Les urnes centrafricaines accouchent d’un miracle mathématique : quand Touadéra passe de 17% à 76% en quelques heures

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Entre les relevés journalistiques compilés et le verdict officiel de l’autorité nationale des Élections, l’écart atteint des proportions vertigineuses. Faustin-Archange Touadéra, crédité de 17% par tous les observateurs indépendants, s’est vu attribuer 76% des suffrages exprimés lors de l’annonce solennelle des résultats provisoires.
La déclaration officielle prononcée ce lundi 5 janvier 2026 à Bangui rompt avec toute vraisemblance. L’Autorité nationale des Élections a proclamé la réélection du président sortant avec 894 566 voix sur environ 1,17 million de bulletins valides, reléguant Anicet-Georges Dologuélé à 14,66% alors que les décomptes parallèles menés par la rédaction du CNC lui accordaient 49% des intentions. Cette distorsion dépasse l’entendement et confirme ce que beaucoup redoutaient : un détournement massif de la volonté populaire des centrafricains.
Les journalistes présents sur le terrain ont documenté des irrégularités à grande échelle. Dans plusieurs préfectures, des témoins ont vu des urnes bourrés de bulletins favorables au dictateur Faustin-Archange Touadera bien après la fermeture des bureaux de vote. Le bourrage d’urnes, l’intimidation des électeurs et l’existence de centres fantômes où des scrutateurs ont rempli des bulletins par centaines ne relèvent plus de la rumeur mais du constat partagé par de nombreux observateurs.
Cette falsification ouvre frauduleusement la voie au troisième mandat de Touadéra, une configuration totalement illégale au regard de la Constitution originelle de 2016 qui limitait le chef de l’État à deux mandats. La révision adoptée en 2023 qui a permis ce contournement reste elle-même entachée d’irrégularités, tant dans son processus d’adoption que dans sa légitimité populaire. Depuis cette modification constitutionnelle jusqu’au scrutin du 28 décembre, chaque étape porte la marque d’une dérive autoritaire assumée.
Derrière cette victoire fabriquée se profile l’ombre de Moscou et de ses mercenaires. Le groupe Wagner, devenu l’épine dorsale du dispositif sécuritaire centrafricain, a imposé son candidat par un coup d’État électoral à peine déguisé. Les forces russes contrôlent désormais les leviers essentiels du pouvoir à Bangui, de la sécurité présidentielle aux ressources minières, transformant Touadéra en simple poupée russe, exécutant des intérêts du Kremlin. Cette élection truquée scelle la mainmise de Poutine sur la République centrafricaine.
Ce n’est pas une surprise. Le candidat Anicet-Georges Dologuelé rejette ces résultats sans ambiguïté et annonce au passage sa victoire. Mais comme tout le monde le sait, rien va se faire. Il accompagne simplement le dictateur Faustin-Archange Touadera à légitimer sa dictature aux yeux de la communauté internationale.
Par ailleurs, les partenaires internationaux gardent un silence prudent qui ressemble à une complicité passive. L’Union africaine et les Nations unies, principales soutiens de la dictature dans le monde, ont déployé des missions d’observation dont les rapports finaux tardent à paraître. Certaines capitales occidentales expriment des réserves en coulisses sans franchir le cap de la condamnation officielle, privilégiant leurs intérêts économiques et stratégiques à la défense des principes démocratiques qu’elles prétendent pourtant incarner.
L’économie centrafricaine, déjà chaotique, va pâtir de cette nouvelle période de turbulences. Les investisseurs étrangers vont revoir leurs engagements face à un pouvoir dont la légitimité est niée par une large partie de la population.
Par Alain Nzilo
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