Amdafock : Tirs de roquettes soudanaises sur la ville, escalade majeure du conflit frontalier entre la RCA et le Soudan
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Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Des groupes armés rebelles soudanais du FSR ont tiré deux roquettes sur Amdafock depuis la frontière, ouvrant officiellement une escalade inquiétante dans le conflit que traverse la région nord du pays.
La crise frontalière entre la République centrafricaine et le Soudan vient de franchir un nouveau seuil avec les premiers tirs de roquettes sur le territoire centrafricain. La semaine dernière, plus précisément le vendredi vers 13 heures, deux roquettes ont été tirées sur la ville d’Amdafock depuis le côté soudanais de la frontière, ouvrant une escalade majeure dans ce conflit qui dure depuis l’attaque des mercenaires russes du 16 septembre dernier.
Ngabo Nibissi Herman, habitant d’Amdafock, joint au téléphone par la rédaction du CNC, a témoigné de cet événement qui a semé la panique parmi la population locale. Les deux projectiles lancés par des “bandes armées arabes soudanaises” depuis la frontière soudanaise ont atteint leur cible centrafricaine, transformant ce qui était jusqu’alors un conflit de basse intensité en affrontement militaire direct.
La première roquette a touché les environs de la sous-préfecture d’Amdafock, tandis que la seconde est tombée près d’une mosquée située à proximité du marché central de la ville. Cette précision dans les tirs confirme soit une connaissance approfondie des lieux, soit l’utilisation d’armes de guerre sophistiquées par les assaillants soudanais.
Heureusement, ces tirs n’ont fait aucun mort selon les premières informations. Mais au-delà du bilan humain provisoire, c’est la nature même de l’attaque qui constitue un tournant dans cette crise. L’utilisation de roquettes ouvre le passage d’actions de représailles locales à une forme de guerre transfrontalière.
Cette escalade était prévisible après les menaces explicites proférées récemment par un général des Forces de soutien rapide soudanaises. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, ce responsable militaire avait promis de “brûler” Birao et Amdafock pendant la saison sèche. Les tirs de roquettes du vendredi semblent être la mise en application anticipée de ces menaces.
L’attaque s’inscrit dans la continuité directe du cycle de violences déclenché par les mercenaires russes le 16 septembre. Ces derniers avaient tué quatre à cinq éleveurs arabes soudanais avant de se retirer à leur base, laissant les populations civiles centrafricaines face aux conséquences de leurs actes.
Les représailles soudanaises s’étaient d’abord limitées à des incursions terrestres contre des villages centrafricains. Aujourd’hui, le passage aux tirs de roquettes montre une montée en puissance inquiétante des moyens mis en œuvre par les groupes soudanais.
Cette escalade pose des questions fondamentales sur la capacité de réaction du gouvernement centrafricain. Comment répondre à des tirs d’artillerie transfrontaliers quand on dispose d’une armée nationale aux capacités limitées ? Cette situation expose cruellement la faiblesse militaire du pays face à des adversaires mieux équipés.
Le choix des cibles est également révélateur. Viser la sous-préfecture et une mosquée près du marché central montre une volonté d’atteindre les symboles du pouvoir étatique et les lieux de rassemblement de la population. Cette stratégie vise autant à terroriser les civils qu’à défier l’autorité centrafricaine.
L’appel de Ngabo Nibissi Herman au gouvernement pour “renforcer les effectifs des forces armées centrafricaines au niveau de la frontière” résonne comme un cri de détresse. Les populations frontalières réalisent qu’elles sont abandonnées face à des adversaires qui n’hésitent plus à utiliser des armes lourdes.
Cette demande de renforcement militaire pousse à s’interroger. Avec quels moyens le gouvernement centrafricain pourrait-il faire face à des tirs de roquettes ? Les FACA disposent-elles d’équipements de défense antiaérienne ou de riposte à distance ? La réponse semble négative.
Cette impuissance militaire place le gouvernement centrafricain dans une position délicate. Il ne peut ni protéger efficacement sa frontière ni riposter de manière proportionnée aux attaques soudanaises. Cette situation d’infériorité militaire encourage probablement les groupes soudanais à poursuivre leurs actions.
L’utilisation de roquettes transforme aussi la nature du conflit du point de vue du droit international. Ces tirs constituent des actes d’agression caractérisés contre le territoire centrafricain qui justifieraient normalement une réaction diplomatique ferme et une saisine des instances internationales.
Pour les populations d’Amdafock et des villages environnants, ces tirs ouvrent l’entrée dans une nouvelle phase de terreur. Après avoir fui leurs villages face aux incursions terrestres, elles découvrent qu’elles ne sont plus en sécurité même dans les centres urbains supposés protégés.
Cette escalade compromet également davantage les perspectives de retour des populations déplacées. Comment convaincre les habitants des villages vidés de regagner leurs foyers quand même les villes subissent des bombardements ? L’exode risque de s’amplifier et de devenir définitif.
L’incident d’aujourd’hui confirme que la stratégie des mercenaires russes a parfaitement fonctionné. En attaquant puis en se retirant, ils ont créé un conflit durable qui justifie maintenant leur présence “protectrice”. Cette escalade leur offre l’opportunité de revenir en force pour “sécuriser” une région qu’ils ont eux-mêmes déstabilisée.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)