Centrafrique : Quand les bras cassés de la septième république livrent Berberati au chaos des carburants

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Centrafrique : Quand les bras cassés de la septième république livrent Berberati au chaos des carburants

 

 

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Par : la rédaction de ,  

Après la viande et les vivres, les pompes sont à sec. Le gouvernement abandonne la population centrafricaine à la loi de la débrouille face à une pénurie totale de carburant.

 

À Berberati, deuxième ville de la République Centrafricaine, les stations-service affichent un vide total. Les cuves sont désespérément sèches et l’activité économique officielle se trouve à l’arrêt complet. Face à cette paralysie, les autorités nationales brillent par leur absence de planification et leur immobilisme. Le pouvoir central se terre dans un silence complet, laissant la crise pourrir d’elle-même et se décharger entièrement sur les épaules des citoyens. C’est l’illustration d’une faillite de l’État qui ne prend jamais les devants et refuse d’anticiper les secousses économiques.

 

Les habitants de la localité se débattent au quotidien pour s’approvisionner, obligés de se tourner vers les vendeurs du secteur informel. Le circuit régulier d’approvisionnement a complètement flanché, étouffé par l’explosion des coûts de transport. Sur le terrain, la réalité des chiffres donne le vertige et montre la vitesse à laquelle la situation échappe à tout contrôle.

 

Charlene Doumbari, revendeuse locale, témoigne des conditions intenables que subissent les grossistes. Le prix d’achat chez les fournisseurs a bondi, ce qui se répercute directement sur le consommateur final. Le fût de carburant, qui s’échangeait auparavant dans une fourchette allant de 115 000 à 180 000 francs CFA, a subi une hausse vertigineuse pour atteindre aujourd’hui la somme de 290 000 francs CFA. Cette flambée asphyxie les foyers et les petits transporteurs, livrés à une liberté totale des prix où le plus fort impose sa loi.

 

Pendant que la population trinque, les cadres locaux tentent de lier cette situation à des dynamiques globales pour dédouaner l’inaction publique. Serge Mesméfeigoudezoui, directeur régional de l’hydraulique, explique que la source du problème provient d’une crise géopolitique majeure entre les États-Unis et l’Iran. Selon ses déclarations, ce conflit bloque les tankers qui devaient acheminer le produit pour les compagnies pétrolières et approvisionner le marché mondial. Seize États dépendants de ces cargaisons subissent le contrecoup direct de ce blocage, ce qui expliquerait la rupture actuelle sur les produits pétroliers à Berberati.

 

Pourtant, cette explication internationale ne masque pas le manque absolu de stocks stratégiques et l’absence totale de mesures de secours de la part des ministères concernés. En Centrafrique, dès qu’une perturbation survient, les prix fluctuent au gré du désordre sans la moindre régulation. Les ministres restent tranquilles dans leurs bureaux à Bangui pendant que le secteur informel devient le seul et unique poumon de la ville. L’approvisionnement de Berberati repose désormais sur des circuits parallèles précaires, instables, et personne au sommet de l’État ne semble vouloir assumer ses responsabilités directes pour redresser la barre.

 

Par Patrice Ngala

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