Baccalauréat par arrêté ministériel : Me MBOE Dédé-Vianney démonte une fraude d’État qui porte la signature du Conseil des ministres

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Baccalauréat par arrêté ministériel : Me MBOE Dédé-Vianney démonte une fraude d’État qui porte la signature du Conseil des ministres

Baccalauréat par arrêté ministériel : Me MBOE Dédé-Vianney démonte une fraude d’État qui porte la signature du Conseil des ministres
Le ministre centrafricain de l’éducation nationale, Aurélien Simplice Zingas

 

 

Rédigé le 06 mai 2026 .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

 Le ministre d’État en charge de l’Éducation nationale a signé plusieurs arrêtés proclamant l’admission de candidats au baccalauréat des sessions 2003 et 2013. Son explication : les procès-verbaux de délibération auraient été détruits lors d’actes de vandalisme dans les archives du ministère. Vingt-trois ans après pour les uns, treize ans après pour les autres. Et c’est maintenant, en 2026, que le gouvernement s’en aperçoit.

 

Me MBOE Dédé-Vianney, docteur en droit et ancien Coordonnateur-Chef du Conseil Permanent chargé de la Réforme de l’Administration Centrafricaine, ne s’embarrasse pas de précautions oratoires : ce que le gouvernement a fait est illégal, et il le démontre point par point dans la revue Le Reflet.

 

Un diplôme ne se décrète pas

 

Me MBOE Dédé-Vianney part d’un principe que tout juriste connaît : le baccalauréat est un titre académique attribué exclusivement par un jury souverain. Pas par un ministre. Pas par un arrêté. Jamais. Sans délibération de jury, il n’y a pas d’admission. Sans procès-verbal, il n’y a pas de preuve juridique. Sans preuve juridique, il n’y a pas de diplôme. La logique est implacable, le droit est clair, et le gouvernement l’a brisé délibérément.

 

Ce que Me MBOE Dédé-Vianney souligne avec une précision chirurgicale, c’est que la faute ne se limite pas au ministre signataire. Le Conseil des ministres lui-même a autorisé la manœuvre. Ce sont donc tous les membres du gouvernement qui portent la responsabilité politique de cette dérive. Mettre en cause le seul ministre de l’Éducation nationale serait, selon Me MBOE Dédé-Vianney, «trop simple, voire simpliste». La décision a été discutée, validée et couverte par la plus haute instance exécutive du pays.

 

Une manœuvre politique déguisée en réparation administrative

 

Me MBOE Dédé-Vianney ne dit pas seulement que c’est illégal. Il dit aussi pourquoi ça a été fait. Les bénéficiaires de ces arrêtés seraient, selon son analyse, des soutiens et adeptes du Mouvement des Cœurs Unis, le parti au pouvoir. Des diplômes-récompenses, distribués par voie réglementaire en échange de services électoraux rendus. Un système éducatif transformé en distributeur de faveurs politiques.

 

Cette lecture, Me MBOE Dédé-Vianney l’étaye avec méthode. Il rappelle que des solutions légales existaient : organiser une session exceptionnelle de rattrapage, comme le gouvernement de salut public l’avait fait en 1979-1980 ; concevoir des épreuves spécifiques d’évaluation ; ou reconstituer les résultats devant un jury ad hoc. Toutes ces voies respectent le principe fondamental que le gouvernement a choisi d’ignorer : seul un jury d’examen peut proclamer une admission au baccalauréat.

 

Des arrêtés voués à l’annulation

 

Sur le plan juridique, Me MBOE Dédé-Vianney est catégorique : les arrêtés des deux ministres de l’Éducation nationale sont sans effet de droit. Ils sont entachés d’une absence totale de base légale. Un procès-verbal de jury n’est pas un acte administratif révocable — contrairement à un arrêté ministériel, qui lui peut être retiré ou annulé. En remplaçant l’un par l’autre, le gouvernement n’a pas résolu un problème juridique. Il en a créé un autre, plus grave.

 

Les conséquences pour les candidats concernés sont réelles. Leurs diplômes seront difficilement opposables à l’étranger, vulnérables devant un juge, potentiellement rejetés par les institutions universitaires africaines et internationales. En voulant les récompenser, le gouvernement les a fragilisés.

 

Le gouvernement centrafricain face à son propre effondrement institutionnel

 

Ce que Me MBOE Dédé-Vianney pointe derrière cette affaire de baccalauréat, c’est quelque chose de bien plus large. Révocation de juges inamovibles, référendum anticonstitutionnel, éligibilité illégale à la présidentielle : le gouvernement accumule les violations des règles les plus élémentaires de l’État de droit. L’attribution de diplômes par arrêtés n’est qu’un épisode de plus dans cette longue séquence de désinvolture juridique.

 

Me MBOE Dédé-Vianney conclut avec une exigence simple : les arrêtés doivent être retirés. Un jury doit être constitué. Une procédure régulière doit être engagée. Et si le gouvernement centrafricain veut restaurer sa crédibilité, il doit cesser de confondre pouvoir politique et compétence juridique.

 

Par Gisèle MOLOMA

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