L’effondrement du système sanitaire de la RCA : l’hôpital communautaire de Bangui, sans équipements, renvoie ses malades vers MSF, devenue la béquille du système sanitaire national

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L’effondrement du système sanitaire de la RCA : l’hôpital communautaire de Bangui, sans équipements, renvoie ses malades vers MSF, devenue la béquille du système sanitaire national

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Un chantier non sécurisé, une chute nocturne, une blessure grave. Ce qui devrait être pris en charge rapidement devient une longue errance entre plusieurs structures médicales. L’absence d’équipements essentiels transforme chaque urgence en véritable épreuve pour les blessés de la capitale.

 

En Centrafrique, les structures publiques manquent souvent d’équipements de base, tandis que les centres gérés par des organisations humanitaires croulent sous la demande. Cette réalité se vérifie presque chaque jour dans les quartiers de Bangui.

 

L’histoire commence vers 19 heures, avenue David Dacko. Un habitant du quartier se rend à la pharmacie pour acheter des médicaments destinés à sa femme. Il marche le long de la route, sans se douter qu’un danger l’attend à quelques mètres. Des travaux ont été entamés dans ce secteur, mais aucune protection n’a été installée autour du chantier. Aucun panneau n’avertit les passants. La nuit tombée, la visibilité devient quasi nulle.

 

L’homme ne voit pas le trou et chute dans la fosse ouverte. La profondeur est considérable. Dans ce trou, les commerçants installés aux abords de la route ont pris l’habitude de jeter leurs déchets. C’est précisément cette accumulation d’ordures qui va lui permettre de se hisser hors du piège. Toute la nuit, il se bat pour remonter. Il s’accroche, grimpe, glisse, recommence. Les chocs sont violents. Son corps encaisse les coups, mais il finit par atteindre le bord du trou.

 

Une fois sorti, la douleur à la jambe devient insupportable. Il crie. Des passants accourent enfin et découvrent l’état de sa blessure. La décision est prise immédiatement : il faut l’emmener à la clinique MSF de Bonga-Bonga, gérée par Médecins Sans Frontières. Mais à leur arrivée, le personnel les informe que la structure est saturée. Aucun lit n’est disponible. Les médecins conseillent un transfert rapide vers l’hôpital communautaire, censé être l’une des principales structures de soins de la capitale.

 

Le blessé est donc transporté à nouveau, cette fois à l’arrière d’une moto. Il arrive à l’hôpital communautaire en espérant y trouver une prise en charge rapide. Pourtant, personne ne s’occupe de lui dans l’immédiat. Une heure passe. Puis une deuxième. Le blessé attend, la jambe en sang, sans aucun soin. Au bout de deux heures, un agent finit par s’approcher. Le constat est rapide : l’hôpital ne dispose pas des moyens nécessaires pour traiter ce type de blessure.

 

On lui demande de retourner à MSF. Les accompagnants expliquent qu’ils viennent justement de cette clinique, qui les a renvoyés faute de place. La réponse tombe alors : l’hôpital communautaire n’a pas de service de radiologie. Il faut aller à l’hôpital de l’Amitié pour faire une radio, puis revenir avec les résultats. Le blessé repart donc une troisième fois, toujours sur une moto, vers un autre établissement alors que sa jambe continue de saigner.

 

À l’hôpital de l’Amitié, la radiographie est effectuée sans trop d’attente. Le groupe retourne ensuite à l’hôpital communautaire avec les clichés en main. Nouvelle attente. Une heure, deux heures, trois heures. Un médecin finit par examiner le patient. Les images sont analysées. On lui prescrit quelques médicaments et on lui demande de rentrer chez lui. Il devra revenir dans une semaine pour un suivi.

 

Le blessé repart donc avec sa jambe dans le même état, ou presque. Aucune intervention n’a été réalisée durant cette première nuit. Une semaine plus tard, il se présente à nouveau à l’hôpital communautaire. Cette fois, on envisage une opération, mais on juge finalement que l’état s’est légèrement amélioré. On décide de poser un plâtre. L’homme rentre chez lui et reste alité depuis, en attendant que sa jambe guérisse.

 

L’hôpital communautaire, qui porte le nom de principale structure de soins de la capitale, ne dispose même pas d’un appareil de radiologie. Les urgences y attendent des heures avant d’être prises en charge. Dans bien des cas, les patients sont redirigés vers la clinique MSF, déjà débordée. Cette clinique, gérée par une organisation humanitaire, traite les patients avec sérieux et compétence, mais elle ne peut absorber toute la demande qui lui arrive chaque jour.

 

Les structures publiques continuent de fonctionner sans les équipements de base. Les malades circulent d’un établissement à l’autre, parfois pendant des heures, avant de trouver un lieu capable de les soigner. MSF est devenue, par la force des choses, le recours principal pour une grande partie de la population de Bangui.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Brahim….

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