Quand l’empereur dictateur Faustin Touadéra recycle ses éternelles promesses devant ses nouveaux ministres courtisans

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Quand l’empereur dictateur Faustin Touadéra recycle ses éternelles promesses devant ses nouveaux courtisans

 

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Pour la toute première réunion de son équipe gouvernementale, Faustin Touadéra a repris les mêmes formules usées depuis dix ans, imposant sa vision autoritaire à des ministres réduits au rang de simples exécutants.

 

Le Palais de la Renaissance a servi de décor à une allocution dont les Centrafricains connaissent chaque ligne par cœur. Depuis son accession au pouvoir en 2016, le chef du régime de Bangui réitère inlassablement les mêmes engagements sans que la réalité quotidienne de la population ne connaisse la moindre amélioration. Cette fois, l’exercice consistait à donner une légitimité à ce qu’il qualifie de septième république, issue d’un changement constitutionnel taillé sur mesure pour pérenniser son pouvoir. Devant un auditoire composé de fidèles, de nouveaux entrants et de représentants de groupes politico-militaires, l’empereur dictateur a dicté ses conditions avec un ton martial, exigeant une soumission totale à sa feuille de route.

 

L’allocution s’est articulée autour de cinq principes présentés comme non négociables, allant de l’obligation de résultats à la discipline de la communication publique. Faustin Touadéra a insisté sur la fin de l’inertie et du népotisme au sein de l’administration, un discours particulièrement ironique pour les observateurs qui constatent chaque jour la mainmise du clan présidentiel sur les institutions clés du pays. Le dictateur a menacé de remplacer immédiatement tout ministre qui ne tiendrait pas le rythme, tentant ainsi de rejeter par avance la responsabilité des futurs échecs sur ses collaborateurs. Les promesses de modernisation, de numérisation et de transfert de compétences ont été énoncées sans qu’aucun moyen financier concret ne soit adossé à ces chantiers d’envergure.

 

Le volet sécuritaire et économique a repris les grands axes de la propagande officielle, évoquant la sécurisation du territoire dans un contexte où le départ de la force internationale laisse le pays démuni. Faustin Touadéra a parlé de transformer les ressources naturelles en richesses locales pour la jeunesse, oubliant de mentionner la présence de partenaires étrangers qui exploitent ces mêmes richesses pour le bénéfice exclusif du premier cercle du pouvoir. La justice a également été évoquée comme le pilier de cette nouvelle ère, alors que les décisions judiciaires restent inféodées aux choix politiques du régime.

 

Un point saillant de cette intervention concerne le verrouillage de la parole publique. L’empereur dictateur a formellement interdit à ses ministres d’utiliser leurs comptes personnels sur les réseaux sociaux pour faire leur propre promotion, centralisant toute la communication de l’État entre les mains d’un seul ministère. Cette décision vise à contrôler le message gouvernemental et à empêcher toute dissension ou initiative personnelle qui pourrait nuire à l’image d’unité que le pouvoir souhaite projeter à l’international. Les membres du gouvernement ont été rappelés à l’ordre concernant le secret des délibérations, une consigne qui montre la volonté de dissimuler les rivalités internes évidentes au sein de cette coalition hétéroclite.

 

L’obligation de ponctualité et d’assiduité, présentée comme une exigence absolue, s’apparente à une tentative de caporalisation d’une équipe qui doit avant tout faire preuve d’allégeance. Le Premier ministre a reçu l’ordre d’appliquer strictement le règlement intérieur, transformant les réunions de cabinet en séances de notation sous la surveillance directe de la présidence. Alors que la population attend des réponses urgentes face à la cherté de la vie et à l’absence criante d’eau potable et d’électricité, le régime choisit de se focaliser sur des questions de discipline interne et de protocole. Le programme de politique générale qui sera présenté à l’Assemblée nationale ne devrait être qu’une redite de ces orientations purement formelles, confirmant l’incapacité du pouvoir à renouveler ses idées.

 

 

Par Alain Nzilo

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