Séisme à l'UNOPS Bangui : un réseau de plus de 400 employés fantômes démasqué par un audit des nations-unies

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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Le scandale éclate au sein de l'UNOPS, prestataire de la MINUSCA. Des auditeurs ont débusqué plus de 400 employés fantômes inscrits depuis plus de huit ans sur les listes de paie des travailleurs centrafricains.
Un contrôle international inopiné met au jour une fraude colossale
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Un séisme d'une ampleur inédite agite les bureaux de l'UNOPS à Bangui. À la suite d'un audit impromptu diligenté par des inspecteurs internationaux, un réseau structuré a été mis au jour au cœur même du système de paie du prestataire de la MINUSCA. Les auditeurs ont identifié plus de 400 employés fictifs, inscrits frauduleusement sur les listes des travailleurs journaliers et des contractuels. Ce mécanisme de détournement, qui perdurait depuis plus de huit ans, aurait englouti une somme estimée à plus de quatorze milliards de francs CFA. Pendant près d'une décennie, des réseaux d'intérêts se sont enrichis sur le dos des travailleurs nationaux et des contribuables, profitant des failles de gestion de la mission onusienne.
Un protocole de vérification sous loupe qui bloque les fausses pièces d'identité
Le mode opératoire de cette fraude a été révélé lors de la récente opération de paie effectuée directement par les auditeurs internationaux. Habitués à voir des intermédiaires distribuer les enveloppes sur simple présentation de copies de pièces d'identité souvent falsifiées, les employés ont cette fois fait face à une procédure stricte. Les inspecteurs ont exigé la présentation des documents originaux, passés systématiquement sous la loupe de contrôle. Ce filtrage rigoureux a immédiatement bloqué les personnes venues encaisser les salaires d'agents fictifs, tandis que des centaines de bénéficiaires inscrits sur les listes ne se sont jamais présentés. En examinant les chaînes de responsabilité, une majorité d'employés interrogés pointe du doigt Tony Mushibele et Olga Lubazandio d'être à l'origine de cette augmentation artificielle des effectifs.
La précarisation des contrats comme stratégie pour cacher les détournements
Cette révélation apporte un éclairage sur les souffrances endurées par le personnel centrafricain ces dernières années. La direction de l’UNOPS utilisait la instabilité contractuelle comme un moyen pour dissimuler ses manœuvres. Les contrats, autrefois signés pour une durée d'un an, ont été progressivement réduits à six mois, puis trois mois, pour finir à un seul mois renouvelable. Cette précarité permanente s'accompagnait de vagues successives de licenciements, frappant tous les agents, y compris ceux chargés de la gestion des états de paie. En renouvelant continuellement le personnel de bureau, l'administration s'assurait que personne ne puisse comprendre la comptabilité ni repérer les anomalies.
Licenciements abusifs et dysfonctionnements provinciaux : l'envers du décor
Les droits des travailleurs centrafricains ont été régulièrement bafoués par des révocations abusives pour des motifs insignifiants. Il y a un an, quatre employés totalisant plus de huit ans de service sans contrat formel ont été renvoyés du jour au lendemain sans la moindre indemnité. Aujourd'hui, ces victimes poursuivent leurs démarches auprès du gouvernement et des tribunaux nationaux pour obtenir justice face à une direction qui refuse jusqu'à reconnaître leur existence. Les blocages de salaires constatés jusqu'à Birao et dans d'autres villes de province s'expliquent désormais par cette cavalerie financière. De nouveaux détails continueront d'être révélés dans nos prochaines éditions sur cette affaire majeure.
Cette fraude à l’UNOPS, impliquant des salaires fictifs, soulève des questions cruciales sur la gestion des fonds publics et les audits internationaux.
Par Gisèle MOLOMA
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