ça. Le Conseil des ministres accepte. Durbar obtient l’accord. Il prend possession de l’hôtel.
Et puis ? Rien. Strictement rien. Pas un clou planté. Pas une vitre changée. Pas le moindre début de travaux. L’hôtel du Centre est resté dans l’état où Durbar l’avait trouvé jusqu’à la fin du régime Bozizé. Le palace promis n’a jamais existé que dans les discours de son promoteur.
Mais Durbar ne s’arrête pas là. En parallèle, il lance une deuxième promesse, encore plus ambitieuse. Cette fois, il annonce la construction d’un hôtel comparable au Baccarat Hotel & Residence de New York, sur le site de l’aéroport Bangui M’poko, face à la Direction générale de l’ASECNA. Un projet pharaonique. Des maquettes peut-être. Des rendez-vous sûrement. Mais sur le terrain ? Toujours rien. Pas une pierre posée. Pas un mètre carré de béton coulé. Juste des paroles. Encore et toujours.
Pendant ce temps, Touadéra signe les autorisations, valide les projets, fait confiance. Il est Premier ministre, chef du gouvernement. C’est sous son autorité directe que ces accords sont conclus. Et c’est sous sa direction que ces deux projets tombent à l’eau sans qu’aucune sanction ne soit prise contre leur promoteur fantôme.
La suite, on la connaît. En décembre 2009, Durbar se rend à Paris. Peut-être pour des affaires. Peut-être en toute naïveté. Ou peut-être en pensant qu’il était intouchable. Mais la police française l’attendait. Le 2 décembre 2009, il est arrêté à l’aéroport. La justice française confirme qu’il est condamné à trois ans de prison ferme pour escroquerie et fraude financière. Durbar brandit un passeport diplomatique délivré par le régime Bozizé. Il invoque l’immunité. La France refuse de le protéger. Elle lève cette prétendue immunité et confirme que sa condamnation reste valable.
Durbar devait aller en prison. Il n’y est jamais allé. Il a disparu. Personne ne sait exactement comment. Peut-être grâce à des complicités. Peut-être en exploitant des failles administratives. Pendant quinze ans, on n’a plus entendu parler de lui.
Jusqu’à aujourd’hui. Jusqu’à ce 1er novembre 2025, où il réapparaît à Bangui avec un nouveau projet. Cette fois, ce n’est plus un hôtel. C’est un train. Un chemin de fer reliant Bangui à Douala. Les mêmes promesses grandioses. Les mêmes discours sur le désenclavement. Les mêmes certitudes affichées. Et surtout, le même promoteur qui n’a jamais rien construit.
Ce qui est stupéfiant dans cette affaire, ce n’est pas que Durbar revienne. Les escrocs reviennent toujours là où ils ont déjà réussi. Ce qui est stupéfiant, c’est que celui qui l’accueille aujourd’hui est précisément celui qui a déjà été victime de ses mensonges. Touadéra était Premier ministre quand Durbar promettait de transformer l’hôtel du Centre. Touadéra était Premier ministre quand Durbar promettait de construire un palace à l’aéroport. Touadéra était Premier ministre quand Durbar n’a absolument rien fait.
Alors, la question se pose avec une acuité particulière : est-ce qu’un homme change sa manière de travailler parce que son interlocuteur a changé de titre ? Est-ce que Durbar va soudainement tenir parole parce que Touadéra n’est plus Premier ministre mais président ? Est-ce que les trains vont surgir de terre là où les hôtels n’ont jamais été construits ?
La réponse est dans l’histoire. Durbar a toujours été le même. Un vendeur de vent. Un illusionniste. Un homme qui sait exactement comment séduire les autorités avec des projets impossibles et des promesses creuses. Il l’a fait sous Bozizé. Il l’a fait avec Touadéra Premier ministre. Il le refait aujourd’hui avec Touadéra président.
Ce qui a changé, ce n’est pas Durbar. C’est le niveau de naïveté qu’on accepte d’afficher. Parce qu’en 2009, on pouvait encore dire qu’on ne savait pas. Qu’on découvrait l’homme. Qu’on lui donnait sa chance. Mais en 2025, après deux projets fantômes, après une condamnation en France, après une fuite pour échapper à la prison, après quinze ans de disparition, qu’est-ce qui justifie qu’on lui déroule le tapis rouge ?
