Contrôle des pièces d’identité, arrestation massive : les gendarmes terrorisent la population à Ndélé

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Depuis trois jours, les gendarmes déployés à Ndélé, chef-lieu de la préfecture de Bamingui-Bangoran, organisent une opération de rafle massive dans les différents quartiers sous prétexte de vérification des papiers d’identité. Mais cette opération de routine s’est transformée rapidement en une opération de racket organisé de la population.
Pendant l’opération, les gendarmes exigent à chacun la présentation de la carte nationale d’identité. Ceux qui ne peuvent pas la présenter doivent payer obligatoirement la somme de 5 000 francs CFA sur place. Au marché de Ndélé, plusieurs personnes ont été contraintes de payer cette somme. D’autres ont refusé et ont été embarquées.
Les gendarmes justifient cette opération par des instructions reçues de leur hiérarchie à Bangui. Selon eux, il s’agirait de contrôler les nouveaux arrivants à Ndélé dans le cadre de la préparation des Élections prévues dans les mois à venir. Mais sur le terrain, cette opération n’a rien d’un contrôle de sécurité. C’est un racket pur et simple.
Pourtant, les gendarmes savent parfaitement que Ndélé se trouve à plus de 600 kilomètres de Bangui. Pour un habitant de Ndélé qui veut obtenir une carte d’identité, il faut quitter sa ville, payer entre 20 000 et 40 000 francs de transport pour atteindre Bangui, dépenser pour le logement et la nourriture pendant plusieurs jours, payer les 4 000 francs de la carte, et repayer le transport pour rentrer.
Le coût total pour obtenir une carte d’identité peut facilement atteindre 50 000 à 60 000 francs. Pour des populations qui vivent avec quelques milliers de francs par mois, c’est une somme astronomique. Beaucoup renoncent simplement à faire la carte.
Mais au lieu de décentraliser le service de délivrance des cartes d’identité pour permettre aux citoyens de Ndélé de faire leurs cartes sur place, l’État préfère envoyer des gendarmes racketter ceux qui n’ont pas de carte.
La situation est encore pire pour les citoyens de confession musulmane. Ndélé est une zone majoritairement musulmane, bien qu’il y ait également des chrétiens. Mais quand un musulman dépose une demande de carte nationale d’identité en Centrafrique, c’est un parcours du combattant.
On lui demande tous les papiers du monde. Parfois on lui dit que tel document est faux, qu’il faut le refaire. Le musulman dépense une fortune partout sur le territoire pour obtenir une simple carte d’identité à laquelle il a droit en tant que citoyen centrafricain.
Cette discrimination fait que beaucoup de musulmans centrafricains renoncent à demander leur carte. Ils savent que le processus sera long, coûteux, humiliant, et qu’au bout du compte, leur dossier risque d’être rejeté pour des raisons fallacieuses.
Les gendarmes de Ndélé connaissent cette situation. Ils savent que la population locale a des difficultés à obtenir des cartes d’identité à cause de l’éloignement, du coût et de la discrimination. Mais au lieu de faciliter l’accès à ce document, ils en profitent pour racketter.
Exiger 5 000 francs à quelqu’un qui n’a pas de carte d’identité n’a aucune base légale. Ne pas avoir de carte d’identité sur soi n’est pas un délit. Encore moins un délit punissable par une amende payable immédiatement au gendarme.
Ce que font les gendarmes de Ndélé s’appelle du racket. Ils abusent de leur position pour extorquer de l’argent à des citoyens qui n’ont commis aucune infraction. Ceux qui paient évitent d’être embarqués. Ceux qui refusent de payer sont conduits au poste.
Cette pratique est courante dans toute la Centrafrique. Policiers et gendarmes utilisent les contrôles de papiers comme prétexte pour racketter la population. Pas de carte d’identité ? Paie. Pas de permis de conduire ? Paie. Pas de carte grise ? Paie. Même si tu as tous tes papiers en règle, ils trouveront toujours un prétexte pour te faire payer.
Les forces de l’ordre centrafricaines sont devenues des bandits en uniforme. Au lieu de protéger les populations, elles les terrorisent et les rackettent. Les citoyens ont plus peur des policiers et des gendarmes que des criminels.
À Ndélé, une ville qui a déjà vécu des moments difficiles avec les groupes armés, une ville où la population aspire à la paix et à la sécurité, les gendarmes viennent ajouter une couche supplémentaire de souffrance en rackettant les habitants.
Les gendarmes prétendent agir sur instruction de leur hiérarchie à Bangui pour contrôler les nouveaux arrivants avant les Élections. Mais pourquoi contrôler uniquement ceux qui n’ont pas de carte d’identité ? Pourquoi leur faire payer 5 000 francs ? Si c’était vraiment un contrôle de sécurité, on vérifierait l’identité de tous, on demanderait des explications sur la présence à Ndélé, on enregistrerait les informations.
Au lieu de cela, on demande 5 000 francs et tout est réglé. Cela prouve que ce n’est pas un contrôle de sécurité mais un racket organisé sous couvert d’instructions venues de Bangui.
Les habitants de Ndélé sont pris en otage par un système qui les écrase. L’État ne décentralise pas les services pour leur faciliter l’accès aux documents. Au contraire, il concentre tout à Bangui pour obliger les citoyens à dépenser des fortunes pour obtenir leurs droits.
Ensuite, les forces de l’ordre viennent racketter ceux qui n’ont pas pu obtenir ces documents à cause des obstacles mis en place par l’État lui-même. C’est un système pervers où l’État crée le problème puis punit ceux qui en sont victimes.
Les musulmans de Ndélé subissent une double peine : discrimination dans l’obtention de la carte d’identité, puis racket par les gendarmes parce qu’ils n’ont pas cette carte qu’on leur refuse ou qu’on rend inaccessible.
Cette opération de racket à Ndélé montre une fois de plus que sous le régime Touadéra, les forces de l’ordre ne servent pas le peuple mais se servent sur le peuple. Au lieu de protéger et servir, elles terrorisent et volent.




![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)