Dossier spécial : Le retrait américain des organisations des nations-unies, une tempête qui s’annonce pour le troisième mandat de Touadera

Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Les États-Unis viennent de trancher. Soixante-six organisations internationales perdent leur financement américain. Pour le gouvernement Touadéra qui lorgne un troisième mandat anticonstitutionnel, cette décision devient une bombe à retardement impossible à désamorcer.
Le Programme Alimentaire Mondial perd près de cinquante pour cent de son budget global. Les États-Unis versaient six milliards quatre cents millions de dollars en janvier deux mille vingt-six contre quatorze milliards auparavant. Pour la Centrafrique où trente et un pour cent des habitants souffrent d’insécurité alimentaire sévère, cette chute annonce la famine. Le PAM nourrissait plus du tiers de la population au pic de l’urgence. Désormais, les rations distribuées fondent comme neige au soleil pendant que le palais présidentiel reste silencieux.
Touadéra et sa clique accumulent les scrutins électoraux frelatés sans jamais créer un seul emploi durable pour la jeunesse.
Le Fonds des Nations Unies pour la Population perd ses trente millions de dollars annuels américains. L’UNFPA fournissait les kits d’accouchement qui empêchaient les femmes de mourir en couches. Huit cent quatre-vingt-deux décès maternels pour cent mille naissances vivantes placent la Centrafrique parmi les pires performances mondiales. Une femme sur vingt-deux risque de périr en donnant la vie. Les maternités rurales n’auront plus de gants chirurgicaux ni de seringues stériles. Les césariennes d’urgence deviennent impossibles. Mais les ministres continuent leurs voyages à Paris et leurs ripailles pendant que les Centrafricaines agonisent dans l’indifférence générale.
La FAO, Organisation pour l’Alimentation et l’Agriculture distribuait des semences améliorées à quarante mille familles paysannes. Elle vaccinait le bétail contre les épizooties mortelles. Ses techniciens formaient les agriculteurs aux méthodes modernes de culture. Tous ces programmes s’arrêtent brutalement. Sans semences de qualité, les rendements chutent de vingt à trente pour cent dès la première campagne. Un hectare de manioc produit huit tonnes avec les plants améliorés contre cinq tonnes avec les boutures traditionnelles. Cette différence représente trois mois de nourriture pour une famille. Touadéra organise des Élections truquées pour confisquer le pouvoir mais ne développe aucune filière agricole viable.
Le régime actuel préfère acheter des blindés russes plutôt que d’investir dans la sécurité alimentaire de son peuple affamé.
Les quatre cent soixante-cinq mille déplacés internes dépendaient entièrement de l’assistance humanitaire. Un Centrafricain sur cinq vit déplacé de son lieu d’origine. Ces populations reçoivent de moins en moins de rations alimentaires jusqu’à l’arrêt complet dans certains sites. Elles fouillent les décharges à la recherche de restes comestibles. Le gouvernement Touadéra ne construit aucun camp décent ni ne facilite le retour sécurisé dans les villages. Les autorités se contentent d’empocher les maigres royalties minières pendant que les citoyens errent sur les pistes.
L’Unicef lance un appel de trente-neuf millions pour atteindre quatre cent cinq mille personnes dont soixante-quinze pour cent d’enfants. Cette requête marque une baisse de quarante et un pour cent par rapport à l’année précédente. L’agence doit choisir entre vacciner les nourrissons ou fournir de l’eau potable aux écoles. Chaque arbitrage condamne des vies innocentes. Pendant ce temps, les dignitaires du régime scolarisent leurs rejetons à l’étranger dans des établissements privés hors de prix. Cette hypocrisie insupportable nourrit la colère populaire qui gronde sourdement dans les quartiers de Bangui.
Le troisième mandat anticonstitutionnel de Touadéra plonge le pays dans une spirale de pauvreté et de désespoir collectif.
Le produit intérieur brut par habitant atteint péniblement trois cent vingt-trois dollars. Soixante-seize pour cent de la population vit sous le seuil de pauvreté. Les recettes fiscales couvrent à peine les salaires des fonctionnaires fantômes. Le gouvernement survit grâce aux aides internationales qui s’évaporent désormais. Demander aux Centrafricains de payer davantage d’impôts relève de la provocation. Le taux de chômage dépasse cinquante pour cent dans les villes. Les diplômés universitaires travaillent comme vendeurs ambulants. Cette gabegie humaine enrichit quelques oligarques corrompus au détriment du développement national. Le peuple centrafricain ne voit jamais la couleur des richesses minières qui dorment sous ses pieds.
Les élites organisent des scrutins pour légitimer leur emprise sur le pouvoir. Elles signent des accords de paix bidons avec les groupes armés. Mais elles échouent lamentablement à créer des emplois pour les jeunes sans qualification ni perspective. Cette impuissance gouvernementale alimente le ressentiment envers des dirigeants perçus comme incompétents et corrompus. La frustration économique nourrit l’instabilité politique qui maintient le pays dans un cycle infernal. Les groupes armés recrutent facilement parmi des jeunes affamés abandonnés par leur propre État.
L’incapacité chronique du régime à générer de l’emploi transforme chaque Centrafricain en candidat potentiel à l’exil ou à la rébellion.
Les partenaires européens rechignent à compenser le désengagement américain. L’Union Européenne traverse ses propres difficultés budgétaires. La France réduit son aide publique au développement. L’Allemagne réoriente ses financements ailleurs. Cette réticence généralisée laisse la Centrafrique orpheline d’assistance. La Chine investit dans les mines et les stades mais finance peu les programmes humanitaires d’urgence. Cette approche mercantile ne répond pas aux besoins immédiats des Centrafricains qui réclament de la nourriture aujourd’hui.
Le mécanisme de réponse rapide avait suspendu ses activités en avril deux mille vingt-cinq suite aux coupes budgétaires. Ce dispositif permettait d’intervenir dans les soixante-douze heures suivant un choc. Sa disparition laisse les populations sinistrées sans filet de sécurité. Quand un village est attaqué, personne ne vient recenser les dégâts ni distribuer des abris d’urgence. Les victimes errent sur les pistes en quête d’un lieu sûr. Les enfants séparés de leurs parents grandissent seuls dans la rue. Le gouvernement Touadéra reste aux abonnés absents quand son peuple souffre.
Les objectifs de développement durable deviennent une farce cruelle pour un régime qui ne développe rien d’autre que sa propre kleptomanie.
L’espérance de vie stagne autour de cinquante-trois ans. La mortalité infantile reste à cent douze décès pour mille naissances. Le taux d’alphabétisation plafonne à 45 pour cent. Ces chiffres désastreux classent la Centrafrique parmi les pays les plus pauvres de la planète. L’arrêt des programmes éducatifs et sanitaires aggravera encore ces statistiques catastrophiques. Une nation entière régresse pendant que ses dirigeants accumulent des fortunes à l’étranger.
La dette publique gonfle dangereusement alors que les rentrées fiscales stagnent. Le gouvernement emprunte pour boucler son budget de fonctionnement. Ces prêts devront être remboursés avec intérêts. Or, les perspectives de croissance restent sombres. Comment rembourser des dettes quand on ne produit presque rien. Un défaut de paiement paraît inévitable. Cette faillite nationale entraînera de nouvelles restrictions sur les dépenses publiques déjà squelettiques. Les salaires des enseignants ne seront plus versés pendant des mois. L’État centrafricain perdra toute crédibilité.
Par Alain Nzilo
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)