La mystérieuse disparition du sexe des hommes: une rumeur qui arrive à Bangui, et affole la population
Une histoire étrange secoue la ville de Bangui, capitale de la République centrafricaine depuis des semaines . Des rumeurs de disparition mystérieuse du sexe des hommes après une simple salutation se répandent partout, semant la panique dans la capitale, mais également dans tout le pays.
Bangui, 30 août 2024.
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Les origines de la rumeur : de Béloko à Bambari.
Tout a commencé dans la ville de Béloko, à la frontière avec le Cameroun, il y a environ deux mois. Un homme a dit que son sexe avait disparu après avoir salué un inconnu dans la rue. Cette histoire de disparition du sexe, aussi étrange qu’elle paraisse, a vite fait le tour de la ville de Cantonnier, et un homme avait été appréhendé.
Un mois plus tard, des récits similaires ont commencé à circuler à Bambari, dans la préfecture de la Ouaka. Les hommes devenaient méfiants, évitant de saluer les étrangers de peur de perdre leur sexe. À Bambari, un travailleur humanitaire camerounais a été brièvement détenu suite à ces rumeurs, mais on ne connaît pas la suite de cette affaire.
La disparition du sexe : la rumeur atteint Bangui.
Au fil des semaines, la rumeur est arrivée jusqu’à Bangui, la capitale. Au début, les habitants de la capitale se moquaient de ces histoires de disparition du sexe. Sur les réseaux sociaux, les rumeurs continuent, tant en vidéo qu’en audio. Mais petit à petit, suite à la persistance de ces rumeurs, le doute s’est installé.
Cependant, le mercredi 28 août 2024, un événement a fait basculer la situation à Bangui. Un jeune homme de 18 ans, habitant le quartier Boy-Rabe, a dit que son sexe avait rétréci après avoir répondu seulement au “bonjour” d’un inconnu. Selon les témoins, son organe serait devenu “petit comme un bout de craie de 2-3 centimètres”.
La panique s’installe : la foule en colère et accusations.
Le lendemain, jeudi 29 août 2024, la situation a complètement dégénéré. Des groupes de jeunes, suivi des conducteurs des taxi-moto, ont commencé à bouger dans la capitale. Des enfants de 7-8 ans ont même été vus défilant et criant qu’ils aimaient leur sexe et ne voulaient pas le perdre.
Au même moment, au croisement du 5ème arrondissement de Bangui, une foule en colère a encerclé un homme accusé d’être un “voleur de sexe”. L’homme, décrit comme un Rwandais travaillant pour la Minusca, a été emmené par la foule, y compris des conducteurs des taxi-motos, au commissariat du cinquième arrondissement.
Presque au même moment, vers midi et demi, au kilomètre 5, une autre personne a été accusée de “voler les seins et le sexe des hommes”. Elle aussi a été emmenée au commissariat du 3ème arrondissement.
Le silence des autorités.
Face à ces rumeurs de disparition du sexe, le gouvernement ne dit rien. Ni les autorités, ni le ministre de la Sécurité n’ont parlé pour essayer de calmer les gens. Ce silence fait naître les idées les plus folles. Certains vont jusqu’à accuser le président Baba Kongoboro d’avoir fait venir des Rwandais pour “prendre les sexes des hommes”.
Les conséquences de la rumeur.
L’ambiance est très tendue dans les rues de Bangui. Les hommes marchent inquiets, évitant de regarder les autres. Les femmes s’inquiètent également pour leurs maris et leurs fils.
Le rôle des réseaux sociaux.
Les réseaux sociaux ont beaucoup aidé à répandre ces récits de disparition du sexe. Des témoignages anonymes et des vidéos sont partagés des milliers de fois sur Facebook et WhatsApp, augmentant encore la peur collective. Mais cette histoire de “disparition du sexe” montre les problèmes cachés de la société centrafricaine.
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