Marie-Reine Hassen : « Que reste-t-il de notre indépendance ? »

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Marie-Reine Hassen : « Que reste-t-il de notre indépendance ? »

 

Marie-Reine Hassen : « Que reste-t-il de notre indépendance ? »
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Par : la rédaction de Corbeau News CentrafriqueCNC  

 Marie-Reine Hassen dresse un bilan sévère de l’indépendance centrafricaine, 66 ans après le 13 août 1960, entre dépendance sécuritaire, pauvreté et affaiblissement de l’État.

 

À l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance de la République centrafricaine, célébré le 13 août 2026, Marie-Reine Hassen, ancienne ministre et présidente de DVR-Afrique, interroge la portée réelle de cette indépendance. Dans une déclaration publiée le 20 août 2026 sur la plateforme de réseau social Facebook, elle estime que les cérémonies officielles, les défilés et les festivités ne doivent pas masquer les difficultés auxquelles le pays reste confronté.

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Pour Marie-Reine Hassen, la question centrale n’est plus seulement de savoir ce que les Centrafricains ont fait de leur indépendance, mais ce qu’il en reste après 66 années. Elle établit un parallèle avec une autre publication qu’elle avait consacrée au sujet en 2019, à l’occasion du 59e anniversaire de l’indépendance.

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Selon l’ancienne ministre, sept années supplémentaires n’ont pas permis d’inverser la tendance. Elle décrit au contraire un pays marqué par une forte dépendance extérieure, une pauvreté persistante, des institutions affaiblies et une incapacité de l’État à assurer pleinement certaines de ses missions essentielles.

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Marie-Reine Hassen : « Une souveraineté abandonnée »

 

Dans sa déclaration, Marie-Reine Hassen place la souveraineté au centre de son analyse. Pour elle, l’indépendance ne peut pas être réduite à un drapeau, un hymne national ou une date célébrée chaque année.

 

L’ancienne ministre définit la souveraineté comme la capacité d’un État à défendre son territoire, faire respecter ses lois, assurer la sécurité de sa population, former sa jeunesse, développer ses infrastructures, protéger ses ressources et défendre ses intérêts à l’extérieur.

 

À ses yeux, cette capacité s’est progressivement réduite en République centrafricaine.

 

Marie-Reine Hassen estime notamment que la dépendance sécuritaire envers des forces étrangères constitue l’un des principaux signes de cette perte de souveraineté. Elle s’appuie sur le Rapport mondial 2026 de Human Rights Watch pour affirmer que la sécurité de plusieurs grandes villes centrafricaines dépend toujours des mercenaires du groupe Wagner.

 

Elle rappelle également que, selon cette organisation, Wagner a poursuivi en 2025 certaines activités commerciales ainsi que des opérations liées à la démobilisation de groupes armés.

 

Pour Marie-Reine Hassen, la présence durable de forces étrangères dans les fonctions sécuritaires pose donc la question de la capacité réelle de l’État centrafricain à assurer seul la défense de son territoire.

 

« La souveraineté n’est pas un drapeau », écrit-elle dans sa déclaration.

 

L’ancienne ministre considère que les attributs symboliques de la souveraineté sont toujours présents, avec les cérémonies officielles, les discours et les symboles nationaux. Elle estime en revanche que la capacité concrète de l’État à décider et agir librement s’est fortement réduite.

 

Marie-Reine Hassen : un État qui ne remplit plus toutes ses missions essentielles

 

Marie-Reine Hassen poursuit son analyse en s’intéressant au fonctionnement de l’État centrafricain. Elle estime que les institutions publiques ont progressivement perdu une partie de leur capacité à protéger les citoyens et à défendre l’intérêt général.

 

Selon elle, les solidarités familiales, claniques et politiques ont trop souvent pris le dessus sur l’intérêt national.

 

L’ancienne ministre évoque également l’affaiblissement des institutions et des organes de contrôle. Elle cite la corruption et l’impunité parmi les principaux problèmes qui, selon elle, empêchent l’État de fonctionner pleinement.

