Le syndrome de la modification de la constitution en Afrique : Quand Félix Tshisekedi enfile le costume de dictateur

0
14

Le syndrome de la modification de la constitution en Afrique : Quand Félix Tshisekedi enfile le costume de dictateur

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de ,  

On pensait que l’Afrique centrale est immunisée contre la naïveté, mais le spectacle qui se joue à Kinshasa force à un terrible constat : le vernis démocratique des leaders africains finit toujours par craquer sous le poids de l’ivresse du pouvoir. Le dernier en date à succomber à cette pathologie politique n’est autre que Félix Tshisekedi. Celui que l’on croyait être le digne héritier d’une lutte démocratique historique, un homme de dialogue, est en train de se transformer, sous nos yeux, en un lion féroce, prêt à dévorer les acquis constitutionnels de son pays. Son objectif ? Modifier la loi fondamentale à tout prix pour s’offrir un troisième mandat.

 

L’ombre de Bangui plane sur Kinshasa

Ce glissement autoritaire n’est pas sans rappeler la tragique dérive du voisin centrafricain. En République centrafricaine (RCA), Faustin-Archange Touadéra a déjà tracé cette voie sinistre. Pour conserver son fauteuil, le pouvoir de Bangui a choisi la manière forte : un bras de fer permanent, une répression systématique des lignes d’opposition et une alliance ultra-sécuritaire avec des mercenaires étrangers qui font régner la peur. Tout le monde tremble en RCA, et c’est précisément ce modèle de la terreur et du passage en force que Kinshasa semble vouloir copier.

 

Pourtant, la RDC n’est pas la RCA. Jouer avec le feu constitutionnel dans un géant d’Afrique centrale déjà profondément meurtri relève de la folie pure, si ce n’est d’une maladie politique incurable.

 

À l’est, les rebelles grondent ; à Kinshasa, le pouvoir s’obstine

Le timing de cette ambition personnelle est d’un cynisme absolu. Alors que l’intégrité territoriale de la RDC est menacée de toutes parts, que les rebelles du M23 et d’autres groupes armés ne sont qu’à quelques encablures des centres stratégiques, la priorité du régime de Kinshasa n’est pas la défense de la patrie, mais le tripatouillage des textes. En cherchant ainsi à s’éterniser au pouvoir, Félix Tshisekedi complique une situation sécuritaire déjà explosive. Comme le dit la sagesse populaire : à force de chercher le chaos, il va finir par le trouver.

 

Ceux qui poussent à cette révision constitutionnelle semblent oublier que l’entêtement face à un peuple asphyxié mène aux pires drames. À force de verrouiller les voies démocratiques, on pousse les pays vers des lendemains incertains où seules les armes finissent par parler pour faire partir les hommes.

 

Le cri d’alarme de la CENCO : « Le pays va mal, mettons-nous debout »

Face à cette dérive, l’Église catholique congolaise a décidé de briser le silence de la plus ferme des manières. Lors d’une table ronde historique ce 20 juin 2026 à Kinshasa, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a opposé un non catégorique, sans aucune ambiguïté ni demi-mesure, au projet du pouvoir.

 

« Nous ne voyons ni la nécessité ni l’urgence ni l’opportunité d’un changement de la Constitution », a martelé Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO.

 

Les évêques ne mâchent pas leurs mots et mettent le régime devant ses responsabilités historiques. Un passage en force comporte des risques existentiels majeurs pour la nation, à commencer par le spectre de la balkanisation du pays. Dans un climat où les rivalités politiques sont constamment instrumentalisées sur des bases ethniques et tribales, forcer un troisième mandat équivaut à appuyer sur le détonateur d’une nouvelle guerre civile.

 

L’Église dénonce également l’instauration d’un « climat de terreur » savamment entretenu par la majorité au pouvoir pour faire taire les voix discordantes, y compris au sein de ses propres rangs. Face à cette dérive, le message des prélats au peuple congolais résonne comme un puissant appel à la résistance légitime : « Le pays va mal, mettons-nous debout. Il est impérieux de prendre notre destin en main, sinon notre avenir sera hypothéqué pour longtemps. » Un serment trahi La Constitution congolaise prévoit déjà les mécanismes de sa propre modification, mais elle comporte des lignes rouges, des articles verrouillés touchant notamment au nombre et à la durée des mandats présidentiels, précisément pour éviter le retour des dictatures du passé. En tentant de sauter ces verrous, Félix Tshisekedi trahit le serment solennel qu’il a prêté devant Dieu et devant le peuple de respecter et de défendre la loi fondamentale.

 

L’histoire africaine regorge de dirigeants qui se croyaient indispensables et qui ont fini par plonger leur peuple dans le gouffre par simple hubris. Si le président congolais refuse d’entendre la voix de la raison, celle des évêques et celle de son peuple, il apprendra à ses dépens que la patience des nations a des limites. À vouloir s’agripper au trône par tous les moyens, on finit souvent par en être chassé par l’histoire.

 

Par Alain Nzilo

Rejoignez notre communauté

 

Chaine officielle du CNC

Invitation à suivre la chaine du CNC

3

CNC groupe 4

CNC groupe le Soleil

Note : les deux premiers groupes sont réservés  uniquement aux publications officielles du CNC

 Abonnez-vous à notre chaine YouTube :

Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65

Email :

Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org