Prêter Serment pour le Peuple ou pour le Pouvoir ? Interrogations sur les Nouveaux Juges en Centrafrique

Publié le 13 août 2023 , 7:15
Mis à jour le: 13 août 2023 2:28

Prêter Serment pour le Peuple ou pour le Pouvoir ? Interrogations sur les Nouveaux Juges en Centrafrique

Les nouveaux juges de la Cour constitutionnelle, de la Haute cour de justice et de la Cour des comptes dans la salle d'audience pour la prestation de leur serment
Les nouveaux juges de la Cour constitutionnelle, de la Haute cour de justice et de la Cour des comptes dans la salle d’audience pour la prestation de leur serment

 

 

Bangui, 14 août 2023 (CNC) –  Ah, la scène solennelle de juges prêtant serment ! Un rituel qui revient comme une ritournelle, une danse dans le ballet de la justice. Vendredi dernier, les couloirs vénérables de la Cour constitutionnelle, de la Haute Cour de Justice et de la Cour des Comptes ont été le théâtre de cet exercice traditionnel, célébrant l’entrée en fonction de nouveaux juges. Mais parmi les acclamations, il y a toujours des voix qui, tels des sages au sommet d’une colline, observent les événements avec un regard critique.

 

L’ombre des doutes se glisse dans les interstices des discours bien préparés et des robes impeccables. Le ministre d’État Arnaud Djoubaye Abazène se dresse, tel un coryphée, clamant que cette parade judiciaire témoigne de la volonté des autorités d’établir un État de droit en République Centrafricaine. Belle parole, n’est-ce pas ? Mais derrière ce rideau de rhétorique, les rideaux s’ouvrent sur une scène différente.

Prestation de serments des juges de la Cour constitutionnelle, de la Cour de Compte et de la Haute Cour de Justice
Prestation de serments des juges de la Cour constitutionnelle, de la Cour de Compte et de la Haute Cour de Justice

 

Les sourcils se haussent et les esprits s’échauffent. Les Centrafricains, debout dans les coulisses de la société, se demandent si ces juges nouvellement assermentés seront les protecteurs des droits du peuple ou simplement des marionnettes habillées en robes noires, dansant au rythme de la mélodie du régime au pouvoir.

 

« Nous représentons la justice », proclame Françoise Donengué avec un air de détermination. Pourtant, derrière cette déclaration audacieuse se cache une inquiétude latente. La Haute Cour de Justice, une juridiction d’exception, est appelée à juger des personnalités de haut rang – le président de la République, le premier ministre, les ministres, le président de l’Assemblée et les députés. Un rôle crucial pour maintenir l’équilibre entre le pouvoir et la responsabilité. Mais, la fermeté promise en cas de dérapages est-elle réelle ou simplement une coquille vide ? Les citoyens attendent de voir si cette promesse se concrétise dans les salles d’audience.

 

Stéphane Gouana rejoint le chœur des nouveaux juges. Il parle de modestes contributions et de fonctions traditionnelles. C’est une perspective noble, en apparence du moins. L’ajout de sa voix à la Cour constitutionnelle, censée être une institution de haut vol, soulève la question de savoir si ce renfort contribuera à renforcer l’indépendance de la justice ou s’il sera simplement un maillon de plus dans la chaîne.

 

Et puis il y a cette insistance du ministre d’État, cette assertion selon laquelle tout cela témoigne d’une vision gouvernementale pour ancrer l’État du droit. C’est comme si l’on cherchait à peindre un paysage enchanteur, à travers une fenêtre recouverte de poussière. Les résultats définitifs du pseudo référendum constitutionnel, un nuage sombre dans le ciel judiciaire, ajoutent encore une couche d’ambiguïté à la scène.

 

Alors que les juges prêtent serment, les regards des Centrafricains se tournent vers eux, mêlant espoir et méfiance. Une danse subtile s’ensuit – une danse entre les promesses de justice et la réalité politique. L’État du droit en République Centrafricaine semble être à un carrefour. Les nouvelles voix de la justice sont appelées à jouer un rôle crucial dans le récit du pays. Reste à voir si elles marcheront dans les pas d’une justice impartiale ou si elles se laisseront emporter par la cadence du pouvoir en place. La scène est prête, les acteurs sont en place, mais le verdict final appartient à l’histoire et au peuple qu’elle juge.

 

Par Alain Nzilo

Directeur de publications

 

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