 

Dans sa déclaration, Marie-Reine Hassen s’appuie également sur les données d’Amnesty International concernant la situation des droits humains en 2025.

 

Elle mentionne notamment des attaques et homicides illégaux attribués à des forces gouvernementales, à leurs alliés et à des groupes armés. Elle évoque aussi les violences fondées sur le genre, les restrictions à la liberté d’expression, les disparitions forcées et la surpopulation carcérale.

 

L’ancienne ministre reconnaît que les affrontements armés ont diminué en 2025 et que certains groupes armés ont conclu de nouveaux accords de cessez-le-feu.

 

Elle estime néanmoins que ces évolutions n’ont pas réglé les difficultés sécuritaires du pays. Des violences sporadiques continuent, des civils restent exposés et des populations sont toujours déplacées. Dans certaines zones, l’accès humanitaire demeure également difficile.

 

Marie-Reine Hassen décrit une pauvreté persistante

 

Au-delà des questions institutionnelles et sécuritaires, Marie-Reine Hassen s’attarde sur les conditions de vie de la population.

 

Elle décrit un quotidien marqué par les difficultés d’accès aux services essentiels. Les routes, les écoles et les structures sanitaires figurent parmi les infrastructures qu’elle considère comme particulièrement dégradées.

 

L’ancienne ministre évoque aussi les difficultés d’accès à l’eau et à l’électricité.

 

Pour Marie-Reine Hassen, ces problèmes ont des conséquences directes sur les familles centrafricaines. Elle estime que la pauvreté s’est durablement installée dans une grande partie de la population.

 

Elle cite les données de la Banque mondiale selon lesquelles près de sept Centrafricains sur dix vivent dans l’extrême pauvreté. Elle affirme également que le produit intérieur brut réel par habitant est aujourd’hui inférieur à son niveau des années 1960.

 

Ce constat lui paraît particulièrement préoccupant après 66 années d’indépendance.

 

Marie-Reine Hassen établit ainsi un contraste entre les ressources naturelles dont dispose le pays et le niveau de vie d’une grande partie de sa population.

 

« Voilà le paradoxe centrafricain : un pays riche et un peuple extrêmement pauvre », écrit-elle.

 

Marie-Reine Hassen alerte sur l’accès à l’éducation

 

L’éducation occupe une autre place importante dans la déclaration de Marie-Reine Hassen.

 

L’ancienne ministre cite des données des Nations unies reprises par Human Rights Watch. Selon les chiffres qu’elle avance, environ sept enfants sur dix ne fréquentent pas régulièrement l’école.

 

Elle estime qu’environ 1,2 million d’enfants rencontrent des difficultés d’accès à l’éducation.

 

Pour Marie-Reine Hassen, ces chiffres constituent un indicateur important de la situation sociale du pays. Elle considère que l’avenir de la République centrafricaine dépend notamment de sa capacité à assurer une éducation accessible aux enfants.

 

L’ancienne ministre évoque également le phénomène des enfants vivant dans les rues de Bangui.

 

Elle décrit ces enfants comme privés de protection, d’éducation et de perspectives d’avenir. Pour elle, leur présence dans les rues constitue l’un des signes les plus visibles des difficultés sociales auxquelles sont confrontées certaines familles.

 

Marie-Reine Hassen relie cette situation aux difficultés économiques et sociales qui touchent une partie importante de la population.

 

Marie-Reine Hassen : « La responsabilité est d’abord la nôtre »

 

Dans sa déclaration, Marie-Reine Hassen refuse de faire porter l’ensemble de la responsabilité de la situation centrafricaine aux puissances étrangères.

 

Elle estime que les Centrafricains doivent également regarder les responsabilités internes.

 

Selon elle, la faiblesse de l’État trouve d’abord son origine dans les choix effectués par les dirigeants centrafricains au fil des décennies.

 

L’ancienne ministre cite plusieurs pratiques qu’elle considère comme responsables de l’affaiblissement de la République : autoritarisme, népotisme, clientélisme, cupidité, non-respect du droit et concentration des intérêts autour de réseaux familiaux ou claniques.

 

Elle estime que plusieurs dirigeants successifs ont contribué à cette dégradation et portent chacun une part de responsabilité.

