Centrafrique : suivez le délire du ministre de la justice Arnaud Djoubaye Abazène sur la situation d’Am-Dafock et Zémio

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Centrafrique : suivez le délire du ministre de la justice Arnaud Djoubaye Abazène sur la situation d’Am-Dafock et Zémio

 

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Par : la rédaction de ,  

En convoquant d’urgence l’armada des procureurs et juges d’instruction après les violences d’Am-Dafock Fouk et Zémio, le ministre d’État à la Justice, Arnaud Djoubaye Abazène, rejoue une pièce de théâtre bien connue des Centrafricains. Promettre que « la réponse du droit va s’abattre » sur des groupes armés hors de portée relève de la pure mise en scène pour consommer du temps d’antenne sur les ondes de Radio Centrafrique.

 

Le Garde des Sceaux affecte la fermeté en ordonnant l’ouverture immédiate de dossiers pénaux pour terrorisme. Pourtant, cette agitation de prétoire intervient dans un pays où l’institution judiciaire est ouvertement bafouée par l’exécutif lui-même, et où les condamnations à perpétuité ne servent que de monnaie d’échange politique.

 

Des condamnations fictives et des tapis rouges pour les criminels

Ce recours incantatoire à la justice ne trompe plus personne. Depuis des années, le régime de Faustin-Archange Touadéra empile les condamnations par contumance contre les chefs rebelles sans jamais en exécuter une seule. Des chefs de guerre comme Ali Darassa ou Bi Sidi Souleymane (Abbas Sidiki) ont été condamnés à de lourdes peines par cette même justice, avant d’être reçus en grande pompe, gaillardement, sur un tapis rouge au Palais de la Renaissance pour signer des accords de façade.

 

Ces criminels de sang ont défilé devant les caméras de Bangui, blanchis par le pouvoir, avant de repartir tranquillement sur le terrain poursuivre leurs exactions. Rappeler le rôle du droit dans ce contexte est une insulte à la mémoire des victimes et démontre le caractère farfelu des déclarations ministérielles.

 

Le silence complice face aux décapitations commises par Wagner

L’hypocrisie de cette prétendue rigueur de la loi éclate au grand jour lorsque l’on observe la nature des violences commises à Zémio et à l’intérieur du pays. Le ministre de la Justice feint d’attribuer l’insécurité aux seuls mercenaires venus de l’étranger, taisant le fait que les pires exactions actuelles sont documentées et signées par les alliés russes du groupe Wagner.

 

À Zémio, ce sont les hommes de Wagner qui ont délibérément ouvert le feu sur un soldat des forces armées centrafricaines (FACA), provoquant de violents affrontements, et ce sont eux qui sont pointés du doigt dans l’assassinat de l’abbé catholique de la région. Plus récemment encore, dans la Mambéré-Kadéï, les mercenaires de Wagner ont publiquement affiché sur internet les clichés de plus de dix personnes qu’ils venaient d’égorger, paradant fièrement avec les têtes de leurs victimes sans qu’aucun procureur n’ose ouvrir la bouche.

 

Une justice forte avec les faibles, couchée devant Wagner

L’appareil judiciaire de la 7e République fonctionne à double vitesse, traitant les Centrafricains comme des idiots amnésiques. Les procureurs se montrent d’une réactivité féroce lorsqu’il s’agit de traquer un citoyen sur Facebook, d’emprisonner un opposant politique ou de censurer une opinion sur WhatsApp au nom de la « désobéissance ».

 

En revanche, face aux massacres de masse, aux décapitations de civils et au pillage des ressources orchestrés par Wagner, la magistrature centrafricaine s’écrase totalement. Cette complicité passive fait des hauts dignitaires de la justice les complices directs de ces disciples de la mort, prouvant que les lois de Bangui ne servent qu’à protéger les bourreaux du régime et à persécuter la population.

 

Par Éric Azoumi

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