les Ambassadeurs de la Justice, un pont essentiel entre la CPI et la population

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Depuis 2019, un programme novateur a vu le jour en République centrafricaine : les Ambassadeurs de la Justice. Porté par la Cour pénale internationale (CPI) à travers son Bureau-Pays en Centrafrique, ce dispositif repose sur un objectif simple mais crucial : rapprocher la justice internationale des populations affectées.
Ces Ambassadeurs, hommes et femmes engagés, jouent un rôle de relais entre la CPI et les communautés locales. Ils accompagnent l’équipe terrain de la Cour lors des campagnes de sensibilisation dans tout le pays, participant activement à l’explication du rôle, du fonctionnement et des procédures de la CPI dans le contexte centrafricain.
Quatre promotions ont déjà été formées à ce jour. Ces Ambassadeurs ont eu l’opportunité de se rendre au siège de la CPI à La Haye, où ils ont rencontré toutes les parties prenantes impliquées dans les affaires liées à la République centrafricaine. Cette immersion leur a permis d’acquérir une connaissance approfondie du mandat de la Cour, qu’ils transmettent ensuite avec clarté et pédagogie sur le terrain.
À Bangui, mais aussi dans des villes comme M’baïki, Carnot, Yaloké, Bossemptélé, Boali, ou encore dans divers quartiers de la capitale, ces Ambassadeurs mènent des campagnes de proximité pour démystifier le langage juridique et redonner du sens à la notion de justice internationale, souvent perçue comme lointaine ou inaccessible.
Le programme bénéficie depuis sa création du soutien indéfectible de l’Ambassade du Royaume-Uni à Kinshasa, qui accompagne avec constance cette initiative unique. Cet appui a permis au programme de se structurer solidement dans le temps et de toucher un large public à travers le pays. L’intégrité et la neutralité du processus de sélection des Ambassadeurs par le Bureau-Pays de la CPI sont unanimement reconnues et saluées, garantissant une représentativité crédible et une voix juste au sein des communautés.
Abdrahim Yambala, journaliste spécialisé en justice et membre du programme, résume ainsi son engagement :
« À travers mes articles, je sensibilise. L’écriture est mon moyen d’action. Être Ambassadeur de la Justice, c’est transformer l’information en compréhension, et la justice en réalité vécue. »
Alors que la République centrafricaine continue de faire face aux défis de la reconstruction, ces Ambassadeurs de la Justice rappellent que la paix durable ne peut exister sans une justice comprise, accessible et partagée….
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![À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera. En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité. Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village. Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal. Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine. Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés. Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation. Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations. Par Barthelemy Kossi Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele--218x150.jpg)
