
Interrogé sur la radio Ndékè-luka sur les accusations de « deux poids, deux mesures » dans les décisions du Haut Conseil de la Communication (HCC), José Richard Pouambi n’a pas réellement répondu à la question qui lui était posée par le journaliste. Le président de l’institution s’est lancé dans une longue explication pathétique et idiomatique sur les principes de régulation, avant de déplacer la discussion vers les contenus diffusés par la radio Ndékè-luka qui l’interrogeait.
Le journaliste de Radio Ndeke Luka lui avait pourtant posé une question précise : pourquoi certains dossiers sont-ils traités rapidement par le HCC alors que d’autres semblent rester sans suite ? Et le régulateur applique-t-il réellement les mêmes règles à tous les médias, indépendamment de leur proximité avec le pouvoir ou l’opposition ?
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La réponse de José Richard Pouambi commence par une formule catégorique : « Le Haut Conseil de la communication est une institution indépendante. Il n’y a pas une régulation de vitesse. »
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Le problème est que personne ne lui demandait s’il existait officiellement une « régulation de vitesse ». Le journaliste l’interrogeait sur la différence apparente dans la rapidité des interventions du HCC.
Une diversion plutôt qu’une réponse
José Richard Pouambi poursuit : « Il n’y a pas une régulation qui favorise certaines entreprises de presse ou qui favorise certaines radios. C’est faux. »
Puis, au lieu de répondre sur les critères concrets appliqués aux différents médias, il prend l’antenne de RNL comme exemple : « Beaucoup sont ceux-là qui pensent que le Haut Conseil de la communication favorise beaucoup plus la radio que l’UQA. Parce qu’il y a des informations que vous diffusez, il y a des propos qui sont tenus sur votre antenne. »
Cette partie de la réponse ressemble davantage à une tentative de détourner la question qu’à une explication.
Le journaliste ne demandait pas au président du HCC de dresser la liste des propos diffusés par RNL et non sanctionnés. Il lui demandait pourquoi certains médias sont sanctionnés rapidement et pourquoi d’autres bénéficient, aux yeux d’une partie de l’opinion, d’une plus grande tolérance.
José Richard Pouambi répond pourtant en expliquant que certains contenus diffusés par RNL ont été analysés et n’ont pas été sanctionnés.
« Le Haut Conseil de la communication, après l’analyse, estime que ces propos ne doivent pas être sanctionnés. On a toujours laissé », affirme-t-il.
Cette réponse soulève une nouvelle difficulté : si le HCC analyse les contenus avant de décider de sanctionner ou non, pourquoi ne pas présenter clairement les critères utilisés dans chaque dossier ?
« Ne dites pas qu’il y a une régulation de vitesse »
José Richard Pouambi revient ensuite sur sa formule : « Donc ne dites pas qu’il y a une régulation de vitesse. Nous régulons les contenus en fonction de la gravité des dérapages. »
Le président du HCC semble ainsi corriger une expression que le journaliste n’avait pourtant pas utilisée comme notion juridique. La question portait sur la rapidité d’intervention de l’institution, pas sur l’existence d’une « régulation de vitesse ».
Un régulateur peut appliquer la même règle à tous et intervenir à des moments différents selon les dossiers. Mais lorsqu’on lui reproche précisément cette différence de traitement, répondre que « la régulation de vitesse » n’existe pas ne suffit pas. Il faut expliquer les délais, les procédures et les critères appliqués.
La liberté d’expression comme réponse passe-partout
José Richard Pouambi poursuit son raisonnement : « Si les propos sont diffusés et après l’analyse, nous estimons que la personne a fait son droit à la liberté d’expression. Est-ce que ça vaut la peine de prendre des sanctions ? »
Puis il ajoute : « Mais si nous estimons que les propos publiés ou diffusés vont au-delà de la liberté d’expression ou de la liberté de presse, je pense que c’est la loi qui s’applique. »
Le président du HCC expose ainsi un principe général que personne ne conteste réellement : un propos peut relever de la liberté d’expression ou franchir ses limites.
La véritable question est ailleurs : qui décide de cette limite, selon quels critères et avec quelle constance ?
C’est précisément sur ce terrain que la réponse de José Richard Pouambi devient moins convaincante. Il affirme que les contenus sont analysés, mais ne donne pas d’éléments permettant de comprendre pourquoi certains dossiers sont traités rapidement tandis que d’autres semblent rester sans suite.
« C’est la même régulation pour toutes les entreprises de presse »
En conclusion de sa réponse, José Richard Pouambi affirme : « Il n’y a pas une régulation en deux vitesses. C’est la même régulation pour toutes les entreprises de presse, mais les sanctions sont infligées en fonction de la gravité des dérapages. »
La formule est claire. La démonstration, elle, l’est beaucoup moins.
Le président du HCC affirme l’égalité de traitement sans véritablement démontrer cette égalité. Il évoque des principes, cite des propos diffusés sur la radio qui l’interroge et rappelle la liberté d’expression. Mais il ne répond pas directement à la question portant sur les différences de rapidité dans les interventions du régulateur.
Au final, José Richard Pouambi semble surtout avoir voulu se défendre lui-même. Sa réponse, plutôt que de dissiper le doute soulevé par le journaliste, donne l’impression d’un long détour autour d’une question pourtant simple.
Le journaliste demandait pourquoi le HCC est parfois rapide et parfois silencieux. Le président du HCC répond qu’il n’existe pas de « régulation de vitesse ». Il affirme que tout le monde est traité de la même manière. Il cite ensuite les émissions de la radio qui lui pose la question.
Une réponse qui affirme beaucoup, explique peu et laisse finalement intacte la question initiale.
Par Alain Nzilo
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