Le président Touadéra a fait le déplacement personnellement pour légitimer cette mise en scène. Il a posé la première pierre d’un siège social qui ne verra peut-être jamais le jour. Il a offert à un escroc international la crédibilité d’un investisseur officiel. Et ce faisant, il a envoyé un message aux Centrafricains : peu importe votre passé, peu importe vos échecs, peu importe vos condamnations, tant que vous promettez de grands projets, vous serez les bienvenus.
À Bangui, beaucoup s’interrogent. Comment un homme condamné pour fraude peut-il revenir sous les projecteurs sans qu’aucune autorité ne s’en émeuve ? Pourquoi l’État valide-t-il des projets sans existence juridique ni garantie de financement ? Comment peut-on faire confiance à quelqu’un qui vous a déjà trompé une fois, quand vous étiez Premier ministre, et qui revient vous proposer exactement la même chose maintenant que vous êtes président ?
Durbar promet un train. Mais avant de parler de trains, il faudrait peut-être demander où sont passés les hôtels. Ceux qu’il avait promis à Touadéra quand ce dernier était encore Premier ministre. Ceux pour lesquels il avait obtenu tous les accords. Ceux qu’il n’a jamais construits.
Parce qu’au final, la vraie question n’est pas de savoir si Durbar va tenir ses promesses cette fois-ci. La vraie question est de savoir combien de fois on acceptera de se faire avoir par le même homme avant de comprendre qu’il ne changera jamais.
On verra, comme dit l’expression. Mais franchement, on a déjà vu. Et ce qu’on a vu n’était pas un train. C’était du vent.
Par Gisèle MOLOMA….
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Ce qui était présenté au départ par l'ingénieur du projet, Robert Patrick Veret, comme une "disparition de documents" s'avère être, à la lumière des dernières investigations journalistiques de la rédaction du CNC, un complot mafieux de grande envergure. Au cœur de cette entreprise de spoliation se trouve un homme désormais formellement identifié : Mamadou Ramady, ancien président du conseil d'administration de l'institution, soutenu par une clique d’anciens dignitaires déchus prêts à tout pour capter une manne de 34 milliards de francs CFA promise par les pays du Golfe. 1. LA GENÈSE DU « PROJET KODOU » : LA VISION SÉQUESTRÉE DE L’IMAM KOBINE L’histoire de ce projet pharaonique commence entre 2016 et 2017. L’Imam Oumar Kobine Layama, alors émissaire de la paix et président du conseil islamique, charge une équipe technique composée de l’ingénieur Robert Patrick Veret, d’un maître d’œuvre et du ministre Kaïdjama, de concevoir un complexe scolaire moderne. Initialement chiffré à 1 228 874 970 francs CFA, le projet séduit les investisseurs d'Abu Dhabi (Émirats arabes unis). Ces derniers exigent sa démultiplication à l'échelle nationale : 12 complexes scolaires, mosquées et hôpitaux répartis dans 9 préfectures de la RCA. C'est la naissance du « Projet Kodou », évalué au total à 34 milliards de francs CFA. Mais le 28 novembre 2020, le décès brutal de l’Imam Kobine gèle le processus et ouvre la porte aux vautours. 2. LES MANŒUVRES DE MAMADOU RAMADY : LE BLOCUS ET LE VOL DES SECRETS Profitant du désarroi général immédiatement après le décès du guide spirituel, Mamadou Ramady s’est empressé de visiter la veuve du défunt. En abusant de la confiance de l’épouse de l’Imam Kobine, il est parvenu à sceller et bloquer l’accès de la bibliothèque aux autres membres du Conseil islamique. Ce blocus criminel n'avait qu'un but : dissimuler les archives importantes et s'approprier les secrets administratifs du Projet Kodou. Ne s'arrêtant pas là, Mamadou Ramady a fait main basse sur : L'ordinateur personnel de l'Imam Kobine (contenant tous les emails, les plans techniques et les correspondances cryptées avec Abu Dhabi). Le téléphone portable et les codes d'accès du défunt. La carte bancaire personnelle et les comptes du dignitaire, qu'il conserve indûment pour opérer de douteuses transactions financières dans l'ombre et vider les ressources du Conseil à des fins strictement personnelles. Lorsque l'ingénieur Robert Patrick Veret et le ministre Kaïgama l'avaient interrogé à l'époque sur la suite des événements, Mamadou Ramady s'était muré dans un mutisme total après leur avoir lancé avec arrogance : « J’ai l’ordinateur, j’ai le téléphone, j’ai l’adresse email, j’ai tout de l’imam avec moi ». 