Crédit Mutuel de Centrafrique : Les révélations chocs de l’administrateur provisoire, Jacob Mbaïtadim sur la « culture du pillage »

Rédigé le 06 mai 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Le climat est électrique au sein des Caisses Mutuelles de Centrafrique (CMCA). Alors qu’une partie du personnel manifeste pour réclamer son départ, l’administrateur provisoire, Jacob Mbaïtadjim, brise le silence.
Dans un entretien à la radio Ndékè-luka, monsieur Jacob Mbaïtadjimdécrit une institution qui a frôlé la liquidation et dénonce un système de corruption généralisé au sein de l’ancienne direction du CMCA. Une institution au bord de chute À son arrivée l’année dernière.
Le constat de Jacob Mbaïtadjim est sans appel : la situation est « catastrophique ». L’institution était à deux doigts de mettre la clé sous la porte, incapable de restituer l’épargne à ses sociétaires. Mandaté en urgence par la Commission bancaire avec l’appui du gouvernement, l’administrateur n’avait qu’un mois pour décider du sort de la CMCA : la restructuration ou la liquidation pure et simple.
La fin de la « culture du servir-soi »
Le cœur du problème, selon l’administrateur Mbaïtadjim, ne réside pas dans un manque de ressources, mais dans une culture managériale dévoyée. « J’ai hérité d’une culture où l’argent des épargnes déposées était la propriété des dirigeants sociaux », martèle-t-il.
Jacob Mbaïtadjim pointe du doigt une organisation où la compétence était absente au profit d’un système où « chacun se sert comme il veut ». Cette « ancienne culture » aurait permis la dilapidation des fonds par le biais de :
Faux crédits : Des emprunts accordés sans garanties, souvent avec la complicité interne.
Obstruction au recouvrement : Des agents qui, envoyés sur le terrain pour récupérer les dettes, protégeaient les débiteurs en prétendant leur décès ou en les incitant à fermer boutique.
Malversations internes : Plusieurs cadres et agents font l’objet de procédures judiciaires pour vol, certains étant déjà incarcérés dans les centres de détention de Ngaragba et de Bimbo.
La résistance au changement
Pour l’administrateur, la manifestation actuelle d’une partie du personnel, placé en chômage technique pour trois mois, n’est rien d’autre qu’une réaction de défense de ceux qui profitaient du désordre. En engageant un plan de restructuration validé par la COBAC (Commission Bancaire de l’Afrique Centrale) et en recrutant de nouveaux cadres compétents, il affirme avoir coupé les circuits de la corruption.
« Quand tu fais des réformes et que les gens t’applaudissent, c’est que tu n’es pas dans le bon chemin », affirme-t-il pour justifier la contestation dont il fait l’objet.
Un vent de modernisation
Malgré les tensions, Jacob Mbaïtadjim se veut rassurant. Il assure que les dépôts augmentent et que la gouvernance s’est modernisée. Un cabinet international a d’ailleurs été sollicité pour réaliser un audit complet de la gestion entre 2021 et 2025 afin de faire toute la lumière sur les comptes de l’institution.
L’enjeu est de taille : avec 32 000 épargnants centrafricains, la chute de la CMCA provoquerait une onde de choc majeure sur l’ensemble du système financier et de l’économie du pays. Pour l’heure, l’administrateur reste ferme : sa mission est de sauver la maison, envers et contre ceux qu’il appelle les « pilleurs du passé ».
Par Anselme Mbata
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