 

Marie-Reine Hassen porte ensuite son analyse sur le pouvoir actuel.

 

Elle estime qu’après plus de dix années à la tête du pays, le président Faustin-Archange Touadéra porte désormais, selon elle, une responsabilité historique dans l’état actuel de la République centrafricaine.

 

L’ancienne ministre relie cette responsabilité à la dégradation des conditions de vie d’une partie de la population.

 

Pour elle, de nombreux Centrafricains consacrent aujourd’hui une grande partie de leurs efforts à satisfaire des besoins fondamentaux : se nourrir, se soigner, envoyer les enfants à l’école et assurer leur survie quotidienne.

 

Elle considère cette réalité comme l’un des principaux éléments à prendre en compte lorsqu’il s’agit d’évaluer le bilan de l’indépendance.

 

Marie-Reine Hassen : « On ne perd pas sa souveraineté en un jour »

 

Dans la dernière partie de sa déclaration, Marie-Reine Hassen décrit la perte de souveraineté comme un processus progressif.

 

Elle estime qu’un État ne renonce pas à son indépendance en une seule décision. La perte de souveraineté intervient, selon elle, progressivement lorsque l’État abandonne certaines de ses responsabilités.

 

Marie-Reine Hassen cite plusieurs situations qu’elle considère comme révélatrices de cette évolution : l’affaiblissement des institutions, la dépendance sécuritaire envers des forces étrangères, la priorité donnée aux intérêts particuliers et la mauvaise utilisation des ressources nationales.

 

Elle estime également que la confusion entre l’État et le pouvoir politique contribue à cette perte de souveraineté.

 

Pour l’ancienne ministre, la souveraineté implique donc une responsabilité permanente de la part de ceux qui exercent le pouvoir.

 

Elle rappelle avoir déjà utilisé, en 2019, l’expression de « naufrage silencieux d’un État absent » pour décrire la situation centrafricaine.

 

Sept ans plus tard, Marie-Reine Hassen considère que ce naufrage n’est plus silencieux.

 

Marie-Reine Hassen : « Que reste-t-il de notre indépendance ? »

 

La question posée par Marie-Reine Hassen prend ainsi une dimension politique et sociale.

 

L’ancienne ministre estime que les célébrations du 13 août ne suffisent pas à mesurer la réalité de l’indépendance centrafricaine.

 

Elle critique une célébration qui, selon elle, se limite trop souvent aux défilés, aux cérémonies, aux discours et aux festivités.

 

Pour Marie-Reine Hassen, l’indépendance doit être évaluée à partir de la capacité du pays à protéger ses citoyens, contrôler son territoire, exploiter ses ressources au bénéfice de la population, assurer l’éducation et la santé, développer ses infrastructures et garantir le fonctionnement des institutions.

 

Elle considère qu’un État peut conserver les symboles de son indépendance tout en perdant une partie de sa capacité à décider librement.

 

Dans sa déclaration du 20 août 2026, Marie-Reine Hassen revient donc à la question qu’elle avait posée en 2019 : « Qu’avons-nous fait de notre indépendance ? »

 

Sept ans après, elle reformule cette interrogation : « Que reste-t-il de notre indépendance ? »

 

Pour Marie-Reine Hassen, la réponse ne peut pas être trouvée dans les seules cérémonies du 13 août. Elle doit être recherchée dans la sécurité du territoire, la situation économique des familles, l’accès à l’éducation et aux soins, le fonctionnement des institutions, la protection des ressources nationales et la capacité de l’État à décider de son propre avenir.

 

Ancienne ministre et présidente de DVR-Afrique, Marie-Reine Hassen conclut son analyse en rappelant que l’indépendance n’est pas seulement une date inscrite dans le calendrier national. À ses yeux, elle représente une souveraineté qui impose des responsabilités aux dirigeants comme aux citoyens. Soixante-six ans après le 13 août 1960, elle invite ainsi les Centrafricains à répondre à une question qu’elle considère désormais centrale : qu’ont-ils fait de leur indépendance ?

 

Par Gisèle MOLOMA

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