3. LA GÉOGRAPHIE D'UN PROJET INCLUSIF PRIS EN OSTAGE Le Projet Kodou, aujourd'hui les fonds sont bloqués à la Banque Centrale en raison de ces conflits d'intérêts, devait pourtant bénéficier à l'ensemble de la population centrafricaine, sans distinction de religion. Les démarches foncières et cadastrales avaient déjà été validées sur plusieurs sites clés : Localité / Ville Infrastructures prévues & Statut foncier Landia (9e Arrondissement) Site pilote, choix de la pose de la première pierre avec maquette visuelle. Bouboui (Route de Boali) Complexe scolaire œcuménique ouvert aux musulmans et chrétiens, adossé à un grand hôpital de campagne. Sibut, Damara, Dékoa, Bouar : Terrains sécurisés auprès des mairies et des services du Cadastre (Mambéré-Kadéï). Bambari, BangassouAnalyses de : sol effectuées et dossiers techniques finalisés. Bria, Birao, NdeléArbitrage régional pour l'implantation du pôle Nord-Est. 4. L'ALLIANCE MAFIEUSE ET LE COMPLOT DES ANCIENS DIRIGEANTS L'enquête journalistique révèle que Mamadou Ramady n'agit pas seul. Il s'est associé à l'ancienne faction déchue par intérim du CSISCA, notamment l'ancien président par intérim, Ahmat Deléris Rator. Ce dernier, qui avait fait malin de ne rien savoir lorsque l'équipe technique était venue l'alerter dans son bureau provisoire (« L'Imam Kobine n'a jamais fait un tel projet »), cherchait en réalité à gagner du temps pour spolier la communauté. Pour déstabiliser le nouveau bureau légitime élu et investi en début d'année 2026 sous la direction de l'Imam Ouassélégué, cette clique utilise des méthodes criminelles : intimidations constantes, harcèlement et tentatives de putsch institutionnel. Le rôle de l'argentier Alamine Baraka Pour financer ce désordre et acheter des soutiens, l'ancienne équipe bénéficie des largesses financières d'Alamine Baraka, un homme d'affaires choyé par le pouvoir politique. Ce dernier distribue de généreuses faveurs pour entretenir la clique de Ramady. En contrepartie de son investissement, un pacte secret a été conclu : si le coup d'État institutionnel réussit, Baraka sera installé à la tête du très lucratif comité de pèlerinage, avec la complicité de ses pions actifs dans l'ombre, Katara Zanaba et Rachida Mamba. La foi des pèlerins centrafricains se transformerait alors en un commerce hautement rentable pour la mafia déchue. LA VICTOIRE DES URNES FACE À LA VANITÉ Devant la foule de fidèles massée à la mosquée de Yapélé, l’Imam Abdoulaye Ouassélégué a balayé ces convoitises financières d’un revers de manche. Qualifiant les ambitions de Mamadou Ramady, d'Ahmat Deléris Rator et de leurs complices de « pure vanité », le guide spirituel a fermement proclamé la défaite des comploteurs. Les tricheurs et les pilleurs, bien qu'ils tentent d'acheter une façade de respectabilité auprès du régime en lui versant des fonds, ont été définitivement balayés par la légitimité des urnes et du droit en cette année 2026. L'ingénieur Robert Patrick Veret, détenteur des doubles des documents, et le nouveau bureau exécutif veillent désormais : les 34 milliards du Projet Kodou appartiennent aux fidèles et aux enfants de la RCA, et non à la mafia qui a pillé l'héritage de l'Imam Kobine. Par Alain Nzilo Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/06/Ahmat-Deleric-Rator-218x150.jpg)
