Quand le Conseil de sécurité transforme la RCA en champ de bataille géopolitique

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Quand le Conseil de sécurité transforme la RCA en champ de bataille géopolitique

 

 

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Par : la rédaction de ,  

Entre les casques bleus convertis en agence de travaux publics pour le gouvernement centrafricain et les mercenaires russes qui gèrent le pouvoir pour piller le pays, la Centrafrique est prise au piège d’une guerre froide qui ne dit pas son nom.

 

Le bal des diplomates et le déni de la réalité

En effet, les réunions du Conseil de sécurité sur la République centrafricaine ressemblent à des représentations déconnectées du monde réel. Les diplomates occidentaux se succèdent à la tribune pour chanter les louanges de la MINUSCA, une mission onusienne qu’ils tentent désespérément de légitimer. Pour les États-Unis et la France, la force onusienne demeure l’instrument indispensable pour stabiliser la République centrafricaine. Pourtant, sur place, les populations constatent une mutation profonde de cette force. La MINUSCA a délaissé son mandat de sécurité active pour endosser le costume de bailleur de fonds humanitaire et de constructeur d’infrastructures. Les casques bleus réparent des ponts et tracent des routes, abandonnant la protection des citoyens aux forces mercenaires.

 

La guerre d’influence des blocs de puissance

Pendant que le bloc occidental s’accroche au multilatéralisme de l’ONU pour maintenir son influence, les puissances non occidentales jouent une carte totalement différente. La Fédération de Russie et la Chine misent ouvertement sur le renforcement direct de l’État centrafricain, mais cette stratégie cache une réalité bien plus sombre. Sous couvert de surveillance des frontières et de lutte contre les menaces venant du Soudan, Moscou fait main basse sur les structures décisionnelles. Les mercenaires du groupe Wagner, agissant en prédateurs économiques extrêmes, contrôlent désormais les rouages du pouvoir à Bangui. Ce groupe de pilleurs utilise la structure étatique comme une couverture légale pour faire main basse sur les ressources minières et financières du pays, transformant la souveraineté centrafricaine en un lointain souvenir.

 

Une sortie de crise impossible pour Bangui

Cette division stérile au sein de la communauté internationale bloque toute perspective de paix authentique. Les représentants africains de leur côté tentent de saluer les efforts de réconciliation et le désarmement des anciens combattants, mais leurs voix sont étouffées par le grand jeu des superpuissances. Chaque camp tire la couverture à soi, abandonnant le destin des Centrafricains aux mains de mercenaires voraces et de diplomates indifférents. La Chine conserve une posture de neutralité calculée, observant les États-Unis et la Russie se disputer les richesses du pays.

 

Les rapports onusiens s’accumulent, remplis de belles promesses sur l’aide institutionnelle, tandis que le pouvoir réel reste confisqué par des intérêts privés étrangers et que la dépendance de Bangui envers ces prédateurs s’accentue chaque jour.

 

Par Éric Azoumi

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