Touadéra à Paoua : discours démagogique d’un président qui a détruit l’éducation nationale pendant dix ans

Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le président Faustin-Archange Touadéra s’est rendu à Paoua le 6 octobre 2025 pour lancer officiellement l’année scolaire 2025-2026. Mais son discours, rempli de promesses et de chiffres spectaculaire, ne peut voiler la réalité catastrophique de l’éducation centrafricaine après dix ans de sa gouvernance.
Comme tout le monde le sait déjà, Touadéra, qui est un ancien recteur de l’université de Bangui, se présente désormais comme un spécialiste de l’éducation. Pourtant, son bilan dans ce secteur est chaotique et désastreux. Aucune école construite avec les moyens de l’État. Aucune université ouverte à l’intérieur du pays. Les infrastructures éducatives laissées à l’abandon ou confiées aux ONG et à la communauté internationale, dont la Minusca, l’Union européenne et la banque mondiale.
Pourtant, dans son discours à Paoua, le président Touadera a énuméré des réalisations qui, à y regarder de près, proviennent toutes de projets financés par des partenaires extérieurs. Il cite le Projet d’Urgence de Soutien à l’Éducation de Base (PUSEB), le Projet d’Appui au Secteur de l’Éducation (PARSE 2), le Projet d’Accélération des Résultats de l’Éducation financé par la Banque mondiale et le Partenariat mondial pour l’éducation.
Le Président Touadera a déclaré : “27 établissements scolaires ont pu bénéficier de 1 422 tables bancs, ainsi que de 142 ensembles composés de chaises et de bureaux pour enseignants”. Il a ajouté que le PARSE 2 “a permis la construction de 291 salles de classe et de 54 blocs de latrines à trois cabines chacun” et “a fourni 2 970 tables bancs, 244 ensembles bureaux et chaises pour enseignants”.
Mais ce sont des chiffres sur le papier, une réalité catastrophique sur le terrain. Oui, oui. Tous ces projets sont financés par la Banque mondiale, l’Union européenne, l’UNICEF, le PAM, et d’autres partenaires. Quelle est la contribution propre de l’État centrafricain ? Zéro. Le président Touadera se vante de réalisations qu’il n’a pas financées, construites par des partenaires qu’il remercie longuement dans son discours.
Mais ce que le Président Touadéra ne dit pas, c’est que ces fonds versés par les partenaires internationaux à l’État centrafricain disparaissent dans les détours de l’administration. La Banque mondiale verse les fonds au gouvernement, mais l’argent ne parvient jamais aux écoles. Les sommes débloquées par les bailleurs restent bloquées quelque part entre le ministère des Finances et celui de l’Éducation. Résultat : les projets annoncés avec fanfare restent sur le papier.
Sur le terrain, l’état des écoles donne envie de pleurer. Des bâtiments délabrés, des salles de classe sans toits, des élèves assis par terre faute de tables-bancs. Dans certaines écoles, ce sont les anciens élèves qui travaillent aujourd’hui et qui cotisent pour acheter des tables pour leurs anciens établissements. Des citoyens ordinaires qui paient de leur poche ce que l’État devrait fournir.
La quasi-totalité des enseignants dans les écoles sont des maîtres-parents. Ce ne sont pas des enseignants formés, mais des jeunes qui ont atteint la sixième, la cinquième ou la quatrième et qui enseignent aux élèves du primaire. Dans le secondaire, on retrouve des anciens élèves qui n’ont aucune formation pédagogique et qui font du bénévolat dans les lycées parce qu’il n’y a personne d’autre.
Les maîtres-parents sont payés par les parents d’élèves eux-mêmes. L’État ne leur verse rien. Ce sont des familles déjà écrasées par la pauvreté qui doivent payer les salaires des enseignants de leurs enfants parce que le gouvernement ne remplit pas ses obligations.
Le Président Touadéra a évoqué “le doublement de l’indemnité de craie, passée de 5 000 à 10 000 francs, une première depuis plus de 40 ans”. Dix mille francs par mois pour acheter de la craie. Cette somme dérisoire montre le peu de considération du gouvernement pour les enseignants. Pendant ce temps, Wagner reçoit 10 milliards par mois.
Le président Touadera a annoncé “l’intégration de 1 569 enseignants titulaires, déjà en situation de classe, ainsi que la contractualisation de 6 000 autres enseignants pour l’année en cours, grâce à l’appui de la Banque mondiale”. Encore une fois, c’est la Banque mondiale qui paie. L’État centrafricain ne finance même pas le recrutement de ses propres enseignants.
En plus, ces enseignants contractuels sont souvent impayés pendant des mois. Cela prête à sourire, mais c’est une réalité. La Banque mondiale verse les salaires à l’État, mais l’argent ne parvient pas aux enseignants. Ils attendent pendant des mois, parfois six mois, sans recevoir un franc. Quand ils font grève pour réclamer leurs salaires, on leur répond que l’argent a été versé à l’État et que c’est l’État qui ne débloque pas.
Où passe cet argent ? Personne ne peut le dire. Les fonds de la Banque mondiale destinés aux salaires des enseignants entrent dans les caisses de l’État et disparaissent. Pendant ce temps, les enseignants font grève, les élèves restent chez eux, et l’année scolaire est compromise.
C’est le chaos total dans le système éducatif centrafricain. Des enseignants non payés, des maîtres-parents sans formation, des écoles délabrées, des élèves sans tables ni cahiers. Et le président Touadera vient faire des discours pompeux sur les millions investis par les partenaires.
