Pampali à Touadéra : débarrassez-vous de votre entourage qui freine le pays, ou votre mandat sera perdu d’avance

0
1

Pampali à Touadéra : débarrassez-vous de votre entourage qui freine le pays, ou votre mandat sera perdu d’avance

Pampali à Touadéra : débarrassez-vous de votre entourage qui freine le pays, ou votre mandat sera perdu d’avance
L’ancien ministre laurent Gomina Pampali

 

 

Rédigé le 22 juillet 2026 .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

 C’est un conseil que peu osent formuler publiquement. Laurent Gomina Pampali, ancien ministre, ex-député et ancien professeur de philosophie à l’université de Bangui, l’a dit sans passer par le dos de la cuillère dans un entretien accordé à la radio Guira FM : le président Faustin-Archange Touadéra doit se séparer, et vite, de ceux qui l’entourent pour se servir plutôt que pour servir. « Il doit se débarrasser de ceux qui veulent lui faire du surplace, honnêtement », tranche l’ancien ministre.

 

Pas de formule diplomatique qui tente d’embellir les choses. Pas de précaution oratoire. Une prescription directe, de quelqu’un qui connaît les rouages du pouvoir centrafricain de l’intérieur.

 

Ce que Pampali décrit, c’est un mécanisme que l’histoire politique africaine a produit dans presque tous ses États : l’entourage immédiat du chef devient progressivement son principal obstacle. Des hommes et des femmes qui ont obtenu leur place non pas par compétence, mais par allégeance. Qui maintiennent cette place non pas en servant le pays, mais en contrôlant l’accès au président. Qui filtrent les informations, écartent les voix discordantes, et construisent autour du chef une réalité fabriquée où tout va bien pendant que le pays s’enfonce.

 

Pampali l’a observé sur près de quarante ans de carrière politique. Un dirigeant peut arriver avec les meilleures intentions du monde. Si son entourage est mauvais, ces intentions ne franchiront jamais la porte du palais. Les courtisans, dit-il, « veulent se tailler une place à la table du pouvoir » et pour y parvenir, ils n’hésitent pas à discréditer ceux qui pourraient concurrencer leur influence. Le résultat : le président se retrouve isolé dans sa propre présidence, gouvernant une fiction pendant que la réalité du pays lui échappe.

 

L’avertissement de Pampali prend une acuité particulière au moment où Touadéra entame illégalement un nouveau septennat avec des promesses ambitieuses. Lutte contre la corruption, fin de l’impunité, mérite comme critère de promotion, ouverture vers l’opposition,  autant d’engagements qui exigent, pour se concrétiser, que les hommes chargés de les mettre en œuvre y croient réellement. Or si ces hommes sont précisément ceux qui ont prospéré sous le système que le président dit vouloir réformer, la réforme ne viendra pas. Elle sera sabotée de l’intérieur, lentement, méthodiquement, sans que personne n’en porte jamais la responsabilité.

 

L’ancien professeur de philosophie cite Aristote, qui définissait l’État comme l’assemblage des égaux. Mais il ajoute une vérité plus prosaïque, tirée de l’expérience : malheur à l’homme seul. Touadéra ne peut pas gouverner sans entourage. La question n’est donc pas de choisir entre la solitude et les courtisans. Elle est de choisir les bons collaborateurs — ceux dont la loyauté va au pays avant d’aller à leur propre carrière. Et pour Pampali, tant que ce tri n’aura pas été fait, toutes les promesses du 30 mars resteront suspendues dans l’air du discours, sans jamais toucher le sol de la réalité centrafricaine.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Alain Nzilo

Rejoignez notre communauté

Chaine officielle du CNC

Invitation à suivre la chaine du CNC

CNC Groupe 3

CNC groupe 4

CNC groupe le Soleil

Note : les deux premiers groupes sont réservés  uniquement aux publications officielles du CNC