Trois Centrafricains sur quatre vivent dans la misère » : Martin Ziguélé chiffre dix ans de gouvernance Touadéra

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 Trois Centrafricains sur quatre vivent dans la misère » : Martin Ziguélé chiffre dix ans de gouvernance Touadéra

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Investi le 30 mars pour un troisième mandat illégal de sept ans, Faustin-Archange Touadéra entre dans la Septième République sur fond de bilan contesté par une partie de la classe politique centrafricaine.

Martin Ziguélé, porte-parole du Bloc républicain pour la défense de la constitution de 2016 et ancien Premier ministre, ne mâche pas ses mots. « La situation de notre pays sur tous les plans est gravement compromise », lâche-t-il, avant de dérouler les chiffres qui étayent son propos.

En 2016, année de la première élection de Touadéra, 52 % des Centrafricains vivaient avec moins de deux dollars par jour. Aujourd’hui, selon Martin Ziguélé qui cite les statistiques de la Banque mondiale, ce taux atteint 67 %. « À peu près trois Centrafricains sur quatre vivent dans la misère », dit-il. L’ancien Premier ministre ajoute que la République centrafricaine occupe le 144e rang sur 146 pays dans l’indice de développement humain du PNUD pour 2025-2026.

Sur le plan économique, Martin Ziguélé dresse un tableau sans nuance. « Toutes les filières agricoles se sont effondrées », affirme-t-il, estimant qu’il n’existe « même pas d’activité économique dans le vrai sens du terme ». Pour lui, le pays n’est « même pas sur la voie du développement ».

L’ancien chef du gouvernement pointe également la dimension politique de ce qu’il nomme une régression. La constitution adoptée sous Touadéra, dit-il, « a été rédigée pour permettre au président de rester indéfiniment au pouvoir ». Martin Ziguélé dénonce notamment la suppression du droit de l’Assemblée nationale de contrôler les emprunts extérieurs et la gestion des ressources naturelles, ainsi que l’introduction dans la loi fondamentale d’une distinction entre « Centrafricains d’origine » et d’autres catégories de citoyens.

Quant à la liberté d’expression, Martin Ziguélé est direct. « Personne ne peut s’exprimer, personne ne peut protester », dit-il, imputant ce climat au fait que « le plus grand soutien de ce régime, ce sont les mercenaires du groupe Wagner ».

Face à ce constat, l’ancien Premier ministre réclame un dialogue politique inclusif. « Le dialogue n’est pas une option, c’est une nécessité », martèle Martin Ziguélé, qui conditionne la participation du Bloc républicain à une facilitation « objective et neutre ». Pour lui, la question n’est plus de savoir s’il faut dialoguer : « C’est une urgence. »

Par Éric Azoumi

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