Rapatriement des réfugiés centrafricains : entre relance annoncée par le HCR et suspension décidée par le gouvernement

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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), le Cameroun et la République centrafricaine ont adopté le 15 juillet à Yaoundé de nouvelles modalités pratiques destinées à relancer le rapatriement volontaire des réfugiés centrafricains. Quelques jours plus tard, le gouvernement centrafricain a décidé de maintenir la suspension de ces opérations, invoquant des préoccupations sécuritaires, administratives et sanitaires.
L’annonce du HCR sur le réseau social X a pu laisser croire à la signature d’un nouvel accord tripartite. En réalité, le cadre juridique reste celui conclu le 29 juin 2019 entre le Cameroun, la République centrafricaine et le HCR. La rencontre de Yaoundé visait à définir les modalités d’application de cet accord et à préparer la reprise des retours, après une suspension intervenue à la fin de l’année 2025.
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Depuis la signature de l’accord de 2019, plus de 22 000 réfugiés centrafricains sont rentrés au pays avec l’appui du HCR. Ce programme devait permettre des retours volontaires, sûrs et dignes. Dans les faits, de nombreux rapatriés ont rencontré d’importantes difficultés de réinstallation.
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Dans plusieurs localités, les personnes revenues ont dû faire face à l’absence de logements, au manque de terres cultivables, à un accès limité aux soins de santé, à l’éducation et aux moyens de subsistance. Dans certaines régions, l’insécurité demeure présente avec des attaques de groupes armés, des violences contre les civils et des déplacements de population.
Ces difficultés ont renforcé les hésitations d’une partie des réfugiés installés au Cameroun depuis plus de dix ans. Beaucoup suivent les témoignages de proches déjà rentrés et estiment que les conditions d’un retour durable ne sont pas encore réunies.
La baisse des financements humanitaires est également venue modifier la situation dans les camps de réfugiés. Les réductions de l’aide internationale, notamment à la suite de la diminution de certains financements américains, ont entraîné une baisse de l’assistance alimentaire, sanitaire et éducative dans plusieurs sites d’accueil. Face à cette situation, certaines familles envisagent un retour en République centrafricaine faute de perspectives, tandis que d’autres préfèrent rester malgré la diminution de l’aide.
Réuni en Conseil des ministres le 23 juillet 2026 à Bangui, le gouvernement centrafricain a choisi une autre orientation. Sur proposition de la ministre de l’Action humanitaire, de la Solidarité et de la Réconciliation nationale, il a confirmé le maintien de la suspension des opérations de rapatriement volontaire en provenance du Cameroun.
Selon le compte rendu du Conseil des ministres, cette décision fait suite aux conclusions de la réunion tripartite tenue à Yaoundé du 12 au 14 juillet. Les autorités évoquent des afflux massifs de candidats au retour et des incohérences relevées dans les manifestes des derniers convois.
Le gouvernement indique vouloir vérifier l’identité des personnes enregistrées au rapatriement, distinguer les personnes effectivement réfugiées des autres candidats au retour et prévenir tout risque de manipulation des mouvements de population sur le territoire centrafricain.
Le Conseil des ministres ajoute un argument sanitaire. Il évoque la menace d’importation du virus Ebola et considère que cette situation justifie le maintien temporaire de la suspension des opérations afin de renforcer les contrôles aux frontières.
Malgré cette décision, Bangui, Yaoundé et le HCR affirment vouloir poursuivre leur coopération. Les trois parties prévoient d’élaborer un calendrier commun et de revoir les modalités d’exécution de l’accord de 2019 avant toute reprise des convois.
La situation des réfugiés centrafricains est complexe, avec des défis liés au retour des réfugiés, aux décisions du HCR, et aux conditions de sécurité en Centrafrique.
Le gouvernement centrafricain a chargé une équipe interministérielle réunissant les ministères des Affaires étrangères, de l’Action humanitaire et de la Sécurité publique de proposer un nouveau dispositif de contrôle identitaire et de surveillance sanitaire. La reprise du rapatriement dépendra désormais de la mise en place de ces nouvelles mesures ainsi que de l’évaluation des conditions de sécurité et de santé publique.
Par Brahim Sallé
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