Crise soudanaise : Le BRDC pointe la responsabilité de Touadéra dans l’escalade
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
En plaçant l’ingérence militaire au cœur de ses priorités, l’opposition démocratique lève le voile sur les dérives diplomatiques de Bangui qui menacent directement l’intégrité territoriale et l’avenir du peuple centrafricain.
L’opposition démocratique, réunie sous la bannière du BRDC, tire la sonnette d’alarme quant aux choix géopolitiques opérés au plus haut sommet de l’État centrafricain. La politique étrangère menée par Bangui suscite désormais de vives inquiétudes au sein de la classe politique nationale. Le BRDC met en lumière un basculement dangereux dans les relations régionales, directement lié aux décisions du président Faustin Archange Touadéra. Selon les analyses du BRDC, l’implication de l’exécutif dans des conflits limitrophes fragilise la position de neutralité historique de la Centrafrique et fait peser de lourdes menaces sur la stabilité du territoire. Les responsables de l’opposition soulignent que cette orientation diplomatique imprudente aggrave l’isolement du pouvoir en place, alors même que les institutions nationales se trouvent déjà affaiblies par une crise de légitimité interne consécutive au dernier scrutin présidentiel.
Le BRDC dénonce de manière précise le soutien direct apporté par Faustin Archange Touadéra aux rebelles du FSD soudanais, une faction engagée dans des affrontements armés majeurs. Cette alliance stratégique s’est faite au détriment du général Al Burhan, que le chef de l’État centrafricain avait pourtant soutenu dans un premier temps. Pour le BRDC, ce revirement et cette ingérence ouverte transforment la Centrafrique en un actor indirect d’une guerre où des exactions à grande échelle, des crimes contre l’humanité et des actes de génocide sont formellement documentés par des observateurs internationaux. Le BRDC insiste sur le fait que cette diplomatie de l’ombre expose directement la République Centrafricaine à des mesures de repriselles militaires immédiates de la part des forces régulières soudanaises, mais aussi à des poursuites judiciaires devant les instances internationales pour complicité de crimes de guerre.
Sur le plan interne, le BRDC établit un lien de cause à effet entre ces tensions diplomatiques et la dégradation de la sécurité nationale. Le climat de panique est entretenu quotidiennement par les vols incessants d’hélicoptères militaires dans le ciel de la capitale, prouvant, selon le BRDC, que la sérénité a déserté le clan présidentiel. Aux portes de Bangui, notamment dans le secteur stratégique de Boali, le BRDC rapporte une multiplication d’hommes armés et des cas répétés d’enlèvements de civils suivis de demandes de rançons. Cette vulnérabilité militaire coïncide avec un gouffre budgétaire, le BRDC révélant que les caisses publiques sont ponctionnées à hauteur de dix milliards de francs CFA par mois pour financer les prestations de la société paramilitaire étrangère Africa Corps, anciennement Wagner. Malgré ces dépenses exorbitantes, le Premier Ministre Félix Moloua et son gouvernement se montrent incapables de sécuriser les axes routiers vitaux, préférant gonfler la masse salariale de vingt pour cent pour s’assurer des loyautés politiques à Bangui.
Face à l’autisme du régime et à son refus catégorique d’engager de véritables discussions avec les forces vives de la nation, le BRDC interpelle directement les chancelleries occidentales et les bailleurs de fonds. L’opposition exige des partenaires internationaux qu’ils abandonnent les simples notes de recommandation pour imposer des conditions contraignantes à Touadéra et Moloua. Le BRDC rappelle que les discussions avec le Fonds Monétaire International restent totalement bloquées en raison des malversations entourant les taxes pétrolières, passées de deux milliards et demi à neuf cents millions de francs CFA par mois. Cette faillite globale pousse le BRDC à appeler à une réinvention totale des méthodes de contestation politique. Refusant de capituler devant le verrouillage des institutions et le déploiement de cellules du parti au pouvoir dans les ministères, le BRDC réaffirme sa volonté d’organiser la résistance par tous les recours légaux disponibles, rappelant que seule la lutte libère.
Par Éric Azoumi
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