Le cauchemar sans fin des étudiants en anthropologie de l’université de Bangui
Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
Des étudiants prisonniers de leurs études depuis sept ans. À la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Bangui, les inscrits en anthropologie de 2017 n’entrevoient toujours pas la fin de leur Master 2. Notre enquête révèle un système kafkaïen où de nouvelles matières surgissent chaque année, condamnant les étudiants à une perpétuelle fuite en avant.
Des études qui n’en finissent pas à l’université de Bangui
Les étudiants entrés en première année en 2017, 2018 et 2019 sont toujours là. Ils suivent encore des cours, comme s’ils étudiaient la médecine générale. Le Master 2 devrait durer cinq ans depuis la première année. Il en prend maintenant sept, huit, parfois plus.
“Je ne comprends plus rien dans cette histoire de l’université de Bangui “, dit Martial, étudiant depuis 2019. “Quand nous finissons une matière, le département en ajoute une autre. Nous tournons en rond”.
Les étudiants ne peuvent même pas protester. Ceux qui osent parler risquent des sanctions. Alors ils se taisent et subissent.

Un département hors du temps
l’université de Bangui a déjà commencé son année 2024 – 2025. Mais le département d’anthropologie n’a pas fini 2023 – 2024. Les cours continuent sans fin. Les examens s’enchaînent. Les nouvelles matières s’accumulent.
“Nous venons en cours, nous écoutons, nous attendons”, explique Marie, inscrite depuis 2018. “Personne ne sait quand nous pourrons finir à l’université de Bangui. Nos parents ne comprennent pas pourquoi nous étudions encore, tandis que nos enfants vont sans doute nous retrouver ici à l’université”.
l’université de Bangui : une machine à broyer les ambitions
Ces retards infinis créent des problèmes concrets. Les étudiants ne peuvent pas chercher du travail. Ils dépendent de leurs familles plus longtemps. Leurs projets personnels restent en suspens.
“J’ai 35 ans maintenant, et bientôt 40 ans “, témoigne Paul, entré en 2017. “Mes amis dans d’autres départements travaillent déjà, d’autres sont devenus même des avocats. Moi, je suis encore père étudiant. Je ne peux rien faire dans ma vie avec une telle situation “.
Un système à revoir
Le département change les règles comme il veut. Il n’existe aucun planning clair. Les étudiants découvrent les nouvelles matières au dernier moment. Personne ne leur explique les raisons.
Cette situation existe uniquement en anthropologie. Dans les autres départements, les étudiants finissent leurs études dans les temps normaux.
Des questions sans réponses
Pourquoi le département ajoute-t-il sans cesse des matières ? Qui décide ces changements ? Comment justifier sept années pour un Master 2 ? Le Dr MIGAKINI-LAÏ ne répond pas à ces questions. Le doyen AZOUMAYE non plus.
Les étudiants attendent des explications. Ils veulent savoir quand ils pourront enfin terminer leurs études. Pour l’instant, seul le silence leur répond.
Cette situation ne peut pas continuer. Les étudiants perdent leurs meilleures années. L’université perd sa crédibilité. Le département d’anthropologie doit revoir son fonctionnement. Les étudiants méritent de savoir quand ils pourront enfin commencer leur vie professionnelle.
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![Touadéra, regarde tes écoles à Birao, es-tu désormais content de ce naufrage ? Touadéra, regarde tes écoles à Birao, es-tu désormais content de ce naufrage ? Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Des salles de classe sans tables, des maîtres sans salaire, des filles qui abandonnent : à Birao, l’école préfectorale mixte donne à voir ce que l’État de Touadéra vaut réellement. Le directeur Chrispin Mbretizzi ne cherche plus ses mots. Son établissement tourne avec ce qu’il a, c’est-à-dire presque rien. Les enseignants contractuels ont dû descendre dans la rue pour toucher ce qui leur était dû, et même après ça, le compte n’y est pas. Les titulaires sont si peu nombreux que l’école fait appel à des maîtres-parents, des gens de bonne volonté sans formation, qui font ce qu’ils peuvent devant des classes entières d’enfants qui méritent mieux. C’est sur leurs épaules que repose aujourd’hui l’instruction publique à Birao. Les murs tiennent, mais l’intérieur est vide. Des élèves s’assoient à même le sol parce qu’il n’y a pas de tables-bancs. Les manuels disponibles couvrent à peine le français et les mathématiques, rien d’autre. Et le plus absurde dans tout ça : trois salles de classe ont été construites, elles sont là, debout, fermées à clé, inutilisables. Les tables-bancs promis pour les équiper ne sont jamais arrivés. Mbretizzi attend. L’école attend. Les ONG sont devenues le seul espoir réel d’obtenir un mobilier que l’État aurait dû livrer depuis longtemps. Ce qui inquiète le plus le directeur, c’est les filles. Elles partent. Pas toutes d’un coup, mais une par une, tirées hors de l’école par la pauvreté des familles et des mariages arrangés trop tôt. Mbretizzi le dit aux parents, il les interpelle, il insiste. Mais un homme seul face à une misère structurelle ne peut pas grand-chose. Tant que Bangui n’engage pas de moyens concrets pour financer les besoins de base et sécuriser la scolarité des filles en Vakaga, ses appels resteront sans écho. Par Ibrahim Moussa Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/05/eleves-Amdafock-218x150.jpg)
