Maître Nicolas Tiangaye fustige l’échec total de Touadéra : « Après 10 ans, il n’a même pas goudronné l’avenue de l’Indépendance jusqu’au PK 12 »
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Dans une charge cinglante et sans concession lors de l’émission « Actualité et nous » sur Radio Fréquence RJDH 100.5 FM, Maître Nicolas Tiangaye, ancien Premier ministre et président de la CRPS, a dépeint un bilan accablant des dix années de pouvoir de Faustin-Archange Touadéra, en prenant pour symbole emblématique l’incapacité totale et criminelle à goudronner ne serait-ce que l’avenue de l’Indépendance de Bangui jusqu’au PK 12.
Avec une ironie mordante, il a lancé :
« Vous trouvez ça normal ? Ça veut dire qu’il n’y a pas d’électricité. Vous trouvez que c’est normal ? Il n’y a pas de route. Ne parlons pas d’école, de dispensaires, d’hôpitaux. […] Après 10 ans de pouvoir, vous n’avez pas été capable de goudronner l’avenue de l’Indépendance depuis PK 0 jusqu’à PK 12. […] Je crois que c’est à peu près 200 mètres par mois ce qu’ils ont fait. La honte. »
Maître Tiangaye oppose ce fiasco à des exemples réels de pays voisins qui ont su transformer leur réalité malgré des héritages lourds :
« Vous savez la Côte d’Ivoire, depuis que Ouattara a pris le pouvoir là-bas, 8 000 km de route bitumée. 8 000 km, c’est-à-dire qu’on peut partir de Bangui ici jusqu’à Paris. Bangui-Paris, ce n’est pas 6 000 km. Il y a des résultats. »
Il refuse catégoriquement l’excuse de l’héritage du passé :
« L’héritage a fini depuis longtemps. Il est au pouvoir ça fait 10 ans. Vous ne venez pas après pour dire, oui, la situation est difficile. […] Dix ans après, vous n’avez pas été capable de goudronner l’avenue de l’Indépendance. Au point PK 0 jusqu’à PK 12, vous ne pouvez pas invoquer l’héritage du passé. »
Pour Maître Nicolas Tiangaye, ce retard abyssal sur un axe aussi symbolique et central que l’avenue de l’Indépendance – artère vitale de la capitale – illustre parfaitement l’absence totale de vision, de volonté et de résultats concrets du régime Touadéra. Il accuse le président de se maintenir au pouvoir non pour développer le pays, mais pour des intérêts personnels :
« Tous ceux qui veulent s’approcher du pouvoir aujourd’hui, ceux qui veulent conserver le pouvoir aujourd’hui, ce n’est pas pour améliorer le sort de la population mais pour en profiter. […] Les enrichissements personnels, ça défie tout entendement. »
Ces propos cinglants transforment l’avenue de l’Indépendance inachevée en un symbole national de l’échec patent d’un régime qui, après une décennie, n’a su ni rétablir l’électricité fiable à Bangui, ni construire des routes dignes de ce nom, ni améliorer les conditions de vie des Centrafricains. Pour Maître Tiangaye, le contraste est brutal : pendant que d’autres dirigeants bâtissent des milliers de kilomètres de routes, Touadéra peine à goudronner quelques kilomètres dans sa propre capitale. Un constat qui, selon lui, disqualifie tout bilan positif du pouvoir actuel.
Par Alain Nzilo
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