Crépin Mboli-Goumba conteste l’argumentaire du grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana sur la réintégration d’Anicet Georges Dologuélé dans la nationalité centrafricaine et renvoie le porte-parole du gouvernement à la décision du Conseil constitutionnel du 14 novembre 2025.
Dans un aide-mémoire adressé au ministre d’État chargé de la Communication, le coordinateur du Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC) reconnaît que le Code de la nationalité prévoit une procédure de réintégration. Mais il estime que cette procédure ne peut pas être appliquée à Dologuélé sans répondre à une question préalable : a-t-il juridiquement perdu sa nationalité centrafricaine ?

Cette distinction est au cœur de la controverse entre les deux lectures du dossier.
Le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana part d’une perte de nationalité
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Le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana soutient que Dologuélé a perdu sa nationalité centrafricaine après avoir acquis la nationalité française. Selon lui, l’intéressé doit donc demander sa réintégration. Cette demande doit être adressée au président de la République et suivie d’une enquête avant qu’un décret puisse éventuellement prononcer sa réintégration.
Le porte-parole du gouvernement en tire une conséquence politique directe : si Dologuélé ne fait pas cette démarche, il ne disposerait plus de la qualité nécessaire pour continuer à exercer son mandat de député.
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Crépin Mboli-Goumba conteste cette construction.
Pour lui, la question de la réintégration ne peut pas être posée avant d’avoir établi juridiquement la perte de nationalité.
Une procédure qui suppose d’abord une perte juridiquement établie
Mboli-Goumba ne nie pas l’existence de la procédure prévue par le Code de la nationalité.
Le texte de 1961 prévoit effectivement des dispositions relatives à la perte de nationalité ainsi qu’une procédure de réintégration par décret après enquête.
Mais l’existence de cette procédure ne signifie pas automatiquement que toute personne ayant détenu une nationalité étrangère doit demander sa réintégration.
Il faut d’abord déterminer si cette personne a juridiquement perdu sa nationalité centrafricaine.
C’est précisément sur ce point que l’avocat renvoie le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana au Conseil constitutionnel.
Le Conseil constitutionnel avait déjà examiné le cas Dologuélé
La candidature de Dologuélé à l’élection présidentielle de 2025 avait été contestée, notamment en raison de sa situation au regard de la nationalité.
Dans sa décision n°14/CC/25 du 14 novembre 2025, le Conseil constitutionnel s’était déclaré compétent pour examiner le contentieux relatif aux candidatures présidentielles et avait rejeté la requête visant notamment Dologuélé.
Le Conseil avait notamment examiné l’argument selon lequel Dologuélé aurait perdu sa nationalité centrafricaine après l’acquisition de la nationalité française et devait, pour cette raison, solliciter une réintégration.
Selon l’analyse développée dans l’aide-mémoire de Mboli-Goumba, le Conseil avait relevé qu’aucun décret n’avait formellement constaté la perte de la nationalité centrafricaine de Dologuélé.
Il avait également considéré que cette perte ne pouvait pas être traitée comme automatique dans les conditions examinées.
Le Conseil en avait déduit que Dologuélé ne pouvait pas être soumis aux formalités de réintégration en l’absence de l’acte juridique constatant sa perte de nationalité.
Le point qui oppose directement le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana au Conseil constitutionnel
C’est ici que le raisonnement du grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana devient contestable au regard de la décision constitutionnelle.
Le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana raisonne ainsi : Dologuélé a perdu sa nationalité, donc il doit demander sa réintégration.
La décision du Conseil constitutionnel conduit à poser la question autrement : où est l’acte juridique établissant que Dologuélé a perdu sa nationalité centrafricaine et permettant de lui imposer ensuite une procédure de réintégration ?
Cette différence n’est pas secondaire.
Elle touche au fondement même de la démarche réclamée aujourd’hui à l’opposant.
Une procédure de réintégration suppose une perte préalable de nationalité. Si cette perte n’a pas été juridiquement constatée dans les conditions retenues par le Conseil constitutionnel, la demande de réintégration ne peut pas être présentée comme une simple formalité administrative obligatoire sans expliquer cette contradiction.
Le Tribunal de grande instance avait pourtant annulé son certificat
Le dossier comporte une autre décision que Mboli-Goumba ne cherche pas à effacer.
Le 16 octobre 2025, le Tribunal de grande instance de Bangui avait annulé le certificat de nationalité de Dologuélé. Cette décision s’appuyait notamment sur les dispositions du Code de la nationalité relatives à l’acquisition volontaire d’une nationalité étrangère.
