Enlevés par les Wagner, Wouya Mocko Abel, candidat à la mairie d’Amdafock, et son ami, Anour, viennent de sortir de prison secrète des russe et placés en détention à la SRI

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Les mercenaires russes viennent de faire ressortir les deux Centrafricains qu’ils avaient arrêtés illégalement et portés disparus pendant plusieurs semaines. Wouya Mocko Abel, candidat déclaré à la mairie d’Amdafock, et Anour, jeune du quartier PK5 qui habitait avec lui, ont été sortis de la prison secrète de Wagner et amenés à la Section de Recherche et d’Investigation de la Gendarmerie.
Attention, les deux hommes ne sont pas totalement libérés. Ils ont été sortis de la prison secrète de Wagner, mais ils se trouvent maintenant à la SRI. Les mercenaires russes les ont fait ressortir de leur propre prison et les ont transférés à la gendarmerie.
Wouya Mocko Abel n’était pas seul lors de son arrestation. Il avait été enlevé avec Anour, un jeune du quartier PK5 qui habitait avec lui dans la même maison à Bangui. Les deux hommes ont été détenus dans la clandestinité totale, au sous-sol du camp de Roux, dans la prison secrète de Wagner.
Selon les informations recueillies par Corbeau News Centrafrique, ils ont été torturés sauvagement pendant leur détention. Les traces de torture sont visibles sur leurs corps.
Il convient de rappeler que les mercenaires russes disposent de deux prisons secrètes dans la capitale. Il y en a peut-être ailleurs, mais dans la capitale, l’une des prisons se trouve au camp de Roux. C’est la prison souterraine, au sous-sol du camp de Roux. Les mercenaires russes ont transformé l’ancien bunker de l’empereur Bokassa en prison clandestine. Bokassa avait construit ce bunker sous-sol qui était relié à l’ambassade de France. Depuis que ce passage est fermé, Wagner a transformé ces sous-sols en prison.
Les deux hommes sont maintenant à la section de recherche et d’investigation. Les Wagner les ont sortis de leur propre prison et les ont amenés à la SRI.

Rappelons les faits : Wouya Mocko Abel avait été enlevé à Bangui dans la nuit du jeudi 2 au vendredi 3 octobre 2025 par des mercenaires russes, alors qu’il venait de déposer son dossier de candidature à la mairie d’Amdafock auprès de l’Autorité Nationale des Élections.
Son enlèvement est intervenu quelques jours après des menaces explicites du sous-préfet d’Amdafock, Ramadan Abdelkader, qui avait déclaré par téléphone : “Si tu étais sur place à Amdafock, tu verrais ce qui t’arriverait. Mais comme tu es à Bangui, je vais envoyer l’un de mes fils militaires pour te kidnapper.”
Depuis son arrestation, le candidat et Anour sont restés portés disparus pendant plusieurs semaines. Ils n’apparaissaient ni à la SRI, ni à la prison du Condorou, ni à la prison de Ngaragba, ni à l’OCRB. Nos enquêtes avaient montré qu’ils étaient détenus au sous-sol du camp de Roux, dans la prison clandestine des mercenaires russes.
La durée exacte de leur détention peut être vérifiée : ils ont été arrêtés début octobre et sont ressortis fin novembre. Ils ont donc passé près de deux mois dans les geôles de Wagner.
Les mercenaires russes du groupe Wagner sont des criminels de la pire espèce. Ils ont arrêté ces deux Centrafricains sur simple dénonciation, sans aucune procédure légale. Ils les ont détenus au sous-sol du camp de Roux pendant des semaines, les ont torturés sauvagement, et maintenant ils les transfèrent à la SRI comme si de rien n’était.
C’est incroyable. Le régime de Touadéra se glorifie pourtant, prétend respecter les droits humains, prétend être un État de droit. Ils pensent que le monde est bizarre, que le monde est sourd et aveugle. Ils pensent que les gens ne savent pas ce qui se passe dans ce pays.
Vous terrorisez la population. Vous pensez que les informations ne passent pas. Vous perdez votre temps. Ce régime perdra son temps à essayer de cacher ces crimes.
Un jeune d’Amdafock, contacté par CNC, explique ceci : Tôt ou tard, tout régime a une fin. Vous connaissez déjà des régimes qui ont duré 40 ans, mais qui ont fini. Donc ce que vous faites là, vous voulez durer 60 ans, mais vous allez finir. Un jour, vous allez finir. Ou si vous ne finissez pas vous-mêmes, vos proches vont payer les conséquences.
Souleyman, un autre habitant de Birao, dégage sa colère : ce que ce régime fait aux Centrafricains est incroyable. Imaginez des pères de famille comme ça. On les prend, on les amène ailleurs, on les torture sauvagement. Leurs proches ne savent rien pendant des semaines. Ils manifestent, on les ignore. On ne dit rien. C’est quel pays, ça ? Dans quel pays normal des candidats aux Élections sont-ils enlevés, torturés pendant des semaines, puis transférés à la gendarmerie sans aucune explication ?
Comme Corbeaunews-Centrafrique l’avait déjà rapporté dans ses enquêtes précédentes, cet enlèvement porte toutes les marques d’un complot politique. Le timing est clair : Wouya Mocko Abel a été arrêté précisément au moment où il s’apprêtait à déposer son dossier de candidature à l’ANE.
L’objectif était évident : l’empêcher de se présenter aux Élections municipales de décembre 2025 à Amdafock, où il jouissait d’une forte popularité. En le maintenant détenu jusqu’à la fin du délai de dépôt des candidatures, ses commanditaires l’ont effectivement disqualifié sans avoir à l’affronter dans les urnes.
Le sous-préfet Ramadan Abdelkader et l’ancien député de Birao Goumba Valentin, cousin de Wouya Mocko Abel, sont directement pointés du doigt par la famille et les habitants d’Amdafock.
La population d’Amdafock avait organisé une manifestation massive devant le bureau de la Minusca pour exiger la libération de leur candidat. “Nous, la population d’Amdafock, sommes particulièrement tristes. Abel Mokouya est un homme simple, sympathique, reconnu par la population d’Amdafock comme candidat au maire”, avaient déclaré les manifestants.
Les habitants avaient lancé un appel direct au gouvernement : “Si vous reconnaissez qu’Amdafock peut soutenir le président Touadéra à l’élection qui vient, libérez Abel Mokouya.”
Par Gisèle MOLOMA….
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC




![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)