Centrafrique : Dans quelles mesures les événements tragiques de Boali illustrent-ils la violence communautaire comme mode de gouvernance ? Une analyse détaillée de Bernard SELEMBY DOUDOU

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Centrafrique : Dans quelles mesures les événements tragiques de Boali illustrent-ils la violence communautaire comme mode de gouvernance ? Une analyse détaillée de Bernard SELEMBY DOUDOU

 

Centrafrique : Dans quelles mesures les événements tragiques de Boali illustrent-ils la violence communautaire comme mode de gouvernance ? Une analyse détaillée de Bernard SELEMBY DOUDOU

 

 

 

Rédigé le 18 juillet 2026 .

Par : la rédaction de Corbeau News CentrafriqueCNC  

 La psychose des événements dramatiques de 2013 qui consacre l'avènement de la nébuleuse "Séléka" comparée aux récents affrontements de Boali rappellent de mauvais et ténébreux souvenirs aux centrafricains.

 

Au delà du slogan de propagande "plus jamais ça", la gouvernance monarchique du pouvoir de Bangui caractérisée par la caporalisation communautaire et confessionnelle créée et favorise les conditions nécessaires à une nouvelle réalisation de ce épisode sombre de notre histoire.

 

Il apparaît important de souligner que cette violence communautaire n'est pas exclusivement la résultante de la caporalisation communautaire et confessionnelle mais tend à devenir un mode par excellence de gouvernance car le Président de la République qui est sensé être le père de la nation accorde plus d'importance et collabore étroitement sur le plan politique, socio-économique avec l'organe représentatif de la communauté musulmane que d'autres confessions religieuses.

 

Le monarque de Bangui détourne ainsi allègrement au profit de ses sales besognes ce conseil islamique de la Centrafrique qui a vocation à remplir les missions primaires qui se résument à la défense des intérêts de la communauté, la promotion de la paix et des valeurs de l'islam etc…

 

En instrumentalisant et en politisant les identités communautaires ou des appartenances religieuses, en conséquence, il a suffit que d'un fait divers isolé pour qu'une quelconque communauté soit prise pour cible et massacrée.

 

Cette situation née de la faiblesse de l'État fragmente le monopole de la violence légitime et par voie de conséquence chaque communauté, chaque confession religieuse ou chaque ethnie pense détenir une portion de la violence légitime et cela s'avère extrêmement dangereux pour la cohésion sociale, la concorde et surtout pour le devenir de notre nation qui se proclame laïque.

 

Embrouillé et perturbé par les tensions inter-communautaires, le citoyen lambda s'interroge :

 

1- Dans quelles mesures les affrontements de Boali illustrent-ils les violences communautaires comme mode de gouvernance ?

 

2- En d'autres termes, comment la violence communautaire s'impose t-elle comme un mode de régulation politique et sociale ?

 

3- Au regard des événements de 2013, la violence communautaire de Boali a t-elle encore le droit de cité dans notre société ?

 

4- S'agit-il d'une manipulation mécaniquement organisée par le pouvoir de Bangui ?

 

5- Le pouvoir de Bangui excite t-il la fibre communautaire ou confessionnelle pour détourner la dynamique collective qui réclame son départ du fauteuil présidentiel ?

 

En tout état de cause, d'Am-Dafock à Boali et peut être ailleurs dans les jours à venir, les signes avant-coureurs de déclin s'accumulent au point de devenir préoccupants car le pays s'embrase et agonise progressivement et résolument.

 

La solution idoine à cette crise ne réside que dans une éventuelle transition politique consensuelle sans l'actuel Président de la République.

 

Ce nouveau contrat social a besoin d'écrire une nouvelle page de l'histoire avec de nouveaux acteurs politiques et avec un nouveau projet de société qui répondra aux aspirations du peuple souverain.

 

C'est bien évidemment ce qu'a proposé le Rassemblement Unitaire dans le cadre des consultations citoyennes sans exclusive pour une renaissance centrafricaine que je vous invite au passage à y adhérer massivement.

 

En outre, nous adressons un message de réconfort républicain et patriotique à la sous préfète et les autres en captivité voire sacrifiés par le pouvoir de Bangui entre les mains des résistants "Azandés" qui sont eux aussi des centrafricains dont le seul péché est de réclamer sa portion de droit dans la République.

 

Nous vous rappelons qu'on ne gère pas un peuple sans pour autant lui rendre des comptes et sans lui expliquer comment on entend gère…alors donnez des explications crédibles au peuple non seulement sur le phénomène des Wagners noirs qui n'ont aucun statut juridique dans la hiérarchie du haut commandement militaire qui torturent et massacrent une frange de population civile sans défense mais aussi de s'expliquer sur la non participation du Président de la République qui n'est ni représenté au forum africain de l'eau de N'djamena au Tchad nonobstant une invitation officielle et formelle du pouvoir tchadien sans oublier l'alerte de la banque mondiale sur nos finances publiques qui ne dépendent que de la faveur de la communauté internationale.

 

Il faut savoir que ce peuple hospitalier et souverain plongé artificiellement dans un profond sommeil onirique finira par se réveiller et se dressera bientôt comme un seul homme contre ce rêve funeste et illégal de troisième mandat.

 

Cependant les paisibles habitants de Limassa et par extension sur l'échelle de la République vous alertent que le chronomètre de fin de cycle est déclenché et que la fin de fin de règne, de l'effondrement d'un régime construit sur de mensonges, des manipulations, de la pure démagogie est imminente.

 

Monsieur le président, n'attendez pas que les bruits de botte, la cyrene des morts, la huée populaire et la clameur de la rue vous poursuivent pour se rendre à l'évidence que le moment de libérer le fauteuil présidentiel est enfin arrivé.

 

En outre, tout en oubliant le dialogue politique réclamé en vain, il apparaît judicieux et dès maintenant de démissionner avec honneur au risque d'être contraint par la force Monsieur le Président pour ouvrir la voie à une transition politique consensuelle afin de donner une ultime chance à la nation de se reconstruire non sur des cadavres ou des cendres du passé mais sur de nouvelles bases saines.

 

Mais attention, ne le dites à personne…

 

Si on vous demande même avec insistance ou acharnement, ne dites surtout pas que c'est moi depuis le royaume de Limassa.

 

Limassa le 18 Juillet 2026.

 

Bernard SELEMBY DOUDOU.

 

Juriste, Environnementaliste.

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