Martin Ziguélé critique l’influence néfaste de Wagner et de la Russie en Centrafrique

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Martin Ziguélé dénonce l’emprise néfaste de Wagner et de la Russie, qui gangrène la politique, l’économie et les médias en République centrafricaine.
La République centrafricaine (RCA) est aux prises avec une emprise délétère de Wagner et de la Russie, un phénomène que Martin Ziguélé, président du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) et porte-parole du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC), qualifie de « néfaste ». Dans une interview à la Fondation Jean-Jaurès, l’ancien Premier ministre Martin Ziguelé dénonce une ingérence qui gangrène les sphères politique, économique et médiatique, menaçant la souveraineté et la stabilité du pays.
Cette emprise s’est installée insidieusement depuis 2017, à la suite d’un accord de coopération militaire avec la Russie visant à renforcer l’armée nationale. « Nous pensions accueillir des officiers russes, mais ce furent des mercenaires de Wagner », déplore Martin Ziguelé. Ce qu’il appelle une « politique systémique » s’est étendue à la politique, où Wagner a tenté d’influencer des décisions importantes. Un exemple frappant est la pression exercée sur la présidente de la Cour constitutionnelle d’alors, Professeur Daniel Darlan, limogée après avoir refusé de céder aux demandes russes de modifier la Constitution pour prolonger le mandat du président Faustin-Archange Touadéra. Cette manœuvre illustre comment l’influence russe gangrène les institutions démocratiques, favorisant une dérive autoritaire.
Sur le plan économique, l’impact est tout aussi inquiétant et contribue à asphyxier le pays. Wagner contrôle la mine d’or de Ndassima, générant des revenus estimés à 1,5 milliard de dollars par an, alors que le budget national de la RCA stagne à 250 millions d’euros. Cette exploitation opaque prive l’État de ressources essentielles. Par ailleurs, Ziguélé épingle la société Neptune Oil, qu’il décrit comme une « caisse à fric du régime », dans le secteur des hydrocarbures. Avec des prix 40 % plus élevés que dans les pays voisins et une chute de 40 % des revenus fiscaux pétroliers, cette gestion a provoqué des tensions avec le Fonds monétaire international (FMI). En décembre 2024, l’absence de transparence a conduit à la suspension des décaissements du FMI, aggravant la crise de trésorerie de l’État.
Les médias ne sont pas épargnés par cette emprise. Martin Ziguelé dénonce une campagne de désinformation instrumentée par des « trolls » russes, qui diffusent des articles mensongers via des réseaux au Niger, au Burkina ou au Sénégal pour manipuler l’opinion publique. « Ils cherchent à donner une apparence de crédibilité », explique-t-il, tout en saluant les médias centrafricains qui résistent à cet « esclavage volontaire » malgré des moyens limités. Cette mainmise médiatique vise à consolider l’influence russe en façonnant les perceptions, un mécanisme qui gangrène la liberté d’expression.
Face à cette situation, Ziguélé et le BRDC ont organisé une manifestation le 4 avril 2025, mobilisant des milliers de Centrafricains, majoritairement des jeunes, pour rejeter l’influence étrangère et les velléités autoritaires de Touadéra. « Plus de 90 % des manifestants étaient des jeunes », souligne-t-il, voyant dans leur engagement un espoir pour la démocratie. Un « giga-meeting » est prévu le 31 mai 2025 à Bangui pour exiger des élections transparentes en décembre 2025 et contrer les dérives soutenues par Wagner.
Dans un contexte régional troublé, marqué par des coups d’État comme au Niger, où le président Mohamed Bazoum reste en résidence surveillée, Ziguélé appelle à une solidarité internationale pour contrer ce « nouvel impérialisme » russe. Il s’inquiète également d’une possible réduction du financement de la MINUSCA par l’administration Trump, qui pourrait déstabiliser davantage la RCA, déjà fragilisée par l’emprise étrangère.
Martin Ziguélé dresse un réquisitoire implacable contre l’influence néfaste de Wagner et de la Russie, qui gangrène la Centrafrique à tous les niveaux. Avec la jeunesse comme fer de lance, il appelle à un sursaut démocratique pour restaurer la souveraineté et préserver les libertés face à une menace qui compromet l’avenir du pays….
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)

