Centrafrique : à 35 km d’Am-Dafock et de Birao, quatre villages se vident face à l’insécurité

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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Le chef du village d’Akroumaye, situé à environ 35 kilomètres de Birao et d’Am-Dafock, affirme que les habitants de quatre villages ont fui leurs localités pour se réfugier à Birao.
Des familles quittent leurs villages
Le chef du village d’Akroumaye a déclaré que les habitants de quatre villages de la zone ont décidé de quitter définitivement leurs localités pour rejoindre Birao.
Des femmes, des enfants et plusieurs hommes figurent parmi les personnes déplacées. Selon le chef du village, les habitants ne supportent plus les attaques et les exactions commises à plusieurs reprises dans leurs localités par des hommes armés qualifiés de bandits.
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La décision de partir serait directement liée à l’absence de sécurité dans la zone.
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Pour ces populations, le retour n’est plus envisageable tant que les autorités ne sont pas capables de garantir leur protection.
Le chef du village l’a déclaré sans ambiguïté : les habitants resteront à Birao tant que la sécurité ne sera pas rétablie dans leurs villages.
Des promesses restées sans suite
Selon le chef du village, les habitants déplacés étaient déjà venus à Birao il y a plusieurs semaines.
Ils avaient alors rencontré le sous-préfet, le préfet ainsi que d’autres responsables administratifs. Ils leur avaient expliqué les raisons de leur déplacement et leur situation.
Les autorités leur auraient alors promis de leur fournir des bâches afin qu’ils puissent installer des abris à Birao en attendant une amélioration de la situation sécuritaire.
Mais plusieurs semaines après ces engagements, les déplacés affirment n’avoir reçu ni bâches ni assistance alimentaire.
Ils se retrouvent ainsi à Birao sans moyens suffisants pour améliorer leurs conditions de vie.
Le chef du village estime que les populations ont été laissées à elles-mêmes.
Malgré cette absence d’assistance, les habitants refusent de retourner dans leurs villages. Pour eux, le risque de subir de nouvelles attaques reste trop important.
Quatre villages touchés dans une zone stratégique
La situation décrite par le chef du village est d’autant plus préoccupante que la zone concernée se trouve à proximité d’Am-Dafock, localité située à la frontière avec le Soudan.
Akroumaye se trouve à environ 35 kilomètres de Birao et à une distance similaire d’Am-Dafock.
Cette proximité donne une portée particulière au déplacement des populations. Quelques semaines après les annonces faites par les autorités sur le renforcement de la sécurité dans cette partie du pays, des habitants de quatre villages expliquent au contraire avoir été contraints de partir pour chercher protection à Birao.
La situation décrite par le chef du village contraste ainsi avec les déclarations officielles faites après l’attaque d’Am-Dafock du 30 juin dernier.
Après cette attaque, plusieurs responsables centrafricains s’étaient rendus dans la zone. Des annonces avaient été faites sur le renforcement du dispositif sécuritaire et le retour de la sécurité dans cette partie de la Vakaga.
Sur le terrain, le témoignage du chef du village d’Akroumaye décrit une autre réalité.
Des populations qui ne croient plus au retour
Pour les habitants des quatre villages, les annonces sécuritaires ne suffisent plus.
Leur priorité est désormais de rester à Birao, même dans des conditions difficiles, plutôt que de retourner dans des localités où ils estiment que leur sécurité ne peut pas être garantie.
Le chef du village affirme que les habitants ont pris leur décision. Ils ne retourneront pas dans leurs villages tant que les autorités ne seront pas capables d’y assurer une véritable protection.
Le déplacement de population d’Akroumaye illustre l’insécurité croissante en Centrafrique, poussant les habitants à chercher refuge à Birao.
Cette situation risque également d’avoir des conséquences sur l’existence même de ces villages.
Si les habitants ne retournent pas chez eux, les localités concernées pourraient progressivement se vider de leur population. Les activités agricoles, commerciales et sociales risquent de disparaître avec le départ des familles.
Un village sans habitants devient progressivement un village sans activité.
Le décalage entre les annonces et la réalité
Le déplacement des habitants d’Akroumaye et de trois autres villages pose une question directe sur l’efficacité des mesures annoncées après les violences d’Am-Dafock.
Les autorités ont annoncé le renforcement de la sécurité dans cette partie du pays. Mais à quelques dizaines de kilomètres seulement de la frontière soudanaise, des populations affirment encore être contraintes de fuir leurs villages en raison des attaques.
Le témoignage du chef du village apporte ainsi un élément concret au débat sur la sécurité dans la Vakaga.
Les populations ne demandent pas seulement des déclarations. Elles attendent de pouvoir vivre dans leurs villages sans craindre les attaques.
Pour l’heure, les habitants déplacés restent à Birao. Ils disent ne pas vouloir retourner à Akroumaye et dans les autres villages concernés tant qu’une présence sécuritaire capable de les protéger n’est pas effectivement établie.
Pendant ce temps, les bâches promises pour leur permettre de s’abriter ne sont toujours pas arrivées, selon leur chef de village, et aucune assistance alimentaire ne leur aurait été fournie.
Par Ibrahim Moussa
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