Haut-Mbomou : Le préfet refuse les soins médicaux à son sous-préfet après l’avoir agressé physiquement

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Après avoir violemment frappé son sous-préfet, le préfet du Haut-Mbomou Léonard Mbélé refuse de l’autoriser à se rendre à Bangui pour se soigner, créant une vive tension entre les deux hommes à Obo.
L’histoire qui se déroule à Obo devient de plus en plus inquiétante. Plusieurs jours après avoir frappé son sous-préfet à coups de poing, le préfet Léonard Mbélé continue de s’acharner sur son adjoint blessé. Aujourd’hui, il refuse de lui donner l’autorisation nécessaire pour aller se soigner à Bangui.
Les faits remontent au 22 août dernier. Ce jour-là, le préfet avait agressé physiquement son sous-préfet dans les bureaux de la préfecture. Son accusation ? Il soupçonnait son adjoint d’avoir aidé les miliciens Azandés à rédiger une note qui le critiquait. Pour Mbélé, la logique était simple : ces miliciens étant selon lui “illettrés”, seul le sous-préfet avait pu les aider à écrire ce document.
Mais voilà que les conséquences de cette violence se montrent plus graves que prévu. Le sous-préfet a été blessé à la tête et son état nécessite des soins qu’on ne peut pas lui prodiguer à Obo. Les structures médicales locales ne disposent pas des équipements nécessaires pour traiter ce type de blessures.
Le sous-préfet a donc fait ce que tout fonctionnaire ferait dans sa situation : il a déposé une demande d’autorisation pour se rendre à Bangui. Cette démarche respecte la procédure normale qui exige qu’un sous-préfet obtienne l’accord de son supérieur pour tout déplacement officiel vers la capitale.
La demande traîne depuis des jours sur le bureau du préfet. Léonard Mbélé ne veut rien entendre. Il refuse catégoriquement de signer l’autorisation, alors même que c’est lui qui a causé les blessures de son adjoint. Cette attitude place le sous-préfet dans une situation impossible : il ne peut ni reprendre son travail à cause de son état de santé, ni aller se soigner faute d’autorisation.
Le transport était pourtant organisé. Le sous-préfet devait voyager avec un avion de la Minusca, ce qui ne coûtait rien à l’administration. Mais sans l’autorisation du préfet, impossible de partir.
Une semaine après l’agression, Léonard Mbélé a poussé le vice encore plus loin. Il a convoqué son sous-préfet pour lui servir un ultimatum menaçant. Le message était clair : s’il continue de “suivre ses parents” Zandé qui s’opposent à lui, “on verra bien, on va finir mal”.
Ces menaces montre clairement le fond du problème. Pour le préfet, son adjoint n’est pas d’abord un fonctionnaire, mais un Azandé. Et en tant qu’Azandé, il est forcément suspect de complicité avec sa communauté d’origine. Cette vision ethnique du conflit transforme un différend administratif en affrontement communautaire.
L’origine de toute cette histoire ? Une note publiée par les miliciens Azandés du groupe AAKG qui critiquait les agissements du préfet. Ce document dénonçait notamment des propos que Mbélé aurait tenus en se félicitant des destructions commises par les forces Wagner à Zemio. Face à cette critique, le préfet a immédiatement pointé du doigt son sous-préfet.
Son raisonnement repose sur un préjugé révélateur : les miliciens azandés seraient trop “illettrés” pour rédiger seuls un document structuré. Donc, dans sa logique, seul le sous-préfet, cadre éduqué, pouvait être derrière cette note. Cette vision méprisante ignore la réalité : les groupes de miliciens comptent souvent dans leurs rangs des personnes instruites capables de rédiger des documents.
Aujourd’hui, la situation devient difficile. Un fonctionnaire blessé par son supérieur se voit refuser l’accès aux soins par ce même supérieur. Cette obstination dépasse l’entendement et transforme un conflit administratif en acharnement personnel.
Le sous-préfet, lui, maintient sa dignité. Malgré l’agression subie et les menaces reçues, il continue de respecter les procédures et n’a jamais répondu à la violence par la violence. Cette retenue contraste avec le comportement de son supérieur.
Pendant ce temps, l’administration de la préfecture d’Obo tourne au ralenti. Avec un sous-préfet hors d’état de travailler et un préfet obsédé par ses conflits personnels, les services publics peinent à fonctionner. Les populations du Haut-Mbomou, déjà éprouvées par les tensions sécuritaires, subissent les conséquences de cette guerre des ego.
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Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)