Centrafrique : après les églises évangéliques, Touadéra chez les catholiques avant la mosquée ?

Rédigé le [date_cnc] .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Le vendredi 31 juillet 2026 à Bangui, l’Empereur Faustin-Archange Touadéra a assisté à une messe catholique au Camp Kassaï en faveur des Forces de Défense et de Sécurité.
Une tournée religieuse qui ne trompe plus personne
Depuis plusieurs semaines, Faustin-Archange Touadéra multiplie les apparitions dans les lieux de culte de la capitale. Il a d’abord sillonné les églises évangéliques pour lire les yeux ouvertes, des prières écrites par des pasteurs sur papier glacé à l’appui. Cette stratégie vise à projeter une image de piété face à une opinion publique lassée par dix ans de gouvernance contestée. Vendredi 31 juillet 2026, l’Empereur a franchi une étape supplémentaire en se rendant chez les catholiques.
À lire aussi : Game show ou table classique : quel format de casino live choisir ?
Camp Kassaï : messe, FACA et mercenaires Wagner sous la même bénédiction
C’est à la Grotte Notre-Dame des Armées, au cœur du Camp Kassaï, que l’Empereur chef de l’État s’est présenté ce vendredi. Plusieurs hauts responsables l’accompagnaient pour cette messe d’action de grâce en faveur des Forces de Défense et de Sécurité :
À lire aussi : Bavure policière à Grimari : un jeune homme meurt en garde à vue, le commissaire livre un agent à la gendarmerie pour se protéger
Simplice Mathieu Sarandji, président de l’Assemblée nationale, Félix Moloua, Premier ministre, Rameaux Claude Bireau, ministre de la Défense, le Général Zéphirin Mamadou. Sous le regard des officiers des FACA et des mercenaires russes du groupe Wagner présents sur le site, le pouvoir a une nouvelle fois cherché une couverture divine pour la sécurité du régime. Faute de choix stratégiques capables de garantir l’intégrité du territoire, le régime mise sur les neuvaines pour protéger ses troupes et ses alliés étrangers.

Le Cardinal Nzapalainga interpelle subtilement le pouvoir
Le Cardinal Dieudonné Nzapalainga a célébré cette messe marquant la clôture de la Neuvaine à Notre-Dame du Perpétuel Secours. Il s’est appuyé sur l’Évangile selon saint Matthieu (13, 54-58), où Jésus se voit rejeté par les siens dans sa propre patrie. L’archevêque de Bangui a ainsi rappelé la fragilité du pouvoir humain. Il a insisté sur la nécessité pour les forces armées de rester au service de toute la Nation.
Pour de nombreux observateurs centrafricains, ce discours résonne comme un avertissement direct aux FACA : l’armée ne doit plus rester les bras croisés devant les souffrances d’un peuple opprimé et matraqué.
Une stratégie d’occupation du terrain spirituel
Cette présence au Camp Kassaï confirme une stratégie d’occupation du terrain spirituel par le sommet de l’État. Chaque autel devient un outil de légitimation pour un pouvoir en difficulté. Après dix ans de règne marqués par l’incurie financière et la corruption, l’empereur cherche désormais dans la foi un supplément de légitimité que les urnes et les résultats économiques ne lui offrent plus. Mais la posture du clergé catholique tranche avec la docilité observée lors des précédentes cérémonies : la foi ne saurait servir de bouclier à l’incapacité de restaurer durablement la paix.

Prochaine étape : la grande mosquée de Bangui ?
Cette présence au Camp Kassaï ne clôt pas la tournée, selon plusieurs Banguissois. Après avoir sollicité les prières des pasteurs évangéliques puis celles des catholiques, une question domine les discussions dans la capitale : l’empereur ira-t-il jusqu’à la grande mosquée de Bangui pour solliciter les prières de la communauté musulmane ?
Le chef de l’État a déjà l’habitude de troquer son costume contre un boubou lors de la fête de fin du Ramadan, le temps d’une photo de circonstance. Mais présenter une véritable doléance d’État devant Dieu dans une mosquée exige davantage qu’un changement de tenue. Le rituel impose de se débarrasser de toute impureté, de se laver les pieds, d’accomplir les ablutions et de laisser ses chaussures à l’entrée.
Pour de nombreux observateurs, ce pèlerinage à travers tous les lieux de culte traduit la hantise d’un pouvoir qui se sent encerclé. Quand un chef d’État parcourt les autels pour implorer la protection de ses soldats et de ses mercenaires russes, cela démontre qu’il a épuisé une grande partie de ses options politiques.
Cette stratégie religieuse de Touadéra montre comment la célébration catholique est utilisée pour renforcer la légitimité de son régime en période de crise.
Par Gisèle MOLOMA
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC
Abonnez-vous à notre chaine YouTube : (31) Corbeau News TV – YouTube
Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65
Email : Redaction@corbeaunews-centrafrique.org
Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org
d




