La Fondation Mo Ibrahim constate une dégradation avancée de la gouvernance en Centrafrique dans son rapport 2026

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La République centrafricaine recule dans le classement africain de la gouvernance, avec seulement 31,3 points sur 100, selon la Fondation Mo Ibrahim.

 

Le rapport 2026 de la Fondation Mo Ibrahim, consacré à l’Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique (IIAG), dresse un bilan défavorable de la République centrafricaine sur la période 2016-2025. Le pays occupe la 50e place sur 54 États africains, avec une baisse de 0,9 point de son score global en dix ans.

 

La Fondation Mo Ibrahim constate une dégradation avancée de la gouvernance en Centrafrique dans son rapport 2026
Touadera en train de faire son discours a Moscou

 

Cette évaluation couvre pratiquement toute la période de pouvoir du président Faustin Archange Touadéra, arrivé à la tête de l’État en 2016. Les résultats montrent que les progrès enregistrés dans certains domaines économiques et sociaux n’ont pas suffi à compenser la dégradation des libertés publiques, de la participation politique et du fonctionnement des institutions.

 

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Une gouvernance très inférieure à la moyenne africaine

 

Avec 31,3 points sur 100, la République centrafricaine reste très éloignée de la moyenne continentale, établie à 50,1 points. Elle se situe également sous la moyenne des pays d’Afrique centrale, qui atteint 41,4 points.

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Le rapport répartit l’évaluation de la gouvernance en quatre grandes catégories. La sécurité et l’État de droit obtiennent 29,3 points sur 100. La participation, les droits et l’inclusion enregistrent 32,4 points. Les fondements des opportunités économiques atteignent 34 points, tandis que le développement humain obtient 29,4 points.

 

Ces résultats placent l’ensemble des grandes composantes de la gouvernance centrafricaine sous la barre de 35 points sur 100.

 

Les libertés publiques enregistrent les reculs les plus importants

 

L’une des principales dégradations concerne la participation, les droits et l’inclusion. Cette catégorie a perdu 10,3 points entre 2016 et 2025.

 

Le recul est particulièrement important pour les contre-pouvoirs civiques, dont le score a diminué de 27,7 points. Les libertés d’association et de réunion ont perdu 25 points sur la même période. Leur score est désormais de zéro sur 100.

 

Le pluralisme politique enregistre également une baisse de 23,8 points, tandis que les contre-pouvoirs institutionnels reculent de 23,7 points.

 

La gouvernance délibérative et participative perd 21,5 points. L’espace accordé à la société civile diminue de 21,3 points.

 

Ces données décrivent un affaiblissement important des mécanismes permettant aux citoyens, aux organisations civiles et aux institutions de participer aux décisions publiques et d’exercer un contrôle sur le pouvoir.

 

L’égalité devant la loi obtient zéro sur 100

 

Le rapport 2026 de la Fondation Mo Ibrahim présente également des résultats particulièrement faibles concernant la justice et l’État de droit.

 

L’indicateur relatif à l’égalité devant la loi obtient zéro sur 100 en 2025. Celui consacré à l’absence d’influence indue atteint seulement 7,4 points, après une diminution de 8,3 points depuis 2016.

 

La sécurité et l’État de droit, considérés dans leur ensemble, ont perdu 3,7 points sur la période étudiée.

 

L’indicateur mesurant l’absence de violences à l’encontre de la population civile recule de 14,8 points pour atteindre 54,6 sur 100.

 

Ces chiffres montrent que les difficultés de gouvernance ne concernent pas uniquement la participation politique. Elles touchent également le fonctionnement de la justice, les garanties institutionnelles et la protection des populations.

 

Des progrès économiques insuffisants pour inverser la tendance

 

Le document relève néanmoins des améliorations dans plusieurs domaines.

 

Les fondements des opportunités économiques progressent de 6,7 points depuis 2016 pour atteindre 34 sur 100. Le développement humain gagne 3,6 points et s’établit à 29,4 sur 100.

 

Les communications mobiles enregistrent une progression de 29,3 points. Les dispositifs anticorruption gagnent 25 points, tout comme l’indicateur relatif à l’application de la loi.

 

La représentation et la participation en milieu rural progressent de 22,1 points. L’accès au foncier et à l’eau en milieu rural gagne 20,1 points.

 

La Fondation Mo Ibrahim relève aussi une amélioration de 16,7 points de la qualité de la santé et de 15,3 points de la gestion budgétaire et financière.

 

Ces évolutions positives restent insuffisantes pour modifier le bilan général du pays. Les deux catégories liées aux droits, à la participation, à la sécurité et à l’État de droit enregistrent des pertes qui pèsent sur le résultat global.

 

Éducation, énergie et infrastructures toujours à des niveaux très faibles

 

Le rapport de l’Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique évalue la décennie de pouvoir sous la présidence de Faustin Archange Touadéra, soulignant les reculs démocratiques du pays.

Les difficultés apparaissent également dans les indicateurs concernant les services essentiels.

 

La scolarisation obtient seulement 1,9 point sur 100. Les réseaux de transport enregistrent 5,8 points, tandis que l’accès à l’énergie atteint 7,5 points.

 

L’accès à Internet obtient 2,8 points et l’accès aux services bancaires seulement 0,2 point.

 

L’égalité d’accès aux services publics se situe à 10,4 points sur 100, après une dégradation de 18,6 points entre 2016 et 2025.

 

Ces évaluations montrent l’ampleur des insuffisances dans des secteurs directement liés aux conditions de vie des Centrafricains.

 

Dix années de gouvernance évaluées sous la présidence de Touadéra

 

La période examinée par la Fondation Mo Ibrahim correspond aux dix premières années de présence de Faustin Archange Touadéra à la tête de l’État centrafricain.

 

Entre 2016 et 2025, le score global de gouvernance du pays est passé d’environ 32,2 à 31,3 points sur 100, soit une diminution de 0,9 point.

 

Cette évolution traduit une stagnation générale accompagnée de fortes dégradations dans plusieurs domaines politiques et institutionnels.

 

Le contraste est particulièrement net entre les progrès enregistrés dans les communications mobiles, certains dispositifs administratifs et les indicateurs économiques, et le recul des libertés publiques, du pluralisme politique et des contre-pouvoirs.

 

Avec sa 50e place sur 54 pays, la République centrafricaine figure parmi les cinq États les moins bien classés du continent dans l’Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique. Le rapport 2026 confirme ainsi que les améliorations sectorielles enregistrées depuis 2016 n’ont pas permis au pays de progresser dans son évaluation globale de la gouvernance.

 

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