Sylvie Jacqueline Panika, ancienne directrice de la radio Ndèkè-Luka, vient d’être limogée brutalement par la Fondation Hirondelle

Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La Fondation suisse Hirondelle, propriétaire de la radio Ndèkè-Luka, vient de mettre fin au contrat de Sylvie Jacqueline Panika. Cette centrafricaine, qui dirigeait la radio Ndèkè-Luka entre 2012 – 2020 avant d’être nommée à un poste fictif de chargée de mission à la fondation Hirondelle, , vient d’apprendre son licenciement en plein congé.
L’information a surpris plus d’un observateur. Sylvie Jacqueline Panika découvre son renvoi alors qu’elle profitait de ses vacances. Une manière d’annoncer la nouvelle qui laisse perplexe.
Pourtant, cette femme avait écrit une page importante de l’histoire de la radio Ndèkè-Luka. En 2012, elle devient la première Centrafricaine à prendre les commandes de cette station. Avant elle, aucun ressortissant du pays n’avait accédé à ce niveau de responsabilité.
La radio appartient à la Fondation suisse Hirondelle, une ONG internationale. Comme Médecins Sans Frontières ou d’autres structures humanitaires, elle fonctionne selon des règles établies ailleurs. Les Centrafricains n’ont jamais vraiment géré cette institution qui porte pourtant le nom de “radio de tous les Centrafricains”.
Sylvie Jacqueline Panika avait rejoint l’équipe de la radio Ndèkè-Luka dès l’année 2000, deux mois après le lancement des émissions. Elle y occupe le poste de rédactrice en chef pendant cinq années consécutives. Son parcours au sein de la maison témoigne d’une longue expérience du terrain.
En novembre 2011, la Fondation Hirondelle examine plusieurs candidatures pour le poste de directeur. Sylvie Panika sort du lot et décroche la nomination. Le 20 janvier 2012, une cérémonie officielle marque sa prise de fonction.
Martin Faye, un Sénégalais, assurait jusque-là la direction tout en cumulant les fonctions de chef de projet. Avec l’arrivée de Sylvie Jacqueline Panika, une nouvelle ère s’ouvre pour la station. Du moins en apparence.
La Fondation lui confie des missions précises. Elle doit améliorer le contenu des programmes diffusés à l’antenne. Le renforcement du professionnalisme figure également parmi ses priorités. L’installation complète du réseau de correspondants et le suivi hebdomadaire de l’administration viennent compléter la liste.
Ses collègues saluent alors son expérience et sa formation. José Richard Pouambi, alors représentant du personnel, la décrit comme une femme aguerrie. Elle a bénéficié de l’encadrement de la Fondation Hirondelle pendant de longues années.
De 2012 à 2019, Sylvie Jacqueline Panika pilote la radio Ndèkè-Luka. Sept années durant lesquelles elle tente d’appliquer la feuille de route qui lui a été confiée. Puis tout bascule.
En 2020, la Fondation Hirondelle lui propose un nouveau poste. Elle devient chargée de mission de la fondation à Bangui. Un titre qui sonne bien mais dont les contours restent flous.
Cette nomination ressemble à une mise à l’écart déguisée. On crée une fonction sur mesure pour l’éloigner de la direction. La stratégie paraît limpide : faire partir quelqu’un sans l’annoncer franchement.
Le temps passe et Sylvie Panika occupe ce poste de chargée de mission. Un emploi qui semble avoir été taillé uniquement pour elle. Les observateurs y voient une manœuvre pour la pousser doucement vers la sortie.
Aujourd’hui, la rupture est consommée. La Fondation Hirondelle la remercie pendant qu’elle est partie en congé. Une méthode expéditive pour tourner une page qui aura duré plus d’une décennie.
Et ce n’est pas tout! Les conditions de travail à la radio Ndèkè-Luka méritent qu’on s’y attarde. D’ailleurs, on y reviendra sur cette radio en profondeur dans nos prochains reportages sur CNC. Prenons par exemple le travail des correspondants de cette station. Ils touchent entre 2 500 et 5 000 francs par reportage produit. Ils assument eux-mêmes leurs frais de déplacement et leurs dépenses quotidiennes.
Ces journalistes courent après les informations sur le terrain. Ils paient leur transport de leur poche. Ils se débrouillent avec les moyens du bord. La pige qu’ils reçoivent couvre rarement leurs investissements.
Pendant ce temps, les journalistes recrutés à Bangui gagnent entre 150 000 et 200 000 francs par mois. Mais leur salaire officiel ne constitue qu’une partie de leurs revenus. Ils comptent surtout sur les à-côtés pour joindre les deux bouts.
Quand ils organisent une émission ou un reportage populaire comme Patara, ou autres, le régime y jette toutes ses forces. C’est de là que les journalistes peuvent recevoir des enveloppes supplémentaires pour les corrompre. Et ce n’est pas une mince somme qu’ils reçoivent. Ces sommes dépassent largement ce qu’ils gagnent officiellement chaque mois.
Par ailleurs, à la tête de la fondation qui dirige la station Ndèkè-Luka, un Congolais de la RDC qui assure depuis 4 ans la direction. Il supervise les opérations avec un rédacteur en chef centrafricain à ses côtés.
Pourtant, ils ne cessent de dire aux centrafricains que cette radio est la voix de tous les Centrafricains. Pourtant, ce sont des étrangers qui tiennent le gouvernail. Une contradiction qui ne semble gêner personne au sommet de la hiérarchie de la fondation Hirondelle.
Le fonctionnement interne de la radio Ndèkè-Luka cache bien des secrets. Cette ONG internationale applique des pratiques discutables. Les journalistes centrafricains y travaillent dans la précarité tandis que les décisions importantes se prennent ailleurs.
Le départ de Sylvie Panika referme un chapitre. Celui d’une Centrafricaine qui avait réussi à accéder au sommet d’une structure internationale. Son éviction rappelle que certaines portes, même ouvertes un temps, peuvent se refermer aussi vite qu’elles s’étaient entrouvertes.
Par Alain Nzilo
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)