Cette décision avait alimenté la controverse sur la nationalité de l’ancien Premier ministre.
Mais quelques semaines plus tard, le Conseil constitutionnel a été appelé à se prononcer sur cette question dans le cadre du contentieux de la présidentielle.
Il a examiné l’argument relatif à la réintégration et rejeté la requête contestant notamment la candidature de Dologuélé.
Le débat actuel ne peut donc pas s’appuyer uniquement sur la décision du Tribunal de grande instance en écartant celle du Conseil constitutionnel.
L’article 147 complique davantage la position du gouvernement
Crépin Mboli-Goumba insiste également sur l’article 147 de la Constitution du 30 août 2023.
Cette disposition prévoit que les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours et qu’elles s’imposent aux pouvoirs publics ainsi qu’aux autorités administratives, militaires et juridictionnelles.
Pour Mboli-Goumba, la conséquence est claire : la décision du 14 novembre 2025 ne peut pas être traitée comme une simple opinion juridique.
Elle a été rendue par l’institution compétente dans le cadre du contentieux de l’éligibilité présidentielle. L’administration doit donc expliquer comment elle peut aujourd’hui adopter une position qui revient à traiter Dologuélé comme ayant définitivement perdu sa nationalité et à lui imposer une réintégration, alors que le Conseil constitutionnel avait écarté cet argument dans le contentieux de sa candidature.
La demande adressée à Touadéra devient le véritable enjeu
Le débat prend également une dimension politique avec la formulation utilisée par les responsables du pouvoir.
Fidèle Gouandjika avait précédemment demandé à Dologuélé de reconnaître la victoire de Touadéra et de solliciter sa réintégration.
Le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana a repris l’exigence d’une demande adressée au président de la République, tout en affirmant qu’il ne s’agit pas d’une faveur présidentielle mais d’une procédure prévue par la loi.
Crépin Mboli-Goumba replace cette demande dans le cadre institutionnel.
Pour lui, avant d’exiger de Dologuélé qu’il écrive au chef de l’État, il faut établir la base juridique qui rend cette lettre nécessaire.
La question n’est donc pas de savoir si une procédure de réintégration existe. Elle existe.
La question est de savoir si Dologuélé doit être soumis à cette procédure après la décision du Conseil constitutionnel du 14 novembre 2025.
Une menace directe sur le mandat de député
Les propos du grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana vont au-delà de la question administrative.
En affirmant que Dologuélé n’aurait plus aucune nationalité pour continuer à siéger à l’Assemblée nationale s’il refuse de demander sa réintégration, le porte-parole du gouvernement établit un lien direct entre la controverse sur la nationalité et le mandat parlementaire.
Cette position ouvre la voie à une éventuelle contestation de son siège.
Pour Mboli-Goumba, cette conséquence ne peut pas être tirée par simple déclaration.
Il faut une base juridique et une procédure correspondant aux règles applicables au mandat parlementaire.
Dologuélé est devenu député après la validation de sa candidature présidentielle par le Conseil constitutionnel. Remettre aujourd’hui en cause sa qualité de citoyen et, par conséquent, son mandat exige donc de résoudre la contradiction entre les décisions et les positions institutionnelles successives.
Une bataille désormais institutionnelle
L’intervention de Crépin Mboli-Goumba transforme ainsi le débat.
Le gouvernement affirme que Dologuélé doit demander sa réintégration.
Mboli-Goumba répond que cette exigence ne peut être séparée de la décision du Conseil constitutionnel qui avait examiné précisément la question de sa nationalité et de sa réintégration.
L’article 147 ajoute une difficulté supplémentaire pour le gouvernement : les décisions du Conseil constitutionnel s’imposent aux pouvoirs publics et aux autorités administratives.
Le véritable enjeu n’est donc plus seulement de savoir si Dologuélé acceptera d’écrire au président Touadéra.
Il est de déterminer quelle autorité peut aujourd’hui considérer qu’il a perdu sa nationalité, sur quel acte juridique elle fonde cette position et comment cette interprétation peut s’articuler avec la décision du Conseil constitutionnel du 14 novembre 2025.
À travers cette controverse, le dossier de la nationalité devient aussi celui du maintien de Dologuélé à l’Assemblée nationale. La demande de réintégration réclamée par le pouvoir apparaît ainsi comme une étape potentielle dans une procédure susceptible de remettre en cause son mandat.
Par Alain Nzilo
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