De couturiers exploités à restaurant mafieux : la ministre Annie Michelle Mouanga veut transformer le foyer de l’ACFPE en machine à cash
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Après avoir installé sa pompe à fric à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, la ministre du Travail, Annie Michelle Mouanga s’apprête à reproduire le même schéma à l’Agence Centrafricaine pour la Formation Professionnelle et l’Emploi (ACFPE).
Annie Michelle Mouanga a trouvé la formule magique pour transformer les institutions parapubliques en distributeurs de billets personnels. Après avoir installé sa pompe à fric à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, la ministre du Travail s’apprête à reproduire le même schéma à l’Agence Centrafricaine pour la Formation Professionnelle et l’Emploi. Au menu : expulsion des couturiers vulnérables de leur foyer pour y installer un restaurant obligatoire, nouvelle source de revenus garantie.
Le système CNSS fonctionne depuis des mois sans accroc. L’entreprise “Diaspora”, propriété de Mouanga, encaisse 15 millions de FCFA chaque mois pour alimenter le restaurant d’entreprise. Les employés de la caisse, contraints de déjeuner sur place, voient automatiquement les frais prélevés de leur salaire. Cette mécanique transforme les cotisations sociales des travailleurs centrafricains en rente privée, sous la supervision complaisante de Henri Koulayom, président du conseil d’administration et homme de confiance de la ministre.
L’ACFPE, située dans la capitale Bangui, représente maintenant la nouvelle cible. Depuis trois ans, le foyer de l’agence accueille des couturiers en situation précaire, principalement des jeunes femmes et jeunes hommes issues des quartiers populaires. Ces artisanes ont bénéficié de formations financées par des organismes internationaux, dans le cadre des programmes d’insertion professionnelle. Annie Michelle Mouanga a d’abord empoché les subventions allouées à ces formations, prétextant le développement des compétences locales.
Maintenant vient l’heure du grand nettoyage. Les couturiers vont être chassés de leur espace de travail pour faire place à un restaurant imposé aux agents de l’ACFPE. Ces derniers, aux salaires modestes, devront débourser environ 200 000 FCFA mensuels pour des repas obligatoires. La différence avec la CNSS est de taille : l’ACFPE dépend des contributions volontaires d’ONG et d’entreprises privées, contrairement à la caisse qui dispose des cotisations obligatoires. Imposer ce système risque de tarir les financements externes tout en ponctionnant davantage les agents déjà sous-payés.
L’opération s’organise en famille. Renée Michèle Bimbo, sœur de la ministre, occupe le poste de directrice générale de l’ACFPE depuis sa nomination litigieuse. Sans expérience particulière dans le domaine, elle a entrepris un remaniement complet des équipes. Les anciens cadres compétents ont été écartés pour laisser place aux proches et alliés, bénéficiant de salaires doublés tandis que les autres subissent une prétendue “crise de trésorerie”.
Le réseau familial s’étend bien au-delà de Bimbo. Ledo, autre sœur de Mouanga, facture 7 millions de FCFA pour cinq jours de formation aux inspecteurs du travail, soit 250 000 FCFA par jour. Cette consultante installée en France effectue des missions bimestrielles pour “moderniser les méthodes de travail”. Les marchés publics suivent la même logique : portails facturés 20 millions au lieu de 2, contrats attribués à des entreprises proches du clan, informaticiens qualifiés remplacés par des neveux sans formation.
L’ACFPE a perdu sa vocation première. Cette agence, créée pour accompagner les demandeurs d’emploi et organiser des formations professionnelles, s’est muée en entreprise familiale. Les droits sociaux des employés sont bafoués, la compétence sacrifiée au profit des liens de parenté. Un récent appel à candidatures pour le poste de directeur général, rédigé sur mesure pour reconduire Bimbo, écarte délibérément les professionnels du secteur.
Les vraies victimes de cette transformation seront les couturiers. Expulsées sans préavis, elles retrouveront le chômage que l’ACFPE était censée combattre. Cette contradiction ne gêne pas Mouanga, qui affiche pourtant sa volonté de réviser le “pacte social” pour intégrer les stagiaires dans le système de protection sociale. Sa conception du pacte social consiste manifestement à protéger sa famille plutôt que les travailleurs centrafricains.
Cette dérive s’inscrit dans une logique plus large de prédation des institutions publiques. Le ministère du Travail, théoriquement chargé de défendre les droits des salariés, devient l’instrument d’enrichissement personnel de sa titulaire. Les fonds destinés à lutter contre le chômage et la pauvreté alimentent les comptes familiaux, détournant l’argent public de sa destination sociale.
L’impunité règne dans ce système. Mouanga multiplie les “formations” bidons facturées à prix d’or, les recrutements complaisants et les marchés truqués, sans que personne n’intervienne. L’ACFPE agonise sous les coups répétés de cette gestion prédatrice, perdant progressivement sa crédibilité auprès des bailleurs de fonds internationaux.
Le président Faustin-Archange Touadéra, le Premier ministre Félix Moloua et le ministre contrôleur des entreprises parapubliques Roméo Gribingui ont encore la possibilité d’agir. L’ACFPE peut être sauvée si les autorités mettent fin à cette dérive népotique. Sans intervention rapide, cette institution rejoindra la liste des agences publiques vidées de leur substance par leurs propres dirigeants.
Les couturiers chassés de leur foyer symboliseront alors l’échec d’un État incapable de protéger les plus vulnérables face à l’appétit de ses propres ministres.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)