Le Président Touadéra a parlé du “nouveau projet d’accélération des résultats de l’éducation, cofinancé par la Banque mondiale et le Partenariat mondial pour l’éducation, d’une enveloppe d’environ 120 millions de dollars américains”. Cent vingt millions de dollars pour l’éducation centrafricaine, mais aucun franc ne vient du budget national. Tout vient des partenaires, et en plus, cet argent est totalement invisible pour les centrafricains.
Le président Touadera a déclaré : “Au total, les investissements combinés du PUSEB, du PARSE 2 et ce qui est prévu dans le cadre de la mise en œuvre du PAR pour la préfecture de l’Oupham-Pendé s’élèvent à 5 milliards 32 millions.” Cinq milliards investis dans l’éducation de l’Oupham-Pendé, mais pas un franc du budget centrafricain.
Ces chiffres impressionnants sur le papier ne se traduisent par aucune amélioration concrète sur le terrain. Les fonds promis restent bloqués. Les projets annoncés ne se réalisent pas. Les partenaires versent l’argent, mais les écoles ne voient rien arriver.
Pendant son discours, le Président Touadéra a multiplié les remerciements aux partenaires : “Je tiens à vous exprimer ma profonde reconnaissance pour le partenariat agissant entre vous et le gouvernement dans le domaine éducatif. Je vais citer ici l’UNICEF, chef de file des partenaires du système éducatif, la Banque mondiale, le PAM, l’Union européenne, la MINUSCA, la Fédération de Russie, des États-Unis d’Amérique, de la Chine, du Maroc”.
Cette longue liste de partenaires qu’il remercie montre que le gouvernement centrafricain ne fait rien par lui-même. L’éducation nationale dépend entièrement de la générosité des bailleurs étrangers. Sans eux, le système éducatif centrafricain s’effondrerait totalement. Mais même avec eux, le système est au bord de l’effondrement parce que l’argent qu’ils versent ne parvient jamais aux bénéficiaires.
Touadéra a parlé de “l’école inclusive” et de “l’accès à une éducation de qualité” pour tous les enfants. Mais comment parler d’éducation de qualité quand les enseignants ne sont pas payés pendant des mois, quand les écoles n’ont ni tables ni bancs, quand les bâtiments tombent en ruine ? Comment parler d’école inclusive quand les familles doivent payer les maîtres-parents parce que l’État a abandonné ses responsabilités ?
Le président Touadera a lancé un appel aux parents : “Je vous encourage vivement à maintenir cette implication avec constance et rigueur.” Mais comment les parents peuvent-ils maintenir leurs enfants à l’école quand ils n’ont pas de quoi les nourrir, quand ils doivent payer les maîtres-parents, quand ils doivent acheter eux-mêmes les tables-bancs pour les écoles ?
C’est une campagne déguisée en lancement de rentrée. Cette visite à Paoua n’était pas un lancement de rentrée scolaire. C’était le lancement de la campagne présidentielle de Touadéra. Tout son discours visait à se présenter comme le sauveur de l’éducation centrafricaine alors qu’il en est le fossoyeur.
Dix ans au pouvoir, dont une grande partie avec une relative stabilité sécuritaire, et aucune école construite sur fonds propres. Dix ans au pouvoir en tant qu’ancien universitaire, et aucune université ouverte à l’intérieur du pays. Dix ans au pouvoir, et l’éducation centrafricaine dépend totalement des bailleurs étrangers dont les fonds disparaissent dans les poches des responsables gouvernementaux.
Le président dépense 10 milliards par mois pour Wagner pendant que les enseignants reçoivent 10 000 francs d’indemnité de craie. Il paie des mercenaires russes pour protéger son pouvoir pendant que les écoles manquent de tout et que les enseignants attendent leurs salaires pendant six mois.
Ce déplacement à Paoua avec son cortège d’hélicoptères et sa caravane coûte des millions. Ces millions auraient pu servir à débloquer les salaires des enseignants, à acheter des tables-bancs, à construire des salles de classe. Mais Touadéra préfère la propagande à l’action concrète.
Son discours était rempli de chiffres impressionnants sur des projets qu’il n’a pas financés, des réalisations qu’il n’a pas accomplies, des promesses qu’il ne tiendra pas. C’est la marque de fabrique de ce régime : beaucoup de communication, zéro réalisation. Des millions versés par les partenaires qui disparaissent dans les méandres de l’administration sans jamais atteindre les écoles.
Les parents de Paoua et de toute la Centrafrique savent la vérité. Leurs enfants étudient dans des conditions misérables. Les enseignants ne sont pas payés. Les écoles tombent en ruine. Ce sont eux qui paient les maîtres-parents. Ce sont les anciens élèves qui cotisent pour acheter des tables. Et le président vient leur faire des discours démagogiques en se vantant de projets financés par d’autres dont l’argent n’arrive jamais à destination.
Touadéra a conclu son discours par : “Ensemble, bâtissons une école solide, une école accessible, inclusive et équitable et surtout sécurisée.” Mais comment bâtir ensemble quand le gouvernement détourne les fonds destinés à l’éducation ? Comment parler d’école sécurisée quand le pays est livré à Wagner et aux groupes armés ? Comment parler d’école de qualité quand les maîtres sont des bénévoles sans formation et que les enseignants contractuels attendent six mois leur salaire ?
Le président peut multiplier les déplacements et les discours. La réalité reste implacable : après dix ans de Touadéra, l’éducation centrafricaine est exsangue, abandonnée aux ONG et aux bailleurs dont les fonds sont détournés, sacrifiée sur l’autel de la survie politique d’un régime sans vision et sans scrupules.
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Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)